Pas assez démonstratif ; et alors ?

Récemment, j’ai été nommé à  la tête d’un des départements les plus importants de l’entreprise. Je remplace une personne très différente de moi (et je pense que ce n’est pas un hasard si justement on a sélectionné une personne de mon profil). C’était une personne très démonstrative, un peu brouillonne mais n’hésitant pas à  taper sur l’épaule des collaborateurs, déjeuner avec eux, etc. Je sens bien que mon mode de management «surprend». Je suis rationnel, j’aime aller au vif du sujet, et franchement déjeuner avec un collaborateur oui, si nous devons prolonger nos discussions mais, sinon, le travail avant tout !
Que me conseillez-vous ?

Chaque manager a «sa marque de fabrique». Mais chaque équipe aussi ! Alors qui doit s’adapter à l’autre ? C’est une question qui mérite d’être posée car elle l’est rarement !
L’être humain est une machine à émotions
Et vous ne dérogez certainement pas à cela ! Simplement vous devez sans doute communiquer ces émotions très différemment ! Maintenant, imaginez un manager qui s’exprimerait en finlandais alors que son équipe ne parlerait que le swahili ?

Comment pourraient-ils se comprendre ?

Si votre manière de transmettre vos félicitations se résume à un «c’est bien, continuez» prononcé sur un ton monocorde et froid, votre satisfaction ne sera pas comprise dans toute son ampleur quand, en face de vous, vous aurez un collaborateur «démonstratif» qui attendait en fait un «formidable, je vous félicite !», le tout dit avec une gestuelle…appropriée.
Nous transmettons des émotions au quotidien, et nous en recevons aussi.
Aussi, faites en sorte que le décalage ne soit pas trop important entre les attentes de vos collaborateurs et votre «vocabulaire émotionnel».

Restez vous-même…

Vous forcer ne serait certainement pas une bonne idée. Car ce faisant, vous risqueriez de jouer un rôle entrant en contradiction avec votre caractère et cela se verrait. Aussi, restez vous-même, soyez fidèle à vos valeurs et à vos convictions. Rien de pire qu’un manager qui «joue au manager» : le meilleur comédien ne saurait jouer une pièce mal écrite !
Aussi, ne surjouez pas votre rôle, utilisez le seul levier qui soit le plus fort : votre authenticité.
Un collaborateur préfère un manager «pudique», hyper efficace et juste à un manager «chaleureux», approximatif dans sa démarche et prônant l’iniquité et le clientélisme à tous les étages.
Cette question de «fond» peut difficilement être changée, alors que pour ce qui est de la forme c’est un «changement» beaucoup plus facile à opérer !

…et faites quelques efforts

Si vous ne devez en aucun cas «jouer le rôle d’un autre», vous pouvez certainement faire quelques efforts : déjeuner plus souvent avec certains collaborateurs, apprendre à dire merci tout simplement, reconnaître certains succès.
A Carnegie, nous avons l’habitude de dire que «si vous voulez de l’enthousiasme au sein de votre entreprise, soyez vous-même enthousiaste !». Pourquoi vouloir de l’enthousiasme ?
Parce que c’est un ingrédient indispensable à l’engagement des équipes, d’autant que ces dernières sont de plus en plus différentes (générations Y, Z.)
La bonne humeur, c’est contagieux. Il suffit qu’une personne soit touchée pour qu’elle se propage très rapidement ! Et vous pouvez être cette personne !
Aussi, soyez le premier à alerter les équipes sur les dysfonctionnements et retards mais AUSSI le premier à souligner les indicateurs au vert. Valoriser justement, communiquer votre satisfaction et vous verrez, cela donnera du tonus à vos équipes mais aussi à… vous !