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1924 : Le bel effort de la Compagnie marocaine
Il y a 100 ans, la Compagnie marocaine, créée en 1908, jetait les bases d’une agriculture moderne et extensive. L’agriculture s’industrialisait.
La Compagnie marocaine, la plus ancienne société anonyme installée au Maroc, qui participa à la construction du port de Casablanca et fonctionnant avec un capital de 20 millions, a pratiqué dès son arrivée au Maroc (en 1908) l’agriculture, base essentielle de toute colonisation. Ce fut d’abord dans les Ouled Saïd et les Ouled Ziane les rudimentaires installations de la ferme telle qu’on la concevait à ce moment-là.
En 1918, la Compagnie marocaine, tout en continuant l’exploitation de ses premières fermes, jetait les bases d’un domaine de grande envergure, devenu depuis le plus moderne et l’un des plus puissants de l’agriculture française au Maroc. Ce domaine a absorbé à lui seul un capital de plusieurs millions.
L’emplacement choisi est le vaste plateau situé entre la route de Casablanca à Rabat au nord et Camp Boulhaut au sud, avec l’oued Malleh à l’ouest et l’oued N’fifikh à l’est. La première installation (1918) s’étendait sur 800 hectares, elle est aujourd’hui de 2.000 hectares et d’un seul tenant.
Les constructions, en très bon état, ne rappellent guère les vieux villages français. Comparées à celles des fermes françaises, elles sont un peu ce qu’est un palais à une villa confortable, c’est-à-dire qu’elles ont les mêmes avantages avec en plus une coquetterie pratique un tant soit peu luxueuse, écuries, bergeries, logements ouvriers, hangars pour matériel et engrais, four pour cuisson du pain, aéromoteur, réservoir, etc., constituent un ensemble ultramoderne faisant de la ferme de Sidi Larbi l’établissement modèle qu’on souhaite voir imité, mais qui n’a jamais été surpassé au Maroc.
L’exploitation principale est un vignoble, le plus considérable au Maroc, qui s’étend sur 400 hectares, planté sur un défoncement à 0,60 m avec vignes greffées sur plants américains. La production est très importante, du fait qu’il s’agit de raisins à haut degré donnant des vins riches en alcool ou très sucrés, tout désignés par conséquent pour les préparations pharmaceutiques ou spéciales.
La vinification est assurée dans les meilleures conditions. Les directeurs de la ferme de Sidi Larbi ont vraiment tout prévu. Ils ont installé une centrale électrique qui assure la force motrice et la lumière à la cave comme à la ferme. La culture des céréales et des fourrages occupe la plus grande partie du reste du domaine. «Les labours et toutes les façons utiles apportés au terrain sont effectués en temps voulu à l’aide de plusieurs groupes de tracteurs et d’un matériel de labourage à vapeur, lesquels fonctionnent à plein rendement.»
Une cavalerie nombreuse assure les labours des vignes, les scarifiages et les ensemencements avec semoir. Les moissons sont presque entièrement faites par des moissonneuses à grande largeur accouplées derrière les tracteurs. Un puissant matériel de battage évacue rapidement les grains et la paille est hachée, broyée et mise en meule. elle forme avec les fourrages récoltés une importante partie de l’alimentation du bétail.
Le troupeau de moutons qui, au Maroc, est un adjuvant obligatoire de tout établissement agricole comprend ici environ 700 têtes. Il se nourrit de chaumes et parque successivement sur l’ensemble des terres de la ferme. Il comprend quelques géniteurs améliorés.
Le cheptel vif à l’heure où nous écrivons se complète de 400 bœufs et 100 mulets. Les rendements, en plein rapport comme ils le sont, peuvent être estimés, sans exagération, à 20.000 hectolitres de vin par an, 6.000 quintaux de céréales par an, 100 bœufs par an, 200 moutons par an.
Comme on le voit, les organisateurs géniaux de la propriété de Sidi Larbi ont su allier aux machines modernes les plus perfectionnées, l’économie, source de toutes les richesses. Ils ont dû, pour obtenir ce résultat, fournir un travail considérable, l’organiser judicieusement et immobiliser des capitaux énormes pour défricher, défoncer en quelques années, de vastes espaces couverts de «doums» qu’ils ont transformés d’abord en culture élémentaire améliorée progressivement chaque année. Le Petit Casablancais

CamScanner 04-10-2024 11.47
