Pouvoirs
Des chantiers d’envergure pour un décollage économique réussi
L’économie marocaine a cinq ans pour relever plusieurs challenges et tirer profit des chantiers ouverts et ceux à venir. Des projets aux effets multiples dont la création de nouvelles opportunités d’emploi.
Convergence. La majorité gouvernementale semble s’être donné le mot. La deuxième moitié du mandat est sous le signe d’un combat d’envergure pour l’emploi. Le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a donné récemment le ton. Et le parti de l’Istiqlal, aussi, en fait l’un de ses chevaux de bataille. Certes, la problématique figure dans le programme gouvernemental, mais là le sentiment qui se dégage est qu’on va devoir passer à la vitesse supérieure. Les idées fusent.
Des pistes sont esquissées et des actions ciblées suivront. Les économistes du parti de l’Istiqlal y mettent du leur. Au bout d’une cogitation qui s’est étalée sur plusieurs semaines, ils viennent, en fait, de dévoiler les grands axes de leur approche. Ainsi, pas plus tard que jeudi 28 mars, ils se sont livrés, lors d’une conférence-débat, organisée à Casablanca, à l’exercice de la présentation des lignes directrices qui sous-tendent leur vision en matière de création d’opportunités d’emploi.
Un potentiel aux facettes multiples à capitaliser
Étant entendu que le constat est connu, compte tenu des divers diagnostics effectués, dans son intervention, Nizar Baraka, tout en relevant que l’emploi figure au fronton des priorités de l’action gouvernementale, a surtout mis en avant les énormes potentiels, malgré les adversités dont regorge l’économie marocaine en la matière.
Outre l’effort budgétaire d’investissement consenti, ce sont les chantiers ouverts qui matérialisent lesdites potentialités. Un chiffre en dit long : 330 milliards de dirhams. Sans omettre les programmes Awrach ou encore Forsa, ou les incitations pour consolider une dynamique en marche et qui sont prorogées jusqu’en 2026, mais aussi les dizaines de milliers de postes budgétaires consacrés dans le cadre de la Loi de finances pour la fonction publique. Autant de chantiers qui ont participé à réduire les effets collatéraux des différentes crises où le Maroc a pu non seulement faire preuve de résilience, mais aussi et surtout a su transformer, avec des approches innovantes, les épreuves en opportunités. Toujours est-il, assène-t-on au sein de la maison PI, qu’«on n’a pas tout essayé». C’est dire qu’il existe «encore des marges à explorer» pour sinon résoudre la problématique, mais tout au moins «persister sur la voie de la recherche des pistes innovantes» en vue d’en réduire les effets.
À cela, il faudrait également additionner l’apport qui sera celui de la mise en œuvre de la Charte de l’investissement qui, d’ores et déjà, commence à donner ses premiers fruits. Avec à la clé 80 projets retenus devant déboucher sur des milliards de dirhams qui seront injectés et qui, ipso facto, donneront lieu à la création de milliers d’opportunités d’emploi. Outre les nouvelles marges d’action qu’ouvre le CapAcess du Fonds MohammedVI dont le coup d’envoi vient d’être donné, estiment les économistes de la formation de la Balance, et ce, avec, en toile de fond, une implication plus prononcée du secteur privé marocain.
Bien entendu, les promesses qu’implique la co-organisation de la Coupe du monde 2030 n’échappent pas à l’attention des uns et des autres.
Or, à ce niveau, estime-t-on, il ne s’agit pas uniquement des chantiers des infrastructures (stades, autoroutes et autres), mais aussi de ce que cet évènement planétaire, qui ne devrait pas masquer l’autre rendez-vous footballistique continental en 2025, devra apporter pour divers pans de l’économie nationale, dont les BTP, le tourisme et leurs effets d’entraînement. D’ailleurs, la réflexion porte, justement, sur les moyens de cet attelage global des locomotives pour créer davantage d’opportunités. Or, cela ne pourrait advenir sans l’accompagnement nécessaire au niveau de la formation et de la formation continue d’une main-d’œuvre qualifiée pour être au rendez-vous.
«Doubler la voilure»
POUR ÊTRE AU RENDEZ-VOUS
Une autre piste et non des moindres renvoie, elle, aux nouveaux métiers. Car, outre l’automobile ou encore l’aéronautique, il y a le grand chantier des énergies renouvelables, particulièrement l’hydrogène vert, l’économie bleue, l’économie numérique, l’économie sociale et solidaire, etc. L’industrie n’est pas en reste. Sur ce chapitre, le président de la Commission économique, Ryad Mezzour, ne manquera pas de marteler son dada relatif au «made in Morocco» et l’importance que revêt le choix de «consommer» marocain. Car, pour lui, «consommer des produits d’ailleurs reviendrait à créer des emplois ailleurs, alors que consommer local équivaut à préserver, voire à créer de l’emploi ici». Ceux qui ont suivi les exposés des uns et des autres en cette soirée du 28 mars n’auraient pas raté l’échange «à peine feutré» entre Mezzour et Hassan Sentissi, membre du bureau exécutif du PI et non moins président de l’ASMEX. Ce dernier a, en effet, saisi l’occasion pour parler de l’importance du secteur exportateur, tout en évoquant le fait qu’il y aurait un manque au niveau des leviers de son incitation. Une apostrophe qui n’a pas été du goût du ministre de l’Industrie et du commerce qui a tenu à mettre en exergue «l’explosion qu’ont connue les exportations marocaines sur les dernières années», en particulier en ce qui concerne celles des produits transformés qui ont représenté 87% de l’exportable marocain. Optimiste, Mezzour dira que le potentiel promet mieux, encore faut-il «doubler la voilure». Et de conclure que «le temps n’est ni à la critique encore moins au doute, mais à l’action pour transformer l’essai en saisissant la balle au bond».
Faits marquants !
Ils étaient quatre membres à constituer la Commission des affaires économiques et du développement durable, sous la présidence de Ryad Mezzour, mais pas moins d’une cinquantaine à avoir pris part à l’élaboration de la Vision économique qui a été soumise à la réunion, samedi 30 mars, à l’appréciation de la commission préparatoire du 18e congrès national du parti de l’Istiqlal.
Un avant-goût des contours de ladite vision a été dévoilé, jeudi 28 du même mois à Casablanca, lors d’une conférence-débat. Une conférence qui a connu la participation, outre des responsables du parti, du président de la CGEM, Chakib Alj. Ce dernier a, d’ailleurs, saisi l’occasion pour réitérer l’engagement du patronat à s’inscrire pleinement dans la dynamique économique que connaît le pays, tout en dressant les leviers à activer pour relever le challenge de l’investissement et ses corollaires de création de la richesse et de l’emploi. Mais on aura surtout relevé l’absence de noms qu’on avait l’habitude de voir chaque fois qu’on parlait de l’Alliance des économistes istiqlaliens, en particulier Adil Douiri et Karim Ghellab pour ne parler que de ces deux personnalités qui ont marqué des années durant la réflexion économique du parti des héritiers de Allal
El Fassi.