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Archives LVE 1965. Le ski au maroc, de belles perspectives
Il y a 60 ans, le développement du ski au Maroc avait de beaux jours devant lui. Les arguments développés dans une étude confiée à la revue française «Le Ski» ne manquent pas de poids.
Le développement des sports d’hiver est devenu en Europe une activité économique non négligeable, puisque déjà les skieurs se comptent par deux ou trois millions et qu’évidemment, dans les trois décades à venir, ce chiffre sera multiplié par quatre ou cinq et même plus.
Mais les montagnes abritant des domaines skiables, susceptibles (par la durée et l’épaisseur de la neige et par l’importance de leur dénivelée) de permettre la pratique du ski moderne, sont relativement rares. En Europe, seules les Alpes, et à moindre degré les Pyrénées, possèdent ce privilège. Aussi, attirent-elles tous les amateurs, même ceux des pays lointains pourvus de montagnes skiables.
Le Maroc, situé tout près de l’Espagne, possède ce rare privilège (unique en Afrique et dans le bassin méditerranéen) d’avoir des domaines skiables de grande qualité qui, par l’épaisseur, la durée de leur enneigement et leurs dénivelées, sont comparables aux plus beaux des Alpes.
De plus, ce pays présente, aux yeux des Européens, le prestige de l’exotisme africain et surtout l’attrait irrésistible, pour les habitants des pays pluvieux et brumeux, d’être baignés d’un climat ensoleillé permanent.
Il n’est donc pas utopique de penser que, d’ici une décade, une organisation intelligente pourra chaque année recruter quelques dizaines de milliers de skieurs alpins, désireux pour une fois d’abandonner leurs neiges habituelles et d’aller, sous le soleil marocain, essayer l’efficacité de leur «christiania».
Aussi, une étude exhaustive et prospective du tourisme au Maroc se doit de signaler cette donnée et de l’examiner, même si elle ne peut porter des fruits qu’à longue échéance, car le développement massif du ski exige des investissements importants et coûteux, notamment :
– routes d’accès, adduction d’eau, électrification, remontées mécaniques, hôtellerie, et tout cela ne pourra être réalisé que très progressivement.
Mais on peut l’inscrire dans un plan à long terme et commencer à orienter notamment la mise au point d’un programme routier.
Il existe d’ailleurs dès maintenant une station bien équipée, celle de l’Oukaïmeden.
Créé par une équipe de pionniers vers les années 1942, situé dans le Haut Atlas dans le massif du Toubkal (4.165), l’Oukaïmeden (Ouka en abrégé) a son habitat à la cote à 2.600 m, tandis que les champs de ski s’étagent jusqu’à 3.300 mètres. Ces dernières années, les pouvoirs publics, conscients de l’avenir du ski au Maroc, ont consenti des investissements très importants, de l’ordre de plusieurs millions de dirhams pour en améliorer l’équipement.
Notamment une nouvelle route, longue de 25 km, est en voie d’achèvement. Cette route moderne ouvre largement l’accès de la station en remplaçant avantageusement la piste de descente ancienne, parfois vertigineuse. Le réseau électrique local, alimenté autrefois par un groupe autonome, est désormais interconnecté au réseau général grâce à une audacieuse ligne de haute montagne, longue de 30 km.
Enfin, pour compléter le tout, le dernier fleuron de l’équipement est un télésiège à grand débit, de 650 m de dénivelée, qui confère désormais à la station une classe internationale quant aux possibilités de ski.
Le télésiège mis en service en 1963 conduit de 2.650 à 3.300 m au sommet du Jbel Oukaïmeden, d’où l’on jouit d’une vue grandiose sur tout le massif du Toubkal. Ce télésiège, le premier d’Afrique, est un des plus hauts du monde.
Trois téléskis complètent l’équipement :
– un de 400 m de dénivelé (2.700 4.100),
– un de 150 m de dénivelé
– un de 50 m pour débutants.
Le massif du Moyen Atlas, lui, est aux environs d’Ifrane, une sorte de vaste plateau d’une altitude avoisinant 2.000 m. Pour les habitants de Fès, Meknès et Rabat, ce massif est une sorte d’école des neiges qui permet une bonne initiation au ski. Il abrite deux petites stations, surtout estivales : Ifrane et Azrou, qui offrent des ressources hôtelières très complètes.
En gros, le nombre de sites de la montagne marocaine susceptibles d’être équipés pour devenir une grande station de ski est de l’ordre de quatre à cinq.
Il faut en effet pour la pratique du ski trouver un domaine présentant une altitude élevée et un dénivelé important, de l’ordre de 800 à 1.000 m, un bon enneigement, des faces nord pas trop raides, mais des pentes raisonnables.
La Vie Économique

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