Je deviens le boss de mes collègues !

A ma grande surprise, je viens d’être nommé manager ! J’en suis vraiment très content car cela récompense mon implication et surtout les résultats que j’ai pu obtenir. Mais je vais me retrouver
à  diriger d’anciens collègues et j’ai entendu tellement d’histoires d’erreurs et de mauvais départs dans ce type de contexte que je voudrais éviter de commettre des impairs !
Que me conseillez-vous ?

Revoyons d’abord les fondamentaux, c’est-à-dire la raison d’être d’un manager ! Dans les descriptifs de poste, nous retrouvons trop souvent des tâches opérationnelles alors que le rôle du manager est «évoqué» au mieux par quelques phrases. Or, ce rôle doit être détaillé au maximum, car, lors de nos formations, nous nous rendons compte combien certaines responsabilités basiques de manager sont occultées. Aussi, à vous de vous créer VOTRE propre fiche de poste de manager. Pour cela, observez, faites appel à votre expérience passée de collaborateur, lisez un maximum d’ouvrages à ce sujet et, surtout, prenez conscience de l’ampleur du travail de manager. Une fois cette connaissance bien maîtrisée, vous prendrez pleinement conscience de la mission qui vous incombe, et, surtout, vous aurez compris qu’on n’est pas manager du jour au lendemain suite à une note de service, mais qu’on le devient par le mérite et les résultats que nous obtenons. Alors à vous de mériter vraiment cette promotion. Se lancer dans des changements majeurs dès les premières semaines de la prise en charge du poste est une grossière erreur qui continue de perdurer en entreprise. Il s’agit d’étudier l’historique, les objectifs, de connaître au mieux ses équipes et ses clients internes, les enjeux qui en découlent… Aussi, attendez quelques semaines pour instaurer vos «règles du jeu».  Vous aurez beau essayer par tous les moyens de ménager les uns (vos anciens collègues) et les autres (la direction), les conflits seront inévitables. L’un vous en voudra car il est intimement convaincu qu’il est plus compétent que vous et qu’il méritait cette promotion, l’autre, car il interprétera mal un geste ou une parole de votre part.

Aucun camp à choisir

Ayez en tête le principe Carnegie : «Attendez-vous à de l’ingratitude», en d’autres termes préparez-vous à des moments difficiles et maintenez le cap quoi qu’il arrive ! Dès l’instant où vous resterez cohérent avec vos valeurs, vous serez paré pour affronter toutes les tempêtes. Etre «avec» l’équipe ou «avec» la direction est une mauvaise question ! Vous n’avez pas de camp à choisir ! Et pourtant, nombre de jeunes managers se posent encore cette question car ils ne veulent pas montrer qu’ils ont «pris la grosse tête» vis-à-vis de leurs anciens collègues, ils ont du mal à se positionner dans ce nouveau statut, ils ont contribué par le passé à critiquer une direction à laquelle ils appartiennent désormais. Mais la cause nodale est une question de personnalité et de confiance en soi ! Ainsi, face à un «maintenant tu es du côté de la direction, on ne peut plus te faire confiance», restez stoïque et rappelez les rôles et les responsabilités de chacun. Car si vous deviez arbitrer chacune de vos décisions à l’aune du «je dois rester “zouine” avec tout le monde», vous risqueriez de ne pas atteindre vos objectifs ! Alors, le meilleur camp à choisir est celui de la performance collective en accord avec vos valeurs !
A vous de jouer !