Edito
Yalla… «Yallatif», cette billetterie de la CAN !
La solution informatique existe et n’avait qu’à être dupliquée, voire réajustée aux évolutions technologiques constantes. Il est donc inconcevable de la voir fonctionner ailleurs et se planter chez nous.
Au final, c’est un fiasco ! L’application «Yalla» dédiée aux supporters attendus pour la Coupe d’Afrique des Nations a finalement tourné au désastre.
Attendue déjà l’été dernier, elle n’a finalement fait son apparition que la semaine dernière, alors que le compte à rebours est déjà lancé pour cette fête continentale, prévue pour le 21 décembre.
Déjà reporté de quelques semaines, le lancement officiel de la vente des billets pour les 52 matchs a été magistralement raté. Lenteurs, bugs, dysfonctionnements…, l’obtention d’un Fan ID a tourné au parcours du combattant et nombreux sont les utilisateurs qui n’ont pas pu en venir à bout.
Pourtant, le concept est simple comme un code binaire et a déjà fait ses preuves dès sa première apparition à l’occasion de la Coupe du monde 2018, tenue en Russie.
Il consiste à s’identifier pour décrocher une identité numérique de spectateur, sésame incontournable pour prétendre à acheter un billet pour assister aux matchs de la compétition. Lequel permet d’enclencher une procédure simplifiée pour l’obtention du visa d’accès au pays.
La solution informatique existe donc et n’avait qu’à être dupliquée, voire réajustée aux évolutions technologiques constantes. Il est donc inconcevable de la voir fonctionner ailleurs et se planter chez nous.
Et n’allez pas croire au manque de moyens : cette édition de la CAN a atteint des sommets en matière de recettes de sponsoring.
Cette hérésie digitale ouvre forcément la voie à une série de questions auxquelles la Confédération africaine de football (CAN) et la Fédération marocaine de football (hôte de l’événement) sont censées répondre: Qui a développé cette application ? Pour quel coût, et dans quel délai ? A-t-elle été testée et convenablement dimensionnée ?
Il faut courir plus vite que Hakimi sur l’aile de la transparence pour espérer des explications au sujet de ce système d’identification peu fonctionnel, voire désastreux.
À se demander si toutes ses défaillances ne sont pas préméditées pour faire fuir les fans et maximiser le champ du marché noir très lucratif de la billetterie.
Car il est évident que la demande sur les tickets de la CAN, particulièrement les matchs des Lions de l’Atlas, sera plus importante que jamais, au vu de l’ampleur de l’événement, mais aussi de l’effet découverte des nouveaux stades réaménagés avec une palette d’offres enrichie en formules loges et hospitality.
Alors que le Royaume est au firmament de sa gloire footballistique en termes d’exploits sportifs, d’infrastructures impressionnantes, de représentativité influente dans les instances internationales, il semble rester coincé dans la préhistoire de la digitalisation quand il s’agit de numériser cette billetterie.
Une défaillance élémentaire et surtout intolérable pour un pays qui se prévaut faire du digital un secteur d’avenir et qui a été (un temps) un cas d’école en matière de libéralisation et de modernisation du secteur des télécoms.
Désolant de constater ce nouveau couac, alors que l’on pensait avoir franchi bien des étapes et avoir inauguré une nouvelle ère du football marocain. Yalla !
Y a moyen de se ressaisir avant 2030 !
