Influences
Fondation du Sud : Un modèle de solidarité
Économie solidaire, éducation, humanitaire, socio-sportif, sécurité des populations, culturel, les champs d’action de l’entité sont multiples… Zoom sur une ONG au parcours sans faute depuis sa création en 2004.
En 20 ans d’existence, la Fondation du Sud pour le développement et la solidarité a ratissé large dans son champ d’action. Infrastructures sociales et éducatives de base, actions sociales médicales et humanitaires, activités génératrices de revenus, protection et développement du patrimoine naturel et culturel, l’entité est sur plusieurs fronts. «Ses investissements sont multiples en faveur des populations en situation précaire ou à besoins spécifiques, mais aussi au profit de la sauvegarde de l’environnement et des richesses culturelles locales», indique Driss Boutti, membre fondateur et secrétaire général de la Fondation. Tout a commencé en janvier 2004, date à laquelle la Fondation du Sud a été créée dans un but non lucratif, à l’initiative de forces vives de la région Souss-Massa. Très vite, le premier projet de l’entité est réalisé. Il s’agit d’un centre de sauvegarde de la jeune fille orpheline ou en situation difficile. Implantée à Agadir, la structure inaugurée par le Roi Mohammed VI a nécessité un investissement de 15 millions de dirhams. D’une capacité de 120 jeunes filles, l’établissement, en activité depuis 2006, a bénéficié en 18 ans à 2.500 jeunes filles. Géré par le ministère de la Jeunesse et des sports et l’Office de la formation professionnelle, il a généré 35 emplois. Après ce premier projet réussi, d’autres ont suivi. Parmi eux figurent un SOS Villages d’Enfants, une Maison de vie ouverte sur le Centre d’oncologie d’Agadir et en faveur des malades et leurs familles. Il y a aussi le Centre de consolidation des compétences des femmes, des centres dédiés aux personnes âgées et aux personnes à besoins spécifiques, ainsi que des crèches communautaires, mais pas seulement. Parmi les réalisations, également, un hôpital psychiatrique, des banques alimentaires et un hôpital complet itinérant. À noter qu’au niveau médical, la Fondation du Sud a été la première entité à avoir initié ce dispositif dans le rural.
La Fondation en chiffres
Le rythme des réalisations et des actions n’a ainsi pas ralenti au fil des années, couvrant plusieurs domaines. Outre le domaine médical, la Fondation intervient ainsi dans l’éducatif, l’humanitaire, le socio-sportif, la sécurité des populations, l’économie solidaire, entre autres. Les nombreux projets et actions initiés sont aujourd’hui du concret réussi et génèrent des fruits. Actions après actions, projets après projets, la Fondation comptabilise aujourd’hui 23 centres et structures sociales de base construites, générant 500 emplois permanents utiles et directs. 650 associations bénéficiant des actions de la Fondation de façon permanente, 20.000 personnes bénéficiant de ses structures de manière ponctuelle, sont d’autres chiffres clés de la Fondation. On retient aussi 2.000 actions humanitaires au profit des démunis et 250.000 bénéficiaires de ces opérations.
La solidarité par l’action
Quelle est la recette de la Fondation du Sud pour mener à bien ces projets ? La synergie et le partenariat sont la démarche qu’adoptent les membres de l’entité dans la gestion des projets tant au niveau de leur réalisation que du fonctionnement des structures mises en place. La Fondation, reconnue d’utilité publique depuis janvier 2006, soit tout juste deux ans après sa création, a contracté de nombreux partenariats avec des institutions publiques pour la concrétisation de ses chantiers. Le sérieux avec lequel les projets sont menés jusqu’à leur aboutissement et après pour leur fonctionnement et l’implication sans relâche des membres depuis vingt ans ont contribué à renforcer la crédibilité de la Fondation sur la place publique. Et aujourd’hui, elle diversifie ses partenariats et innove en contractant pour la première fois un partenariat avec une entreprise privée pour la gestion d’un de ses établissements. Il s’agit du Musée Targant à Taghazout Bay dont la gestion va permettre de générer des revenus en faveur des zones de l’arganier et de ses coopératives féminines. Aujourd’hui, la machine va toujours de l’avant. Selon Driss Boutti, les projets de cinq centres et structures sociales de base sont en cours d’étude ou de réalisation. Parmi les grands projets en cours figure le chantier du plus grand centre culturel d’études coraniques d’Afrique. Ce projet qui est mené en partenariat avec Al-Majliss Al-Ilmi d’Agadir donnera naissance à terme à un lieu de transmission et d’approfondissement de la culture musulmane, ouvert à tous les visiteurs de toutes les confessions. «L’édifice qui s’articule autour d’espaces destinés à de grandes manifestations religieuses, des spectacles et des expositions et des lieux d’études et de concentration, requérant de l’intimité, va mettre en avant l’identité locale empreinte d’ouverture et de tolérance», explique l’architecte du projet, Samira Saoudi. Un complexe régional d’accueil et de requalification des aliénés mentaux et des sans-abris est un autre grand projet au programme de la Fondation du Sud. «Agadir sans mendiants, sans SDF, sans aliénés mentaux délaissés, sans enfants dans les rues, c’est notre rêve», lance Driss Boutti. Accompagner les jeunes dans leur développement personnel et leur recherche d’emploi est aussi le nouveau cheval de bataille des membres de la Fondation du Sud. Ainsi no limit dans l’action et dans la mobilisation des synergies en faveur des générations présentes et futures.