Edito
PJD : Incontinence verbale qui cache l’aveu d’échec
Le PJD voit le mal partout ! Là où les entreprises nationales développent du savoir-faire, créent de la richesse et s’attellent à exporter leur expertise, les politicards de l’ère de la lampe soupçonnent des conflits d’intérêts ou de la législation sur mesure.
Dégagé par les urnes, le Parti de la justice et du développement (PJD) n’arrive toujours pas à digérer sa débâcle électorale. Pour compenser la voix minoritaire et inaudible de sa douzaine d’élus, ses leaders (ou ce qui en reste) tentent d’occuper l’espace médiatique en distillant un discours vindicatif, haineux, chargé d’accusations infondées et de raccourcis pour détourner et diaboliser l’action gouvernementale. Sauf que cette approche du parti islamiste est désuète. Non seulement elle ne trompe plus personne, mais elle révèle la stérilité du PJD, son incapacité à se renouveler, que ce soit en termes de discours ou en figures de proue. Une nouvelle démonstration en a été faite cette semaine à travers une conférence de presse ahanante.
En axant sa thématique autour du mi-mandat du gouvernement, le PJD donne l’impression de vivre dans une faille spatio-temporelle. Alors qu’elle avait raté ces rendez-vous pendant les dix ans passés aux commandes, la formation politique a voulu griller la politesse au Chef du gouvernement pour l’exercice du bilan à mi-chemin de la législature, comme prévu par la Constitution. À la veille d’une intervention programmée au Parlement d’Aziz Akhannouch (avant d’être reportée), le trio des islamistes aux commandes de ce navire à la dérive qu’est le PJD – d’où d’ailleurs plusieurs lieutenants ont sauté dans les canaux de sauvetage – s’est livré à son habituel réquisitoire pour casser du «gouvernement».
Les têtes n’ont pas changé, l’aigreur du discours non plus, mais entre les lignes, c’est un aveu de faiblesse qui se dévoile. Ils marmonnent encore sous leurs barbes de la sémantique politicienne réchauffée, comme le taghawoul, là où les analystes politiques avisés relèvent une cohérence de la majorité gouvernementale qui agit de concert. Les islamistes se plaignent de la célérité du gouvernement dans la conduite de cette réforme révolutionnaire que représente la généralisation de la couverture médicale. Pis encore, ils y voient une faveur accordée à un supposé cartel de cliniques privées.
C’est que le PJD voit le mal partout ! Là où les entreprises nationales développent du savoir-faire, créent de la richesse et s’attellent à exporter leur expertise, les politicards de l’ère de la lampe soupçonnent des conflits d’intérêts ou encore de la législation sur mesure. Leurs accusations lancées en l’air au sujet d’enrichissement illicite ou allégations à propos d’abus de pouvoir sont une insulte à une bonne partie des institutions du Royaume…
Bien entendu, dans leur incontinence verbale, les dirigeants PJD pataugent eux-mêmes dans leurs échecs, leurs incohérences, comme cette distinction faite par Abdelilah Benkirane, le tribun en chef sorti de sa retraite dorée, entre son mandat et celui de son successeur. Ou encore ce réquisitoire nauséabond d’Abdellah Bouanou pour justifier une gifle électorale qui les a mis KO.
Victimisation, accusations, démagogie…, le PJD continue de faire du PJD, alors qu’il ferait mieux de sortir un nouveau tour de son chapeau de djellaba. Car, pendant ce temps, le Maroc se modernise, le Maroc se développe, le Maroc suit un cap fort heureusement mieux éclairé et avec plus de visibilité que cette lanterne pjdiste qui a tout perdu de sa lueur.
