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Influences

Mehdi Tazi: «L’enjeu majeur est dans la capacité d’adaptation»

On n’arrête pas le progrès. Un ChatGTP en cache un autre. La version 4 est une nouvelle révolution qui ne laisse pas indifférent le monde de l’entreprise. Le vice-président général de la CGEM livre sa lecture.

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IMPACT CERTAIN
«Autant le sujet passionne autant il peut être source d’inquiétude. En décembre 2022, l’avènement de ChatGTP version1, qui consiste à donner, de manière interactive, des réponses à des questions qu’on lui pose, a fasciné. En mai 2024, c’est à une nouvelle révolution que l’on assiste avec la version ChatGTP4 où sont mixées la donnée, la voix et l’image. Ce qui ouvre un champ des possibles encore plus vaste.

Certes, à la faveur du tournant pris par l’évolution technologique, on ne sait pas exactement où on va, mais la certitude est que cela va impacter, à coup sûr, à la fois l’univers économique en général et l’entreprise en particulier, ainsi que l’environnement académique. D’autant plus que les compétences de demain ne sont pas en toute évidence celles d’aujourd’hui, encore moins celles d’hier. Du coup, la notion d’adaptation et d’adaptabilité aux évolutions technologiques s’impose, pour les différents acteurs, comme un impératif.»

L’IA EN TRANSFORMATEUR
«D’ores et déjà, on sent l’impact de cette dynamique dans les entreprises où plusieurs tâches sont assurées par le truchement de l’Intelligence artificielle. En particulier en ce qui concerne les services. Ce qui se traduit, entre autres, par un gain de temps considérable pour les entités qui s’y investissent.

Bien entendu, l’une des questions qui se posent renvoie aux impacts que cela aurait sur les métiers. En effet, si la révolution de l’automatisation a induit le remplacement des hommes par les machines, aujourd’hui on est à un palier au-dessus, puisque ce sont les métiers à forte valeur ajoutée qui pourraient être les plus impactés. Autrement, les métiers manuels ne seraient, fort probablement, pas touchés par les évolutions en cours.»

ACCOMPAGNER LES ENTREPRISES
«Même si aujourd’hui on ne peut pas trancher quant à la tendance que cela pourrait prendre à terme, il est clair que nombreux sont les métiers qui ne vont plus être faits comme c’est le cas actuellement, que ce soit pour les médecins, les architectes ou autres. Les changements sont, en définitive, irréversibles. Et ce, bien que certains prédisent qu’il y aurait des métiers qui risquent de disparaître et d’autres qui pourraient voir le jour.

Dans une telle dynamique, répondant au souci d’adaptation, la CGEM, dont les membres sont déjà sensibles aux tendances actuelles, s’active auprès de ses entreprises à travers notamment la diffusion de l’information, la formation, ou encore des actions de sensibilisation tous azimuts. L’idée derrière est qu’on puisse accompagner le tissu productif pour qu’il soit mieux armé et au diapason de ces avancées. Il est évident, au rythme accéléré où vont les choses, que personne n’est en mesure de trancher sur la nature des configurations futures, mais on sait que l’un des enjeux majeurs de ces transformations consiste d’abord à les comprendre, mais aussi de disposer de la base technologique sous-jacente qui va avec. Le but étant que le tissu productif puisse switcher très vite pour ne pas rater le train qui est déjà en marche.»

CHANGER DE PARADIGME DE FORMATION
«Plus encore, l’univers académique est aussi attendu pour l’accompagnement de l’entreprise dans cette révolution qui s’exacerbe. Et ce, en formant des ressources humaines aptes à les suivre, que ce soit au niveau des skills ou encore sur le plan purement technique. Ceci étant, il est clair que les meilleures des formations, ce qui est en cours depuis quelques années, est de développer le modèle de cursus alternatifs entre les écoles et l’univers professionnel. Ce qui est de nature à permettre aux personnes qui arrivent sur le marché du travail, à travers des expériences d’immersion, de disposer d’une meilleure connaissance du monde de l’entreprise.»