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En Couv’. Emploi : Un nouveau cap pour un secteur en profonde transition

Le gouvernement vient de lancer une feuille de route pour l’emploi. Un véritable challenge, le domaine étant en pleine mutation dans une conjoncture très difficile. Comme il l’a fait pour la santé et l’enseignement, il saura relever le défi.

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Le secteur de l’emploi est en pleine transition. Et dans les politiques publiques, le plus difficile est d’élaborer un plan d’action dans un domaine où les paramètres, déjà multiples, changent fréquemment et subitement.

La pandémie du Covid, qui a pris de court le monde entier, a eu un effet brusque, faisant passer le taux de chômage à 13,3%, les crises mondiales avec leur lot d’inflation et surtout les changements climatiques ont fait le reste.

Ainsi, un nouveau palier du chômage a été franchi à 12% sous l’effet du Covid. En 2023, la sécheresse, la crise en Ukraine, l’inflation…, ont fait passer la barre à 13 (%) avec l’effet direct de la perte d’emploi agricole. Entre 2021 et 2024, près de 600.000 emplois ont été perdus, pour la plupart des aides familiales, soit des emplois non rémunérés.

Une grande partie de ce genre d’emplois ne va sans doute pas être récupérée de manière formelle pour au moins trois raisons. Ceux qui aidaient dans les champs et sont déclarés actifs dans le passé vont continuer à le faire, mais sans le déclarer par peur de perdre leur droit aux aides directes.

L’urbanisation progressive de la société marocaine est donc le dépeuplement du monde rural en est aussi une raison. Le taux d’urbanisation a atteint 62,8% en 2024 contre 60,4% en 2014, alors que l’accroissement annuel de la population rurale est de 0,22% dans le monde rural contre 1,24 dans le milieu urbain.

L’autre raison, qui est aussi la conséquence de cette situation, est que le gouvernement a mis en place une feuille de route pour l’emploi et des programmes de réforme pour créer des emplois rétribués et dont les occupants seront inscrits à la CNSS pour préserver leurs droits sociaux.

L’industrialisation progressive du Royaume (aujourd’hui, plus de 86% de ses exportations sont des produits industrialisés) impacte également la nature et la qualité de l’emploi. La transition est bien enclenchée.

Ainsi, même si le taux de chômage a atteint 13,3%, en légère hausse par rapport à l’année d’avant, «cette évolution cache une amélioration significative de la qualité des emplois, la majorité des destructions d’emplois sont des emplois non rémunérés, alors que les emplois rémunérés augmentent», est-il précisé auprès du gouvernement.

Ce qui s’est traduit par la création de pas moins de 560.000 postes de travail depuis 2021. «Cette amélioration se traduit également en amélioration du niveau moyen de qualification, soit 50% d’emplois qualifiés en 2023, et de la rémunération. La masse salariale ayant connu une croissance de +8% entre 2022 et 2023».

La dynamique est déjà là et sera encore plus renforcée avec la mise en œuvre, à compter de cette année même, de la nouvelle feuille de route pour laquelle le gouvernement consacre une enveloppe globale de 15 milliards de dirhams et qui vise la création, à l’horizon 2030, de 1,45 million d’emplois.

De vrais emplois. L’objectif est clair : ramener le taux de chômage à 9% et atteindre ainsi un effectif de 12,1 millions de Marocains employés, dont à peine 5% dépendent directement de l’impact de la pluviométrie sur l’emploi agricole. Pour y arriver, le gouvernement préconise «une approche harmonisée et intégrée, agissant simultanément sur l’intensification de la création d’emplois nets et la limitation des destructions d’emplois», souligne-t-on.

Le cap de 9% du chômage
La feuille de route pragmatique que le gouvernement vient de mettre en place, dont la démarche est explicitée dans une note-circulaire adressée à ses membres ainsi qu’aux dirigeants des EEP, a été élaborée autour de cinq axes.

Il s’agit de quatre axes stratégiques qui structurent les priorités d’intervention, auxquels s’ajoute un axe transversal de gouvernance et pilotage de l’emploi, «chantier essentiel pour assurer une exécution performante et focalisée des initiatives menées dans cette feuille de route».

En gros, il est question de stimuler l’investissement et optimiser la création de valeur et d’emplois par secteur et d’accompagner différents départements à piloter à la fois la création d’emplois, mais aussi à réduire la destruction des emplois, notamment dans l’informel.

Un autre axe consiste à réduire, à court terme, l’impact de la sécheresse sur les destructions des emplois agricoles, tout en réorientant les emplois détruits, notamment par la modernisation du secteur, vers d’autres métiers et activités pérennes.

Le gouvernement entend également mettre en place des mesures stimulant la création d’emplois pour les segments cibles, tout en améliorant l’intermédiation de la formation à l’emploi. Cela en plus de l’amélioration de la participation des catégories inactives, principalement les femmes, en réduisant les barrières d’accès à l’activité et en les accompagnant dans l’employabilité.

Des actions concrètes viendront donner corps à ces initiatives. Ainsi, et c’est un exemple, 3 interventions prévues auront pour objectif de permettre de sécuriser une création nette de 350.000 emplois pérennes à l’horizon 2026.

L’accompagnement des TPME devrait se traduire par la création de 35.000 à 40.000 emplois. Le renforcement des politiques actives de l’emploi (Idmaj, Tahfiz Taehil), la généralisation de l’apprentissage, et la mise en place d’une prime à l’emploi spécifique aux TPE permettant d’atteindre un nombre d’insertions de 422.500 en 2025, avec un budget supplémentaire accordé de 2 milliards de dirhams.

Nous parlons bien ici d’une métamorphose (à l’image de ce qui a été fait dans l’aide sociale) des différents programmes de l’emploi. La troisième mesure consiste à ralentir les pertes agricoles par des actions favorisant à la fois le retour à une superficie emblavée en céréales de plus de 4 millions ha et l’emploi à travers un plan d’action qui sera déterminé par le ministère de tutelle.