Chronique
Information, communication ou propagande
Le métier de journaliste fait encore rêver les jeunes. Son attrait se délite, cependant, à cause de la perte de sens et de l’obligation, parfois, de n’amplifier que la voix de son maître. Sans réaction, les nuances entre information, communication et propagande finiraient par perdre leur évidence.
Je viens d’assister au 30ème anniversaire de la Copeam qui s’est déroulé à Montpellier du 26 au 28 avril. Copeam Conférence permanente de l’audiovisuel public en Méditerranée est une association qui réunit les radios et les télévisions du service public des pays du bassin méditerranéen.
Journalistes réunis pour réfléchir
Je ne veux pas faire, ici, le compte-rendu de la rencontre. D’une part, parce qu’une assemblée de journalistes et de professionnels de presse n’a, a priori, pas besoin qu’on lui fasse de la publicité, elle se suffit à elle-même pour cela.
D’autre part, car mon intention est celle d’attirer l’attention sur la démarche d’une organisation qui regroupe des professionnels des médias publics et de la culture pour essayer de réfléchir sur la manière de travailler ensemble, en bonne intelligence, pour le bien commun.
En l’occurrence, ici, de la Méditerranée. La rencontre réunissait, en effet, des journalistes et des professionnels de l’audiovisuel public de 27 pays du bassin méditerranéen, Nord, Sud et Est. Une autre occasion pour initier de potentielles futures collaborations.
Informer ou faire de la propagande
Tout semblait beau, jusqu’à ce que mon instinct d’amateur d’anthropologie sociale me pousse à observer les différences de comportements entre journalistes. Sans vouloir essentialiser, la différence sautait aux yeux entre ce qui «motive» les journalistes de la rive Nord de la Méditerranée et ceux de la rive Sud.
Cette différence est dans l’approche de l’exercice du métier de journaliste. Ces similitudes ou différences peuvent être résumées dans trois mots : information, communication et propagande.
Quand les uns font de l’information, d’autres font dans la communication sous forme d’éloge dithyrambique de leurs pays, jusqu’à ce qu’ils se décrédibilisent tout seuls, en finissant dans la propagande.
Oui, il est question de qualifier les motivations. Ne parlons même pas d’éthique, de déontologie ou de l’amour originel pour ce métier. Parlons de pourquoi un journaliste fait du journalisme ? Les motivations sont très diverses et changent visiblement selon les contextes. Mais au moins, il y a un socle commun, celui de vouloir informer, en enquêtant, en piochant, en creusant, en vérifiant…
Informer et rien de plus…
Il s’agit donc d’informer sans attendre de retour et sans faire de cette information un outil systématique de communication politique, et encore moins de propagande.
Pour avancer dans la bonne direction, ça ferait du bien au métier de journaliste de ne pas être constamment indulgent envers les journalistes quand il s’agit de parler de journalisme dans un journal.
Mais finissons toutefois sur une note positive. Critiquer certains types de journalisme dans un journal est déjà une forme de liberté d’expression. Guy Bedos disait : «Je croirais vraiment à la liberté de la presse quand un journaliste pourra écrire ce qu’il pense vraiment de son journal. Dans son journal.» C’est désormais chose faite, bien que je ne sois pas journaliste. La culture est la solution.
