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Benslimane : Le nouveau cœur technologique de la défense marocaine

L’installation des futurs sites de Baykar, Lockheed Martin ou Elbit Systems à l’intérieur même d’une zone militaire n’est pas anodine. La ville accueille déjà plusieurs établissements militaires et un aérodrome, offrant un environnement sécurisé, protégé et loin des regards indiscrets.

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Le choix d’implanter une unité de MRO (Maintenance, Repair and Overhaul ou Maintenance, Réparation et Révision) à Benslimane répond à des besoins stratégiques de premier ordre pour les Forces Royales Air.

Jusqu’ici, les C-130 marocains devaient être envoyés en Europe ou aux États-Unis pour les opérations de révision, de maintenance ou de rénovation, avec des coûts importants et surtout des immobilisations prolongées qui privaient les FRA de leurs aéronefs pendant de longs mois.

L’installation d’un centre de maintenance lourde à Benslimane change totalement la donne : le Maroc économise des ressources financières, réduit drastiquement les délais d’indisponibilité et améliore le taux d’opérationnalisation de sa flotte aérienne. Or, ce taux d’opérationnalisation est un critère déterminant dans la puissance réelle d’une armée, comme on le voit aujourd’hui sur le théâtre ukrainien.

En effet, dans un conflit de haute intensité et à fort taux d’attrition, la capacité à remettre rapidement en service avions, véhicules et blindés fait toute la différence.

Cette unité profitera aussi aux pays alliés africains, dont plusieurs sont dotés des C-130. Pour eux, disposer d’une capacité régionale de maintenance offrira des délais plus courts, des coûts bien inférieurs à ceux des options européennes ou américaines et un accès facilité à une expertise de niveau international. Autrement dit, le Maroc ne construit pas seulement une usine, il bâtit un écosystème régional de soutien aéronautique.

Ce choix s’inscrit d’ailleurs dans une planification concertée. Rien n’a été laissé au hasard dans l’implantation des zones industrielles de défense. Les architectes de ce chantier, l’Administration de la Défense nationale en maître d’œuvre, appuyée par l’État-Major général des FAR, ont conçu une véritable carte industrielle stratégique.

À leurs côtés, la CDG met à profit son expérience dans la conception et la gestion de zones industrielles et technologiques, pour structurer et développer la Zone industrielle de défense (ZID) de Benslimane.

L’emplacement de Benslimane est un choix hautement stratégique. Située à proximité immédiate de la grande zone aéronautique de Nouaceur, comportant l’Aéropole, l’Institut des Métiers de l’Aéronautique, le Cluster AMC et tout le tissu de sous-traitance lié à Safran et aux industriels internationaux, cette zone bénéficiera d’un réservoir naturel de compétences, de sous-traitants et de capacités de production capables d’adapter rapidement leurs pièces aux besoins de Lockheed Martin, Baykar ou Elbit Systems.

La proximité du port de Casablanca, future porte d’exportation des équipements produits à Benslimane et Berrechid, renforcera encore cet avantage.

Enfin, l’installation des futurs sites de Baykar, Lockheed Martin ou Elbit Systems à l’intérieur même d’une zone militaire n’est pas anodine. Benslimane accueille déjà plusieurs établissements militaires et un aérodrome, offrant un environnement sécurisé, protégé et loin des regards indiscrets.

Ce qui est impératif, lorsque l’on sait que le développement d’une industrie militaire de pointe attire inévitablement tentatives d’espionnage industriel et convoitises technologiques. Dans cette enceinte protégée, ingénieurs et techniciens pourront travailler sereinement, innover, assembler et tester des technologies et équipements sensibles sans se soucier du reste.