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1974, lancement de Maroc Investissement
Il y a 50 ans, créée par la BMCI, la première société privée d’investissement voit le jour. Pionnière des sociétés de Bourse, elle se propose d’amener de nouvelles couches de la population à participer à la vie économique de la nation.
La Banque marocaine pour le commerce et l’industrie a, depuis sa création, joué un rôle de premier plan dans les opérations d’investissement en valeurs mobilières. Grâce à ses efforts soutenus, à l’importance de son service titres, à sa prospection permanente auprès du public, elle a pu initier les particuliers marocains aux opérations de Bourse. En 1971, la première au Maroc, elle a ainsi lancé la formule d’épargne mobilière «Maroc Expansion». Le moment était donc venu de constituer une société d’investissement en valeurs mobilières compte tenu du succès remporté par Maroc Expansion et des possibilités offertes par le dahir du 2 mars 1973, portant marocanisation de certaines activités. Cette nouvelle société «Maroc Investissement» a connu dès son lancement un succès remarquable auprès des souscripteurs et elle est d’ores et déjà en mesure de jouer un rôle particulièrement actif dans les opérations de marocanisation, dans l’animation de la Bourse et dans les promotions de la petite épargne.
Dans une interview accordée à La Vie éco, Hadj Ahmed Bargach, président du conseil d’administration de la BMCI, explique : «Maroc Investissement» est la première société d’investissement privée qui vient après la création par la Société d’investissement des trois sociétés «Épargne rendement», «Épargne croissance» et «Épargne mobilière». Mais à la différence de ces sociétés qui s’adressent essentiellement aux banques et aux compagnies d’assurance, «Maroc Investissement» s’adresse aux épargnants, non plus seulement comme dans le cadre de «Maroc Expansion», pour les aider à se constituer un portefeuille d’actions cotées en Bourse, mais pour prendre des participations dans des affaires, qu’elles soient ou non cotées en Bourse. Il s’agit donc d’une véritable participation de couches nouvelles de la population à la vie industrielle et commerciale de la nation.
«Maroc Investissement» est régie comme les autres sociétés d’investissement par le décret royal du 22 octobre 1966 qui apporte de solides garanties aux actionnaires, en imposant des contraintes visant notamment à appliquer à ces sociétés des règles très strictes pour assurer la rentabilité des investissements effectués. «C’est ainsi que nous ne pouvons pas prendre de participation dans des affaires nouvelles, puisque nous ne pouvons pas acheter des titres de sociétés dont les trois derniers bilans n’ont pas été approuvés par leurs assemblées générales», explique-t-il. Et d’ajouter : «Il nous est interdit de la même manière d’acheter des titres de sociétés en liquidation ou en faillite en vue de les liquider à notre bénéfice, il nous est interdit d’acquérir des immeubles autres que ceux nécessaires à notre fonctionnement, il nous est interdit enfin d’exploiter ou de participer à l’exploitation de toute entreprise, ce qui ne nous empêche pas de pouvoir être membre de leur conseil d’administration».
La société a été constituée avec un capital de 5 millions de dirhams. 25%, soit 1.250.000 dirhams, seront consacrés à la constitution d’un portefeuille de fonds d’État et de valeurs cotées en Bourse. Le reste, soit 3.750.000 dirhams, servira à prendre des participations dans diverses sociétés, mais à deux conditions: ne pas participer à plus de 20% dans le capital d’une société et ne pas consacrer plus de 15% du capital à une participation dans une même société. De même, non seulement les risques sont extrêmement faibles, mais Maroc Investissement ne prend de participation qu’après une étude extrêmement poussée de la situation économique et financière de la société et des perspectives d’avenir qu’elle présente. Ensuite, notre critère pour décider ou non d’une prise de participation est la rentabilité et la bonne compétence de la gestion des affaires.
Cela dit, tout le monde pouvait souscrire à Maroc Investissement, mais celle-ci a voulu favoriser les souscripteurs de l’intérieur plutôt que ceux de Casablanca. C’est pourquoi, dans un premier stade, à la BMCI, seuls les sièges de province ont été autorisés à recevoir les souscriptions. Ce n’est qu’après que Casablanca a pu intervenir. Et on peut dire que Maroc Investissement a connu d’entrée un succès remarquable, puisque non seulement la souscription a été couverte dans les délais prévus, mais elle a largement dépassé le plafond fixé. Pour 5 millions de dirhams demandés, nous avons obtenu, en effet, 6.402.900 dirhams de souscriptions.

