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Culture

Frédéric Godfroid : «Les nouveaux textes législatifs apportent plusieurs avancées pour les exploitants de salles de cinéma»

Le Conseil de gouvernement a adopté une série de décrets visant à réformer l’industrie cinématographique, dont le décret n° 2.25.484, encadrant l’exploitation des films et des salles. Le DG de Pathé Maroc revient sur les implications concrètes de ce nouveau cadre réglementaire.

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Le décret n° 2.25.484 redéfinit les règles du jeu pour les salles de cinéma au Maroc. Frédéric Godfroid, DG de Pathé Maroc, nous éclaire sur ses effets concrets en matière de programmation, d’organisation du secteur et de retour du public en salle.

En quoi le décret n° 2.25.484 modifie-t-il concrètement la gestion de votre salle, notamment en ce qui concerne la programmation et l’obtention des visas d’exploitation ?

Le décret apporte plusieurs avancées concrètes pour les exploitants de salles, en posant un cadre clair autour de l’exploitation des films au Maroc, notamment sur le plan administratif et réglementaire.

Il introduit deux types de visas – l’un à vocation commerciale, l’autre culturelle –, permettant de mieux différencier les types de projections et d’adapter la programmation aux contextes (exploitation en salle, festivals, événements culturels). Cette distinction nous offre davantage de souplesse dans la planification, nous permettant de faire évoluer notre offre plus rapidement et de manière plus agile, en phase avec les attentes du public.

Le décret vient également renforcer la structuration du secteur autour de la classification des films, avec des critères clarifiés relatifs aux âges, aux contenus et aux conditions de diffusion.Enfin, la mise en place d’un Registre national du cinéma constitue une étape importante vers la professionnalisation et la transparence du secteur, en améliorant l’organisation des relations entre exploitants, distributeurs et autorités.

Pensez-vous que ce nouveau cadre réglementaire puisse favoriser un retour plus marqué du public dans les salles obscures ?

Il est important de noter que la fréquentation des cinémas a connu une progression en 2024 par rapport à 2023 (le nombre de spectateurs est passé de 1,7 million en 2023 à 2,2 millions en 2024), traduisant un regain d’intérêt pour les sorties en salles.

Dans ce contexte, le décret peut contribuer à accentuer cette dynamique, en offrant la possibilité de diversifier plus facilement la programmation – un levier essentiel pour répondre aux attentes croissantes des spectateurs en matière de variété de contenus.

La clarification des classifications de films, à travers un cadre plus lisible, est également de nature à rassurer certaines catégories de public, comme les familles ou les jeunes.

Cela étant dit, au-delà du cadre réglementaire, le retour durable du public dépendra surtout de notre capacité à enrichir l’expérience en salle : qualité de l’accueil, confort, performance technique et propositions différenciantes.

Une programmation locale plus régulière et qualitative représente aussi un levier clé pour renforcer l’ancrage du cinéma auprès du public marocain. Chez Pathé, ces dimensions restent au cœur de notre stratégie de fidélisation.

Des dispositifs d’accompagnement – qu’ils soient financiers ou logistiques – sont-ils prévus pour soutenir la mise en œuvre de ces réformes ?

Le décret 2.25.484 ne prévoit pas directement de dispositifs financiers ou logistiques. Néanmoins, mais sont attendues dans le cadre de la réorganisation du CCM.

Plusieurs pistes ont été évoquées dans les annonces officielles et la presse spécialisée, dont des aides à la modernisation technique; des incitations à la programmation de films marocains ou à caractère culturel; une reconnaissance professionnelle renforcée avec la mise en place d’un Registre national et de cartes professionnelles, et d’un label «studio».

Ces soutiens restent à préciser dans le cadre du plan de mise en œuvre. Pour notre part, nous restons attentifs à l’évolution du cadre d’accompagnement et prêts à y participer activement.