Partis
Les universitaires des partis, entre production d’idées et postures syndicales…
Entre le tout «revendicatif» et le «laboratoire d’idées», les structures partisanes dédiées au milieu universitaire sont légion. Certaines occupent le terrain, d’autres semblent faire du surplace.
Les universités sont historiquement connues pour avoir été, pour être, un vrai terrain de concurrence entre les différentes formations politiques dans leurs quêtes de nouvelles recrues parmi les rangs des professeurs. D’ailleurs, la plupart des structures partisanes marocaines disposent, quand ce n’est pas d’organisations parallèles en bonne et due forme, au moins de structures intra-partisanes dédiées au secteur de l’enseignement supérieur.
Lesquelles organisations ont une double raison d’être. D’abord, elles sont considérées comme un prolongement dans le milieu universitaire, mais aussi comme «des usines à idées», censées développer et promouvoir la vision de leurs «maisons mères» sur les questions qui traversent la société dans son ensemble, et en particulier les universités.
Sans omettre, bien entendu, «la dimension revendicative» qui consiste en la défense des intérêts du corps enseignant. Un exemple parmi d’autres est celui des universitaires du Rassemblement national des indépendants. Tout récemment, l’association qui les rassemble a organisé un événement des plus instructifs où les universitaires du parti de la Colombe ont planché sur la gestion de la problématique du stress hydrique.
Un sujet, et c’est une litote, qui plus est d’une «actualité brûlante» et l’apport de ces chercheurs-universitaires est des plus importants pour esquisser des réponses. D’ailleurs, lors de cet événement, les participants ne se sont pas contentés de dresser l’état des lieux mais ont, aussi et surtout, mis en avant des pistes à même d’aider à faire face à cette problématique. L’ancrage du parti et sa démarche participative y prend tout son sens.
Des machines à relancer !
Du côté de l’Union socialiste des forces populaires, le parti semble miser plus sur le syndicat national de l’enseignement supérieur. En effet, quand bien même le SneSup comporterait plus d’une formation politique, voire se présente comme un «syndicat indépendant», il n’en demeure pas moins que d’aucuns le considèrent comme une «arrière-boutique» de la formation de la Rose.
Une mainmise, selon certains observateurs, qui s’est exprimée lors de son dernier congrès de 2024. En effet, les travaux dudit congrès ont été sanctionnés par une «rafle» USFPiste qui a remporté pratiquement le tiers des sièges du conseil national.
Ce qui n’a pas été du goût de certaines formations politiques qui ont remis en cause le déroulement des élections en considérant qu’il était entaché d’irrégularités et répondait davantage à des considérations politiciennes qui ont débouché sur «un partage orienté» entre une poignée de formations.
Face à cela, les universitaires du RNI ont été les plus véhéments en refusant «l’offre de sièges» qui leur a été faite pour être présents au conseil national du SneSup. Dans cette dynamique structurelle que connaît le secteur de l’enseignement supérieur, et qui pourrait s’exacerber à l’horizon des prochaines législatives de 2026, le parti Authenticité et modernité ne veut pas être en reste.
On apprend, en fait, qu’au cours des dernières semaines les universitaires de la formation du tracteur multiplient les rencontres au niveau des différentes régions du Royaume. Et ce, en prévision d’une grand-messe nationale dont l’objectif est de créer une organisation parallèle dédiée au secteur de l’enseignement supérieur.
Avec la même ambition, le Mouvement populaire est en train de réactiver son enseigne de l’enseignement supérieur. Certes, la création de l’organisation du parti de l’Épi remonte à 2019, mais ses instances étaient pratiquement en «mode veille». Toujours est-il que la direction de la formation des héritiers de l’Amghar tente de raviver la flamme.
C’est d’ailleurs dans ce sens que s’est tenue, en janvier dernier, une assemblée ordinaire de son association. Le parti compte sur la mise sur pied de certains organes au niveau des régions, de même qu’il compte une antenne où seront intégrés les universitaires des Marocains du monde.
Ceci étant, les dirigeants du MP nourrissent l’espoir d’être plus visibles dans le milieu universitaire mais restent «peu bavards» quant au mode opératoire pour transformer l’essai et faire du «Forum universitaire haraki» une «force d’appoint».
Longtemps réputé disposer d’un «réservoir» de professeurs universitaires dans ses rangs, le parti du progrès et du socialisme semble à la peine dans le milieu universitaire. Les noms qui faisaient office d’étendards dans les facultés du Maroc ont «déserté» la scène, sans que la formation du Livre n’ait pu assurer la relève sur le terrain.
Un «recul dans la visibilité», voire «carrément un retrait», au moment où les universitaires du parti des héritiers de Ai Yata impliqués dans le paysage universitaire se sont dirigés vers d’autres prétoires pour exprimer leurs points de vue.
Avec pour vitrine, non pas le secteur de l’enseignement supérieur au sein de leur formation, mais les membres actifs, notamment, au sein du SneSup. Quand ce n’est pas à travers les relais médiatiques partisans, alors que d’autres se contentent des réseaux sociaux.
Maintenant, à l’horizon des prochaines législatives, l’on devrait s’attendre, nous dit ce professeur, à un éventuel «retour en force» des partis sur le front universitaire. Un milieu qui, comme la nature, a horreur du vide.