Edito
Le tourisme, c’est aussi une affaire de liberté !
L’essor du tourisme est l’affaire de tous. La preuve, il y a bien des pays qui ne disposent même pas de ministère dédié…
Ramadan, c’est fini ! Le soleil est là ! Et il y a comme un petit air de vacances qui fait monter le mercure…
Le tourisme devient alors un sujet ! En fait, il l’est devenu depuis quelques semaines déjà. Car c’est l’année de toutes les opportunités, l’année qu’il ne faut pas rater: l’année où le Maroc peut véritablement prendre en main son destin de pays touristique. La marque Morocco a brillé de mille feux durant l’événement le plus suivi de la planète: la Coupe du Monde 2022, avec nos Lions de l’Atlas qui ont fini dans le dernier carré. «130 millions d’interactions avec les contenus Maroc ont été recensées sur les réseaux sociaux», a souligné le Chef du gouvernement lors de son intervention, mardi 25 avril, devant les membres de la Chambre des conseillers.
«Les décideurs et les leaders d’opinion représentent 40% des personnes qui ont évoqué le Royaume sur un ton positif», a poursuivi Aziz Akhannouch, évoquant l’exploit retentissant de l’équipe nationale qui a donné une visibilité inespérée à la destination Maroc. Conscient de ce momentum Maroc, l’Exécutif a érigé le tourisme en axe stratégique.
«Il ne s’agit pas d’une politique sectorielle, c’est une priorité gouvernementale à laquelle toutes les composantes œuvrent pour sa réussite», a martelé Akhannouch devant les élus. Bien avant l’annonce d’une (très) probable organisation du Mondial 2030, le ministère de tutelle avait conçu une feuille de route cohérente. Les moyens prévus sont considérables (6 milliards de dirhams), les objectifs sont réalisables (17,5 millions de touristes pour 120 milliards de dirhams de recettes) et surtout, l’échéance est responsable (2026, soit à la fin du mandat gouvernemental).
La déclinaison de ce plan stratégique à moyen terme est en train de prendre forme avec un Office du tourisme qui se démène sur tous les fronts. Car visiter le Royaume millénaire devient une tentation pour des dizaines de millions de touristes potentiels, que l’on doit être capables de convertir en actes. Les conditions: trouver d’abord un siège d’avion et un lit d’hébergement à des tarifs adaptés, comme le disaient les hôteliers de l’ancienne génération.
Mais il y a aussi tout ce qui va avec : mobilité, restauration, animation pour toutes les bourses… Bref, toutes ces composantes indispensables constituent une expérience de vie de laquelle on sort des étoiles pleines les yeux, rechargés en ondes positives et en valeurs universelles, notamment celle de la tolérance. Vendre la meilleure image du Maroc aux visiteurs étrangers passe néanmoins par réconcilier les Marocains avec leur tourisme.
Au-delà des produits adaptés, il s’agit de faire sauter les verrous qui mettent sous scellé le potentiel de ce tourisme interne. Pourquoi priver un touriste marocain d’une boisson alcoolisée jusqu’au troisième jour de l’Aid, alors que c’est toléré le reste de l’année ? Quelle logique explique le refus à une Marocaine de passer une nuit dans un hôtel situé dans sa ville de résidence, alors qu’elle peut tout à fait passer par Airbnb ? A quoi bon demander l’acte de mariage à deux adultes consentants désirant partager cette même chambre d’ailleurs ? Il s’agit là de réflexes dépassés, hérités d’un autre âge, mais qui ont des incidences, même si les Marocains ont trouvé mille et une astuces pour contourner ce genre de désagréments.
Le ministère de la Justice en est conscient et ne cesse de promettre des réformes, notamment dans le Code pénal. Quand elles seront effectives, la notion d’un gouvernement qui œuvre en toute cohérence et avec toutes ses composantes pour le tourisme prendra tout son sens. L’essor du tourisme est l’affaire de tous. La preuve, il y a bien des pays qui ne disposent même pas de ministère dédié…
