SUIVEZ-NOUS

Edito

Sahara : En attendant la reconnaissance algérienne !

Ce tournant historique dans la position israélienne quant au Sahara est une sorte d’alignement sur la nouvelle vision des partenariats et alliances stratégiques que se fixe le Royaume.

Publié le


Mis à jour le

C’est acté ! Israël vient de reconnaître officiellement la souveraineté du Maroc sur son Sahara. L’annonce a été faite via une lettre envoyée au Roi Mohammed VI par le Premier ministre de l’État hébreu. Une correspondance diplomatique, qui fera date, où Benyamin Netanyahu donne toutes les implications à cette décision : reflétée dans tous les actes pertinents du gouvernement israélien et transmise aux organisations régionales et internationales. Même l’ouverture d’un consulat d’Israël dans la ville de Dakhla est sérieusement envisagée.
Cette reconnaissance israélienne est l’acheminement normal de l’accord historique tripartite Maroc – Israël – USA signé en décembre 2020. Un accord qui sera encore plus consolidé alors que nombreux ont cherché à le décrédibiliser, voire à le torpiller au lendemain de la succession à la Maison Blanche. En vain. Tout comme cette idylle diplomatique avec Israël que les médisants veulent tuer dans l’œuf, profitant de la moindre friction ou regain de tension dans les territoires palestiniens.
Par rapport à la cause palestinienne, la diplomatie marocaine se garde bien de la mettre dans la balance quand il s’agit de son alliance avec Israël. Les positions du Maroc sont «claires et constantes», ne cesse de marteler le ministre des Affaires étrangères. Comprenez : le Royaume reste en faveur de la solution à deux États, sur la base des frontières de 1967 avec Al-Qods-Est comme capitale de la Palestine. Nulle marge de surenchère…
Ce tournant historique dans la position israélienne quant au Sahara est une sorte d’alignement sur la nouvelle vision des partenariats et alliances stratégiques que se fixe le Royaume. Notre cause nationale «est le prisme à travers lequel le Maroc considère son environnement international», comme l’a fermement signifié le Souverain dans un récent discours. Le Maroc attend plus d’engagement de la part de ses alliés, plus de soutien pour son intégrité territoriale. Plusieurs pays de la région ont saisi la portée de la nouvelle politique étrangère du Royaume et ont clarifié leur position quant à notre cause nationale, notamment en affichant leur soutien à la proposition d’autonomie marocaine.
L’étau sur la fantasmagorique RASD se resserre : 84% des États membres de l’ONU ne reconnaissent pas ce pseudo- État, dont l’exclusion de l’Union africaine n’est d’ailleurs qu’une question de temps. La liste des soutiens du Royaume ne peut qu’aller en s’allongeant, tandis que les axes de nuisance périclitent. Il reste néanmoins désolant que des alliés traditionnels du Maroc rechignent à faire évoluer leur position quant à ce dossier stratégique. Le cas de la France qui résiste à suivre la marche de l’Histoire, entre autres pour ménager l’Algérie, est sans doute celui qui fait le plus jaser sur les deux rives. Et particulièrement dans l’Hexagone où une bonne partie des décideurs reste ahurie de voir l’Élysée camper sur cette position désuète.
La légitimité, la raison et le pragmatisme finiront bien par le remporter. La reconnaissance de la souveraineté marocaine sur le Sahara par la France finira par arriver. Pourvu que ça n’intervienne pas trop tard. Comprenez après la reconnaissance par l’Algérie elle-même. Car cela aussi finira par arriver… Via une solution politique ou par sa «continuation d’autres moyens», comme disait Clauswitz.