Influences
Ramadan 2025 : stars marocaines en duel cathodique, entre génie et excès (1/2)
Parmi les espoirs (ou pas), beaucoup de trentenaires aguerries : certaines, diplômées de l’Institut supérieur d’art dramatique et d’animation culturelle (ISADAC), ont sué sur les planches, d’autres, venues de la beauté ou de la mode, ont bifurqué vers l’écran.
Yousra Bouhmouch : L’étincelle qui tarde

Formée au Cours Florent et à l’ESEC, cette Rbatie née en 1995 slalome entre Maroc, Paris et Londres, repérée dans des productions locales. Dans «Dem Lmechrouk» elle incarne une fille de ferme – mais branchée – avec une simplicité qui accroche : un corps solide, un regard fixé sur un horizon flou, elle porte son rôle en mode terrien avec une démarche lourde dans la boue. Ça passe, mais ça s’arrête net. Pas de relief, juste une silhouette sage qui manque de feu. Face à Didane ou El Khayari, elle tient son rang sans voler la vedette, encore dans l’ombre des spots. Yousra a du jus, un potentiel qui dort, mais son jeu reste un peu sage et timide. Elle attend un déclic. Avec un peu d’audace, elle pourrait bien allumer la mèche et sortir du lot.
Feryal Ziyari : L’élégance en germe
Première dauphine de Miss Maroc 2015, puis Miss Arab 2019, Feryal Ziyari a lâché la médecine pour la beauté, avant de plonger dans le journalisme et l’animation sur LBC. Elle s’est muée cette saison en actrice dans une série, où elle apporte une touche mystérieuse : silhouette fine, allure noble, elle a l’air d’une héroïne d’antan. Ses silences et regards en coin captent bien, mais dès qu’elle ouvre la bouche, ça vacille – voix hésitante, gestes trop pensés, la magie s’effrite. Elle oscille entre une présence naturelle et une prudence de bleu. Feryal a tout pour lâcher les amarres et jouer sans filet : une élégance innée qui ne demande qu’à s’affirmer avec plus de liberté.
Asma Kartoubi : La spontanéité face aux têtes d’affiche
Ex-Miss Continents 2016, Asma Kartoubi, d’origine andalouse, a troqué les podiums pour l’écran. On la retrouve en seconde lame dans un drame social, face à une veuve brisée. Rire franc, gestes vifs, elle secoue l’écran. Mais ça reste brouillon, frôle le surjeu. Son feu plaît aux réalisateurs, pourtant elle peine à sortir de l’ombre des cadors. Elle a une étincelle qui attend son heure pour s’enflammer pleinement.
Hajar Kaanane : La douceur discrète
Casablancaise pure souche, Hajar Kaanane a séduit dès «Nissf Qamar», puis enfoncé le clou avec «Ila Da9 Al Hal» et «Haïna». Sur scène, «Shouf Ahna Fin» a montré son aplomb. Dans «Jorh Kdim», elle glisse une grâce légère : yeux humides, voix fragile, elle brille dans les moments de doute, touchant sans insister. Sa douceur est son atout, même si elle peut sembler répétitive – mêmes regards, mêmes soupirs, un style bien rodé. Elle manque encore d’un petit quelque chose pour se démarquer. Elle plaît, c’est clair, mais s’efface trop vite de la tête. Hajar a du charme, une délicatesse qui touche, pourtant elle doit aiguiser son jeu pour marquer vraiment.
Maria Lalouaz : L’émotion sans tapage
Voix de Manar dans «Samhini», Maria Lalouaz, formée à l’ISADAC, s’est fait un nom dans le doublage avant de briller devant la caméra avec «Haïna», «Bab El Bahr» et «Sourtak Fi Aayni». Cette année, dans «Ain Libra», elle joue une femme discrète avec une dignité sobre. Un sourcil froncé, une main tremblante sur une aiguille : l’émotion passe sans bruit. Elle n’en fait pas trop, et ça marche. Mais cette retenue la cantonne en marge, silhouette qu’on zappe au générique. Elle a une solidité douce ; un peu plus d’éclat la mettrait en lumière.