Partis
Patrons de la Chabiba, ces «zaïms» en herbe (1/2)
Les leaders des jeunesses des partis politiques sont arrivés jeunes aux commandes. Ils le sont un peu moins. Fort probablement, on devrait s’attendre à du renouvellement.
La jeunesse du PI Cherche renfort…
La Jeunesse istiqlalienne est de loin la plus ancienne jeunesse sur la place publique. Sa naissance remonte au mois de mars 1956, lors d’un congrès qui a été marqué par une «allocution d’orientation» du leader historique du parti, Allal El Fassi. Seulement avec le temps, cette organisation parallèle du parti de la Balance se fait plutôt discrète, excepté la période des fameux épisodes de tension ayant marqué les derniers mois de Hamid Chabat à la tête du parti. Lesquels épisodes durant lesquels les confrontations d’en haut se sont répercutées sur les rangs des jeunes qui étaient divisés entre les «allégeances». Toujours que les haches de guerre ont été enterrées, et il fallait attendre le 13e congrès, tenu en 2019, pour voir émerger un nouveau visage à la tête de cette jeunesse. Et ce, en la personne d’Othman Tarmounia, 42 ans, qui n’est autre que le fils de M’bark Tarmounia.
Une grosse ponte du PI, notamment dans la province d’El Jadida, qu’on dit «très proche» de Hamdi Ould Rachid. Othmane est aussi membre de la Chambre des conseillers, vice-président du Conseil de la région Casablanca-Settat et président du Conseil de la commune de Oulad Frej dans le fief de son père. Ceci étant, le PI lance une campagne de recrutement.
Chabiba ittihadia : Plus sage, plus pragmatique !
La Chabiba Ittihadia est le bras jeune de l’Union socialiste des forces populaires. Créée en 1975, elle est de loin la jeunesse qui aurait fait le plus parler d’elle. Particulièrement à la veille de l’alternance consensuelle. Au cours des années 1990, son narratif aura été marqué par des «batailles féroces» contre la direction du parti. Les divergences, dont les échos étaient pratiquement dans les antennes régionales de la formation de la Rose, ont fini par éclater au grand jour lors du 6e congrès de 2001. Alors même que les travaux se poursuivaient sous la houlette de feu Abderrahman Youssoufi, des membres dirigeants, dont deux anciens secrétaires généraux de la Chabiba (Mohamed Sassi et Mohamed Hafid), claquèrent la porte avec grand fracas.
Après avoir créé l’association «Fidélité à la démocratie», les deux hommes iront se fondre dans une formation dite d’extrême gauche. Depuis, et contrairement à leurs ainés, les jeunes se sont plutôt calmés. La Chabiba était, depuis le congrès de 2022, dirigée par Fadi Ouakili, 29 ans. Outre les congrès régionaux sur lesquels elle travaille, les jeunes de l’USFP planchent sur l’organisation des «Journées de la rose» qui meubleront les mois de Ramadan.
Les jeunes du PPS à la recherche de visibilité
La Jeunesse socialiste. Il fut un temps où l’organisation des jeunes du parti du progrès et du socialisme faisait beaucoup parler d’elle. Un temps où ses militants s’activaient surtout sur la scène universitaire. La Jeunesse socialiste (JS) a vu le jour en 1976 sous le nom de la Jeunesse marocaine du progrès et du socialisme (JMPS), avant de changer son appellation pour devenir la JS lors de son troisième congrès. Parmi les noms qui l’ont marquée, on reteindra Mohamed Salem Latafi, mais surtout l’actuel secrétaire général du parti, Mohamed Nabil Benabdallah, qui a eu droit à deux mandats.
D’abord, en tant que secrétaire général de la JMPS entre 1988 et 1994, ensuite en qualité de président de la JS de 1994 à 1998. Passée une période faste, son rayonnement déclinera, au point qu’on ne parlait d’elle qu’à l’occasion de la tenue des congrès. Actuellement, et à la faveur de son 8e congrès, tenu en 2019, c’est Younes Siraj qui est aux commandes. Il avait 38 ans à l’époque.