Après la lune de miel, le désenchantement

Je suis à  la tête d’une direction importante au sein d’une entreprise que j’ai intégrée il y a presque une année. Au début, j’avoue que j’étais très motivé par mon job et tous les défis à  relever. Mais aujourd’hui je me rends compte qu’on ne me donne pas vraiment les moyens de travailler et qu’en plus je dois «faire avec les susceptibilités» de chacun, sans oublier que j’ai découvert des dysfonctionnements importants au sein de l’entreprise. Franchement : je suis déçu !
Que me conseillez-vous ?

La vie n’est donc pas un long fleuve tranquille ? Un nouveau job n’est pas PARFAIT ?
Bienvenue dans le monde REEL ! C’est normal ! Ce que vous vivez est tout à fait normal dans le cadre du processus de «nouveau job».

La première étape est en général faite d’un enthousiasme débordant, celle du «tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil». Puis démarre l’étape de la «découverte du côté cour», à savoir la réalité dans tout ce qu’elle peut avoir de surprenant à la fois positivement et négativement. C’est le moment où nous découvrons que tel collègue n’est peut-être pas aussi «sympa» que nous le pensions, que l’organisation de l’entreprise possède certains points à revoir ou encore que notre supérieur n’est peut-être pas aussi «génial» que ça.

Et c’est là qu’arrive l’étape du désenchantement, exacerbée par la fatigue d’un rythme de travail accru (le fameux démarrage en trombe de la nouvelle recrue). Vous êtes donc à cette étape !
Mais ne vous inquiétez pas, vous allez rapidement passer à la suivante, celle que j’appelle «l’étape de la conscience». Celle où vous aurez su pondérer toutes ces informations et où la rationalité aura pris le pas sur l’émotionnel.

Procédez par étape

Les budgets, les personnes et… votre désenchantement me semblent être les principaux sujets à traiter.
Concernant vos budgets «serrés», il est bien normal de voir, en temps de crise, les robinets réduire leur débit. Et puis, vous devez d’abord faire vos preuves ! Alors apportez à vos supérieurs des «quick success» et faites-le rapidement ! Cela aura pour double avantage de crédibiliser vos budgets, mais aussi de booster votre enthousiasme en berne !
Et puis, ne prenez pas les choses personnellement, renseignez-vous : vous n’êtes certainement pas le seul à souffrir de coupes budgétaires !

Les susceptibilités

Vous avez dit «susceptibilités» ? Eh bien, bienvenue dans le monde de l’HUMAIN en entreprise ! Les choses seraient tellement plus simples si nous n’avions qu’à interagir avec des ordinateurs, n’est-ce pas ? Une touche actionnée et une réponse !
Gérer les susceptibilités revient à savoir se mouvoir HUMAINEMENT au sein d’une entreprise, à prendre en compte ce facteur non pas comme une option mais comme une véritable donnée. Vous êtes dans une boutique de porcelaine, ne vous comportez pas comme un éléphant ! Usez et abusez de la diplomatie, développez votre écoute, soyez patient, le temps que vos collègues apprennent à vous connaître et interprètent «correctement» vos comportements.
Gagnez la coopération de chacun en étant vous-même un collègue coopératif et vous verrez que non seulement vous obtiendrez leur soutien, mais qu’en plus vous aurez appliqué le principe Carnegie numéro 30 : «Rendez les autres heureux de faire ce que vous suggérez» !