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Hamid Chabat de retour par la fenêtre MP
Celui qui détenait les rênes du parti de l’Istiqlal, passé par le FFD pour une courte parenthèse, signe son come-back politique à travers le Mouvement Populaire, par le truchement de la «Coalition démocratique marocaine».
Hamid Chabat ne cessera jamais de faire parler de lui. L’ancien chef de file du parti de l’Istiqlal (2012-2017) est de retour par une nouvelle fenêtre politique.
Quand bien même il s’est fait discret, samedi 14 décembre, en ne faisant pas le déplacement au siège du Mouvement populaire, son «ombre» planait sur la réunion entre le secrétaire général de la formation de l’Épi, Mohamed Ouzzine, et les membres du bureau du parti de la «Coalition démocratique marocain», menés par le coordinateur national, Zouhair Asdour.
Ces derniers sont venus exprimer leur désir de rejoindre les rangs du Mouvement populaire.
D’autant plus que ce parti, à la naissance récente, puisqu’elle remonte à peine à 2022, est largement composé de «dissidents» qui avaient claqué la porte du Front des forces démocratiques (FFD) sous la conduite de l’ancien secrétaire de l’UGTM.
Rétroviseur
En effet, Hamid Chabat, à peine éjecté de la formation de la Balance, avait opté, suite aux remous du 16e congrès de l’Istiqlal, pour le parti de l’Olive. Une adresse politique où il a vite fait de revenir à son instinct de «frondeur», puisqu’il se raconte que Chabat avait tenté un «putsch» contre le secrétaire général du FFD, Mustapha Benali, réélu en mars 2022, à l’issue du 6e congrès de ce parti.
Le trublion politique conduira, en son temps, un mouvement dit «réformiste» qui avait remis en cause la crédibilité de cette réélection. Plus encore, ledit «collectif» procédera à tous les recours possibles en vue d’«invalider» les résultats du congrès en question. Peine perdue !
Or, une fois que la direction de la formation de l’Olive installée, le «meneur de la fronde» a été le tout normalement du monde «prié de quitter la maison» !
Si certains ont estimé que c’était, probablement, la fin du parcours politique de Chabat, c’est qu’ils ne connaissaient pas bien son entêtement.
En effet, ce même groupe, qui s’est baptisé «Coalition pour la patrie», optera, en juin de la même année, pour la constitution d’un nouveau parti politique qui aura pour nom «Coalition démocratique marocaine» (Attakattol Addimocrati Al Maghribi). Évitant «l’exposition», Chabat choisira de «tenir les ficelles» loin des yeux.
Alors même que tout le monde savait que l’ancien maire de Fès avait la mainmise sur ce nouveau parti, sorti des entrailles du FFD, lui-même fruit d’une scission avec le Parti du progrès et du socialisme (PPS).
La mise MP
Qu’à cela ne tienne, la Coalition rasait les murs au point que certains avaient l’impression qu’elle aurait disparu de la scène politique, jusqu’à ce samedi 14 décembre, quand Zouhair Asdour et les siens, sans Chabat, sont allés frapper à la porte de Mohamed Ouzzine.
Ce dernier, qui s’active ces derniers temps en vue de «renforcer ces rangs» en accueillant «des militants de divers horizons», ne pouvait «refuser une telle transaction» dont on ne connaît pas les contours. La seule déclaration que le secrétaire général du MP avait faite est que l’entrée de la Coalition est «conditionnée» au «vote du conseil national».
Visiblement, Ouzzine et les siens croiraient tenir un «bon filon» à la veille de l’année électorale 2026. Notamment, quand on prend en ligne de compte «les capacités mobilisatrices» de Hamid Chabat, du temps où il était au gouvernail et de l’UGTM et du PI, particulièrement dans ses fiefs à Fès et à Taza.
Ceci dit, reste à savoir, s’interrogent les observateurs, comment la cohabitation serait gérée ou si le parti de l’Épi «saurait digérer la présence d’un profil comme celui de Hamid Chabat, à l’histoire chargée de tumultueux épisodes».
De même que la question se pose quant au modus operandi qui sera suivi pour l’intégration de ces nouveaux venus et la place qui sera la leur dans l’architecture du parti, et en particulier le cas Chabat. Sachant, notamment, que l’homme et les seconds rôles n’ont jamais fait bon ménage.
En effet, on doit encore se souvenir de ces «légendaires rixes» et la manière dont il en a fait usage pour s’emparer du secrétariat général de l’UGTM, syndicat dont il détiendra les rênes de 2009 à 2012 avant de mettre le cap sur le cockpit du parti de l’Istiqlal qu’il décrochera des mains de son rival, qui n’est autre que Abdelouahed El Fassi.
De même que ses tentatives de se faire réélire lors du fameux congrès «des chaises et assiettes volantes». Le nouveau narratif de Chabat ne fait que commencer !
La politique, une affaire de famille
Chez les Chabat, l’action politique semble relever de l’ADN. En effet, outre le père Hamid, la mère, Fatima Tarik, était aussi istiqlalienne.
Le couple s’est d’ailleurs distingué lorsqu’il est entré au Parlement la main dans la main, lors de la précédente législature. Ils seront également accompagnés de leur fils Naoufel. Si le trio n’était pas de retour, c’est la benjamine de la famille, Rim, qui fera, en 2021, son entrée, à la tête de la liste régionale du FFD, dans l’enceinte parlementaire.
La native de Fès, en 1987, rejoindra officiellement les rangs de l’Istiqlal en 2012, la même année où elle sera élue membre du conseil national.
La licenciée en droit privé grimpera vite les échelons pour se retrouver membre du comité exécutif en 2016. Fidèle aux «options» de son père, elle quittera la formation de la Balance pour s’encarter dans le FFD. Or, sur fond de bisbilles de son géniteur, elle se retrouvera, après, sans appartenance (SAP) dans l’hémicycle.
