Pouvoirs
Gouvernement. Ces chantiers qui attendent encore (1/2)
Le gouvernement continue de poursuivre son action jusqu’au dernier jour. Des chantiers en cours, dont certains vont commencer à donner leurs fruits, appellent à une attention particulière.
Santé
Relever le défi des infrastructures et des ressources humaines
C’était une priorité. C’est aujourd’hui un pari presque réussi. 2026 sera une année charnière pour le système de santé dans notre pays. À Rabat, la construction de deux CHU, l’un privé et l’autre public, est presque achevée. À Casablanca, un hôpital universitaire privé de proximité vient d’être ouvert.
Non loin, à Zénata, l’hôpital germano-saoudien est en cours de construction. Le CHU d’Agadir ouvrira très prochainement et un autre CHU privé est en construction. Celui de Laâyoune est en cours. Les travaux de construction du CHU (privé, UM6SS) ont atteint une phase avancée. La liste est longue.
La plupart de ces établissements entrent en fonction avant la fin de cette année ou au cours de la prochaine. Le programme de rénovation de 1.400 centres de santé, allant du dispensaire au CHR, est presque bouclé. La réforme de la santé commence à donner ses fruits.
Des hôpitaux qui sortent de terre, une industrie de médicaments en plein développement – l’usine de vaccins de Benslimane Marbio annonce le début de fabrication de vaccins contre l’hépatite B et la tuberculose en plus des programmes déjà en cours – et un écosystème des dispositifs médicaux en phase de structuration.
Les prix des médicaments ont déjà connu une baisse notable. La capacité d’accueil des facultés de médecine publique a été augmentée de près de 90%. D’ici la fin de l’année, 500 nouveaux médecins vont être recrutés. Ce nombre sera porté à 1.200 prochainement. Cela alors que les lauréats des établissements de formation des infirmiers et des techniciens de santé des promotions 2025 et 2026 seront tous pris.
«Nous allons former encore plus de médecins, ce travail que nous avons commencé a permis de nous faire gagner des points sur le classement mondial. Certains vont sans doute partir à l’étranger, c’est inéluctable, mais ils finiront par revenir», avait souligné récemment le chef du gouvernement.
Globalement, insiste-t-il, «des ressources humaines seront formées et auront les équipements nécessaires et un climat de travail (dans le secteur public) qui les inciteraient à ne pas aller dans le privé ou à penser à émigrer».
Le nouveau parcours de soins fonctionne déjà, dans une phase pilote, dans la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, où le premier groupement sanitaire territorial (GST) est déjà opérationnel. Dans moins de deux ans, le chantier sera bouclé. L’hôpital public sera aussi attractif que les centres hospitaliers et les cliniques privées.
Un secteur qui connaît, rappelons-le au passage, une mobilisation sans précédent de l’investissement et un déploiement dans des zones jusque-là inimaginables. Avec l’offre de formation de l’enseignement privé dans le domaine, la question des ressources humaines ne sera plus posée pour le secteur privé.
Ces établissements ne dépendent plus du personnel de la santé publique pour tourner. Certaines pratiques, aujourd’hui courantes dans le domaine, vont finir par disparaître. La santé cessera d’être un problème social, pour devenir un secteur florissant. C’est ce que l’on retiendra, et pendant longtemps, de la gestion de l’actuel gouvernement.
Les petits incidents de parcours, que d’aucuns tentent vainement de politiser, vont vite tomber dans les oubliettes. On retiendra également que l’année en cours a connu les premières opérations robotisées à distance, de plus en plus compliquées avec un temps de latence de moins de 20 secondes.
Une pratique appelée à se développer avec le renforcement des équipements des établissements de soins et le développement de la 5G. En parallèle, les unités mobiles viennent à peine d’être lancées. Avec une nouvelle gouvernance des ressources humaines, dans le cadre des nouveaux GST, le manque du personnel médical sera vite rattrapé.
Avec l’effort qui a été déployé ces dernières années, nous sommes déjà dans la moyenne inférieure des indicateurs de l’OMC. Le Royaume ne tardera pas à combler le gap.
Le plus important, comme le souligne Aziz Akhannouch, c’est qu’aujourd’hui un citoyen ayant l’AMO-Tadamon a le choix d’aller vers le privé et se faire soigner si l’hôpital public ne répond pas à ses attentes. Le pari de demain, c’est d’inverser la tendance, en rehaussant le niveau du public pour atteindre celui du privé, sinon plus.
Agriculture et eau
Rattraper le retard et relancer la production
Si l’on s’amuse à zoomer sur Google Maps, le long de Oued Guir, dans la région de Boudnib, l’on notera des points noirs, en réalité des bassins d’eau au milieu des exploitations de palmiers dattiers.
Nombre de ces exploitations, dédiées aux dattes El majhoul, sont entrées en production cette année. Ce qui explique, soit dit en passant, une augmentation de 50% de la production des dattes par rapport à l’année dernière.
On retrouve, à une échelle moindre, un modèle brésilien qui a, avec d’énormes bassins pouvant retenir plusieurs millions de m3 d’eau protégée de l’évaporation par une géomembrane – garantissant sa disponibilité à tout moment de l’année dans des zones où il ne pleut presque jamais – fait ses preuves outre-Atlantique. Combiné à des techniques avancées d’irrigation, ce modèle est aussi l’un des exemples rares de ce que peut donner une corrélation entre la politique de l’eau et la politique agricole.
Rappelons qu’en 2021, un programme de plantation de 10.000 hectares de palmiers dattiers a été lancé dans la région de Drâa-Tafilalet, particulièrement à l’axe Meski-Boudnib, dans le cadre de la stratégie «Génération Green». En parallèle, un projet de surélévation du barrage Kaddoussa a été mené et accompagné d’un nouvel aménagement hydroagricole de la zone.
La combinaison, qui n’a malheureusement pu être possible ailleurs, a fait la réussite du projet. Les deux derniers gouvernements ont négligé la composante eau, qui va de pair avec le reste dans la politique agricole.
Plus encore, si l’actuelle équipe au pouvoir n’avait pas mis les bouchées doubles pour rattraper le retard, deux grandes villes, Rabat et Casablanca, allaient être privées d’eau potable dans les trois mois ayant suivi sa prise de fonction.
Pourtant, et contrairement à ce que galvaudent aujourd’hui les ténors du PJD, la station de dessalement de Casablanca, qui sera opérationnelle vers la fin de l’année prochaine, au plus tard début 2027, devait être prête depuis… 2018, avec une capacité de production de 125 millions de m3.
C’est ce qui est consigné noir sur blanc dans le rapport de la Cour des comptes publié au BO n° 7360 du 13 décembre 2024. Le problème, dira le chef du gouvernement, «c’est qu’un programme agricole a été lancé depuis des années avec deux composantes.
L’une se rapporte à l’eau. L’État (à travers le ministère de l’Équipement) devait fournir de l’eau pour l’aboutissement de ce programme dans les périmètres irrigués. Ce qui n’a pas été fait». Avec les six années consécutives de sécheresse, c’est le problème de l’eau potable qui a été également posé avec acuité.
Et si aujourd’hui le gouvernement a pu faire face à la crise, en multipliant – grâce à un savant dosage de l’investissement public et privé – les projets de dessalement, il n’en reste pas moins que la question est encore posée pour le volet agricole. Et c’est justement l’une des priorités de cette année qui reste du mandat de l’Exécutif.
L’objectif étant de mettre l’accent sur des projets de dessalement d’envergure. Il s’agit de la station de Tiznit, qui sera la plus grande du Royaume, dont les appels d’offres sont en préparation, celle de Tanger, de Nador, également en préparation, mais aussi le projet de Rabat qui est toujours en discussion avec les partenaires français.
