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Partis politiques : Comme un air électoral qui plane…

Dans la scène politique, il y a du mouvement. Les partis s’activent déjà pour être prêts le moment venu. À ce stade, un changement est déjà perceptible dans leurs démarches et leurs discours. Les législatives de septembre 2026 seront sans doute différentes.

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Nous ne sommes pas encore dans l’année électorale, mais les préparatifs pour les législatives de 2026 démarrent déjà. Le premier constat que l’observateur de la scène politique aura noté est le retour de la notion de l’offre politique, du programme et de l’action sur le terrain.

Une campagne électorale et un mandat à moitié entamé auront changé perceptiblement les mentalités. Manifestement, les dix années de discours populistes et d’embrigadement idéologique sont révolues, à jamais. L’équipe aux commandes avait promis, à la veille des élections de 2021, de s’attaquer à la réforme de la santé, de l’enseignement et de l’emploi, ainsi qu’à l’amélioration du pouvoir d’achat des citoyens.

Les chiffres le montrent, les avancés dans ces domaines, peut-être un peu moins dans celui de l’emploi, sont incontestables. Ce qui fait que la manière avec laquelle les partis politiques appréhendent désormais les échéances électorales a changé. Et ce ne sont pas les signaux qui manquent.

Septembre 2026 est encore relativement loin que les principales formations politiques ont déjà largement entamé leurs préparatifs, surtout sur le plan organisationnel. Les trois partis de la majorité, particulièrement le PAM et le RNI, ont achevé, quoique par moment péniblement, leur organisation interne.

Le RNI, lui, a déjà une longueur d’avance sur ce plan. La direction du parti a sonné la mobilisation générale lors de la session de son conseil national, tenue samedi 11 janvier. L’Istiqlal, lui, vient de parachever son organisation interne avec la désignation d’un président de son conseil national qui, avec le redoutable appareil des inspecteurs provinciaux, lui aussi a été organisé et qui constitue le fer de lance de la machine électorale du parti.

Au PAM, la coordination de la direction tripartite n’a pas caché, lors d’un événement organisé par le corps diplomatique accrédité au Maroc, son ambition de remporter les élections de 2026 et son parti fait tout pour les gagner. L’on affirme d’ailleurs que la direction de la formation du Tracteur vient de faire appel à nouveau à l’artisan des élections de 2021, Mohamed El Hammouti, pour diriger la commission électorale en perspective des prochaines législatives.

L’UC, qui soutient le gouvernement sans en faire partie et assure la coordination tournante des groupes de la majorité, après avoir renouvelé ses instances dirigeantes, il y a un peu plus d’une année, vient de démarrer la phase de l’organisation territoriale et de ses instances parallèles.

Chacun sa stratégie
Du côté de l’opposition, c’est le MP qui se démarque. La formation de l’Épi, après avoir également renouvelé sa direction, tout en maintenant active l’ancienne garde dans le cadre de son conseil de la présidence, tente de rééditer l’expérience qui a donné naissance au PAM, il y a une quinzaine d’années.

Coup sur coup, le parti annonce l’intégration dans ses rangs d’un collectif politique rassemblé autour de l’ancien numéro 1 de l’Istiqlal, également ex-patron de l’UGTM, Hamid Chabat, pour enchaîner avec une coalition politique avec deux petites formations qui, pour une fois, ne sont pas issues de la mouvance populaire.

Il s’agit d’abord du PDN, anciennement PND, qui était à la base le résultat d’une scission du RNI, disparu pendant quelque temps lors de sa fusion dans le PAM, puis ressuscité par ses anciens membres qui se sont retrouvés à l’étroit dans la nouvelle formation.

Ensuite, du parti marocain libre, ex-parti libéral marocain, émanation de l’UC sous la houlette de l’ancien ministre des droits de l’Homme et avocat du gouvernement du temps de l’ancien puissant ministre de l’Intérieur Driss Basri, aujourd’hui aux prises avec la justice.

Contrairement à son expérience de fusion entre les composantes de la mouvance populaire, MP, MNP et UD, entamée en 2003 et finalisée en mars 2006 pour donner lieu à l’actuel Mouvement populaire, il ne s’agit pas aujourd’hui d’une refonte organisationnelle des trois partis. «Nous n’envisageons nullement une alliance organisationnelle ou une fusion au sens traditionnel du terme, avec un statut unique, mais une coalition autour d’une même plateforme politique», précise un dirigeant haraki.

L’expérience l’a montré, la première formule prend du temps au moment où, manifestement, les trois formations n’en ont pas. De même que, et le cas de la FGD le montre, rien ne prouve que la coalition résisterait à l’effet dévastateur des ambitions électorales de ses dirigeants.

On l’a vu, quand bien même les trois formations (PSU, PADS et CNI) auraient bouclé leur processus de fusion, à la veille des élections de 2021, le PSU a décidé de faire cavalier seul. Et selon les observateurs de la scène politique, les trois formations continuent de payer, politiquement, les frais de cette volte-face.

Au point de commettre ce que d’aucuns ont qualifié de suicide politique pour un parti de gauche qu’est le PSU, en se rapprochant un peu trop de la mouvance islamiste. L’USFP, après avoir tenté de mobiliser l’opposition autour d’actions collectives, s’est rendu à l’évidence de la vanité de ses tentatives, et pour se démarquer il initie ce qu’il a appelé «l’opposition ittihadie», prélude à ses préparatifs électoraux.

Lesquels préparatifs ont déjà été lancés avec une série de rencontres à l’échelle locale, mais également au niveau central, notamment lors de la récente réunion, il y a quelques jours, des secrétaires régionaux et provinciaux du parti.

 


Une voix dissonante
En guise de préparatifs d’un improbable retour marqué sur la scène politique à l’occasion des prochaines échéances électorales, le PJD s’en remet à ses vieux démons. Une recette plutôt simple, mais qui a bien marché : surfer sur un événement international, le soi-disant printemps arabe à l’époque, et multiplier les attaques frontales et personnelles contre ses adversaires politiques.

C’est exactement ce qu’est en train de faire le PJD actuellement. La reprise du conflit au Moyen-Orient, d’abord la guerre à Gaza, puis au Liban et plus récemment l’éviction du régime Assad en Syrie lui ont servi successivement pour occuper la scène politique, tout en faisant de la reprise des relations entre le Maroc et Israël son leitmotiv.

Ensuite, avec la prise du pouvoir par les mouvements islamistes en Syrie, son discours, sans changer dans le fond, intègre rapidement cette donne. Pour ce qui est des attaques personnelles, aussi bien contre le chef du gouvernement ou le ministre de la Justice – et ce ne sont que des exemples –, les dirigeants du parti de la Lampe ne s’imposent plus aucune limite. Seulement, l’Histoire ne se répète pas.