Diplomatie
Sahara : Un quart de siècle de diplomatie agile et agissante
En 26 ans, le dossier du Sahara a connu des bouleversements majeurs. À chaque moment, la diplomatie marocaine a été proactive, déjouant les manœuvres et enchaînant les victoires, jusqu’à ce tournant historique du 31 octobre.
Les derniers jours qui ont précédé le vote du Conseil de sécurité ont été des plus tendus pour tous les Marocains. Sans doute davantage pour la diplomatie de notre pays.
Et finalement, c’est la délivrance à travers ce vote sans appel, largement en faveur de cette résolution 2797 qui consacre 26 ans d’une diplomatie royale constructive.
Car il faut le reconnaître, l’on revient de loin, de très loin. Il y a un peu plus d’un quart de siècle, le dossier du Sahara filait pour ainsi dire entre les mains du Maroc.
Le plan Baker II (du nom de l’envoyé personnel du secrétaire général d’alors de l’ONU), retenu par le Conseil de sécurité, en 2003, mais rejeté par le Maroc, prévoyait que le Sahara soit dirigé par une «Autorité locale» pendant cinq ans.
Après cette période, un référendum sur l’autodétermination devait être organisé, avec l’option d’indépendance incluse. Quatre ans plus tard, le Royaume prend l’initiative de présenter le Plan d’autonomie, en avril 2007.
Ce virage diplomatique, inspiré d’une Vision royale clairvoyante, va consacrer, moins de deux décennies plus tard, la prééminence du Maroc sur ce dossier.
La preuve en est aujourd’hui le nombre des États ayant reconnu, et appuyé comme tel, ce plan en tant que solution la plus crédible la plus réaliste, la seule pour un grand nombre d’entre eux, pour résoudre ce différend.
D’autres, aujourd’hui près d’une trentaine, ont franchi le pas d’ouvrir une représentation consulaire à Dakhla ou à Laâyoune
(voir p.20). Le Paraguay étant le dernier en date à avoir matérialisé, le 29 octobre, sa reconnaissance de la souveraineté marocaine sur le Sahara par l’annonce de l’ouverture d’un consulat général.
En parallèle, et au fil des années, cette proposition d’autonomie est devenue l’un des fondements intégrés dans les résolutions du Conseil de sécurité. Ce qui a permis justement aux États d’exprimer librement leur position en soutien au Plan d’autonomie.
Travail soutenu et méthodique
On mesure l’ampleur du travail diplomatique, mené sous la conduite de SM le Roi
Mohammed VI, qui a été déployé ces 26 dernières années pour inverser ainsi la tendance.
Un travail soutenu, patient et méthodique où la vigilance et la réactivité étaient de mise à tout instant.
On se souvient comment en 2013, lorsque l’ambassadrice américaine Susan Rice avait demandé que le mandat de la Minurso soit étendu à la surveillance des droits de l’Homme dans le Sahara, la diplomatie marocaine a réagi pour faire barrage à cette proposition.
Et ce ne sont que des exemples. Les experts de tout bord sont unanimes à ce sujet, «le Maroc, grâce à la vision et aux choix diplomatiques de SM le Roi Mohammed VI, a su consolider le soutien croissant de la communauté internationale à la marocanité du Sahara».
C’est un constat. Au cours de ces deux dernières décennies, le Royaume a changé complètement de doctrine en matière de politique étrangère. En effet, l’une des principales caractéristiques de la diplomatie marocaine sous la conduite de
SM Mohammed VI, c’est la diversification des partenariats, y compris des partenariats stratégiques. Le Maroc a ainsi élargi ses relations au-delà du cercle de ses partenaires traditionnels en Europe.
La sphère d’action de sa diplomatie s’est étendue progressivement à d’autres pays en Afrique, en Asie et en Amérique latine. Cette stratégie où le facteur économique reste prépondérant, mais avec des retombées en termes d’appui et de soutien au dossier du Sahara.
Le tournant décisif
En Afrique, le Maroc a ainsi adopté une politique proactive, en réintégrant l’Union africaine en 2017 après plus de trois décennies d’absence. Cette réintégration lui a permis de renforcer ses liens avec les États africains et même de jouer un rôle central dans les questions continentales.
L’impact sur le dossier du Sahara est indéniable. Depuis 2018, la question a cessé de faire partie de l’agenda des différentes instances de l’Union. En parallèle, le nombre des soutiens des thèses de l’Algérie et de son proxy, le Polisario, a commencé à se réduire à vue d’œil.
En Asie, le Maroc a développé des relations solides avec des puissances économiques, telles que la Chine, l’Inde et la Russie, mais aussi avec les pays émergents de l’ASIAN. Des accords de partenariat stratégique ont été signés.
En Amérique latine, le Royaume a renforcé ses relations avec des pays comme le Brésil, l’Argentine et le Chili et avec des pays de l’Amérique centrale.
Tout cela a contribué à construire la quasi-unanimité de la communauté internationale, à laquelle l’on assiste aujourd’hui, autour de la justice de notre cause nationale et de la pertinence de la proposition d’autonomie présentée par le Royaume.
Un parcours jalonné de victoires diplomatiques éclatantes. Et l’entretien téléphonique entre SM le Roi Mohammed VI et le Président des États-Unis d’Amérique, Donald Trump, en décembre 2020, en fait partie.
C’est un point de rupture dans ce dossier. Trump avait informé alors le Souverain de la promulgation d’un décret présidentiel portant sur la décision des États-Unis d’Amérique de reconnaître la pleine souveraineté du Royaume du Maroc sur l’ensemble de la région du Sahara.
Les États-Unis ont été suivis, plus tard, par l’Espagne, l’Allemagne, la France – dont la reconnaissance de la marocanité du Sahara, en juillet 2024, constitue également un tournant – puis le Royaume-Uni qui soutient également le Plan d’autonomie, entre autres.
Les victoires diplomatiques se sont poursuivies à travers les initiatives et les changements de position des États, mais aussi des groupements d’États et des organisations régionales.
L’affirmation de la dimension africaine du Royaume, son ouverture vers de nouveaux partenariats et son activisme au sein des institutions internationales ont non seulement consolidé sa souveraineté sur son Sahara, mais l’ont aussi hissé au niveau d’acteur économique régional de premier rang.
Cette connexion entre économie, politique et diplomatie économique a été, au fil des années, bénéfique et rentable pour le Maroc. Elle a généré des gains politiques importants, surtout sur la question du Sahara.
La diplomatie marocaine, qui s’inscrit dans le long terme, avec une feuille de route réfléchie et non précipitée, a fini par donner ses fruits, sur tous les plans.
