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Ramadan : Marchés bien approvisionnés et prix sous contrôle… pour le moment

Pas d’inquiétude à se faire. Le marché sera approvisionné et les prix maîtrisés. Les pouvoirs publics assureront la veille et le suivi des marchés. Si pour les viandes blanches et les poissons les prix devaient se maintenir, pour les légumes, en revanche, il est difficile d’avoir une visibilité…

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À trois semaines du Ramadan, les pouvoirs publics rassurent : l’approvisionnement des différents marchés en produits de consommation est normal et les stocks sont disponibles. La mobilisation des services concernés pour le contrôle et le suivi permettra de garantir la régularité de l’approvisionnement et d’éviter toute spéculation en vue de maintenir les prix des différents produits à un niveau raisonnable.
Par ailleurs, la baisse des prix des légumes constatée depuis une dizaine de jours vient aussi rassurer les consommateurs. Néanmoins, une évolution des prix est, selon des associations de consommateurs, quand même à craindre en cette période inflationniste qu’est Ramadan.
Mois de grande consommation, les ménagères entament, chaque année, les préparatifs des classiques du ftour : chebbakia, briouates et sellou faits à base d’amandes, de sésame et miel. Pour les salés, le poisson, en particulier blanc, les viandes et les œufs sont essentiels. Au marché de Derb Ghallef, les prix des amandes et du sésame enregistrent une hausse de 10 à 15 dirhams. Le sésame beldi a, par exemple, vu son prix passer de 60 DH l’an dernier à 70 DH le kilo. Son concurrent, en provenance de Turquie, coûte 50 dirhams le kilo. Les amandes, petites et légèrement concassées, sont vendues à 80 DH le kilo contre 70 DH en 2023. Le miel, très utilisé également, est commercialisé entre 45 et 75 DH le kilo. Bien entendu, il ne s’agit pas d’un miel pur et produit du terroir. La hausse de ces intrants est répercutée par certaines maisons de pâtisserie et les particuliers qui proposent, en vente directe et en ligne, ces incontournables sucrés et salés du ftour. Le kilo de chebbakia varie entre 160 et 250 DH chez les pâtisseries. Dans le circuit traditionnel «informel», son prix est passé de 80 à 120 DH cette année.

Le poisson, produit phare du Ramadan
Dans ce même circuit, on propose des mini-pastillas et autres nems à un prix variant entre 8 et 14 DH en fonction des composants (poulet ou poisson) de la farce. Pour les ménagères qui préfèrent le «fait maison», le coût de revient de ces produits sera moins cher de quelques dirhams, puisqu’il n’y a pas de main-d’œuvre à payer…

Elles paieront, quand même, le poulet ou le poisson un peu plus cher, sachant que les pâtissiers et traiteurs peuvent mieux négocier leurs prix en raison de la quantité achetée. L’approvisionnement du marché en poisson et poulet sera assuré et à des prix raisonnables selon les pouvoirs publics qui procéderont à la veille et au suivi de la disponibilité de ces produits et leurs prix de vente. Par ailleurs, l’initiative du «Poissons à prix raisonnable» sera reconduite cette année encore. Cette initiative citoyenne, lancée en 2019 par les armateurs de la pêche hauturière sous l’égide du ministère de la Pêche maritime, vise à mettre à la disposition des familles du poisson, notamment les espèces les plus consommées, à moitié prix. Elle a mis fin à la spéculation des intermédiaires qui font flamber les prix durant Ramadan. Les chalutiers vendent directement une partie de leur capture aux clients. Selon les professionnels, cette initiative est déployée dans 22 villes et sera étendue cette année à d’autres villes du Royaume. On recense, selon ces mêmes sources, une trentaine de points de vente. Depuis son lancement, l’initiative a bénéficié à environ 7 millions de consommateurs. Ce qui encourage la consommation du poisson qui atteint aujourd’hui 5 kilos par personne durant le mois sacré contre 2 kilos pour le reste de l’année. L’objectif, selon Larbi Mhidi, président de la Fédération des Chambres des pêches maritimes, est de porter la consommation moyenne du poisson à 13 kilos par personne et par an. Et de préciser que «les opérateurs se sont engagés à assurer un prix raisonnable pour les pélagiques, en particulier la sardine, et le poisson blanc, notamment le merlan et la sole très consommés en cette période». Dans la région du Sud, le kilo de sardines varie entre 7 et 8 DH. Ce même prix est également pratiqué dans le nord du pays. À Casablanca, le prix au port se situe entre 6 et 7 DH le kilo pour atteindre 10 et 11 DH. Actuellement, en raison de la période de repos biologique qui vient de s’achever, les prix ont atteint les 14 DH. Toutefois, le risque d’une hausse du prix n’est pas à exclure, note Larbi Mhidi, «en raison du mauvais temps que l’axe Safi-Agadir connaît habituellement durant le mois de mars qui coïncide cette année avec le Ramadan». Comme la Fédération des Chambres des pêches maritimes, la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole au Maroc (FISA) rassure sur l’approvisionnement du marché en viandes de volaille et en œufs pendant le Ramadan. «Il n’y a aucun souci à se faire là-dessus, étant donné que l’offre est suffisante et même excédentaire. Le secteur exporte même en Afrique de l’Ouest et bientôt vers les Émirats arabes unis. De ce fait, le marché sera largement approvisionné et les prix seront stables», explique Youssef Alaoui, président de la FISA.

Les prix baissent dès les dix premiers jours du Ramadan…
La production des viandes blanches et des œufs atteint respectivement 570.000 tonnes et 5 milliards d’unités par an. Selon les prévisions de la FISA, l’offre en viandes blanches durant le Ramadan sera de 53.655 tonnes pour le poulet et de 12.650 tonnes pour la dinde. La demande se situera respectivement à 53.025 et 12.100 tonnes. Les prix devraient se maintenir pour éviter aux éleveurs, qui depuis la crise sanitaire vendent à perte, de continuer à perdre de l’argent. Il est à signaler cependant que les viandes blanches ne sont pas très consommées pendant le mois sacré, puisque les Marocains ont «depuis plusieurs années largement introduit le poisson dans la table du ftour».
En revanche, l’œuf est un produit phare du Ramadan et la demande prévisible se situera à 580 millions d’unités contre 560 millions actuellement. L’offre, estimée à 600 millions, couvrira largement les besoins du marché.
Pour les viandes rouges, les prix ont connu une hausse, au début de l’année, ce qui fait craindre les consommateurs durant le Ramadan. Mais la décision prise par le ministère de l’Agriculture d’annuler la TVA et les droits de douane rassure dans la mesure, expliquent les professionnels, qu’elle permettra de maintenir les prix. Actuellement, ils varient entre 85 et 90 DH le kilogramme.
Pour les fruits et légumes dont les prix ont enregistré une baisse depuis fin janvier, les professionnels sont prudents et évitent de se prononcer sur les prévisions pour le Ramadan en raison des conditions météorologiques. Il est à noter que la baisse des prix actuelle est due justement aux conditions climatiques, notamment la température qui a atteint 31° dans certaines régions, d’une part, et, d’autre part, à la hausse des droits de douane en Mauritanie sur les légumes marocains.
À l’approche du Ramadan, les prix devraient rester globalement stationnaires, à en croire les différents professionnels des secteurs concernés. Toutefois, ils tiennent à souligner que, comme à l’accoutumée, les prix connaîtront une hausse dès les premiers jours de jeûne avant de s’inscrire à la baisse pour le reste du mois.