Edito
Le sérieux pour consolider les piliers de l’État social
L’équipe Akhannouch travaille avec ce sérieux voulu par le Souverain et a déjà accompli la prouesse de rattraper les déboitements d’anciens gouvernements doués à vendre la démagogie.
N’en déplaise à ceux qui veulent entendre des chefs d’État débiter des inepties à profusion, quand le Roi Mohammed VI s’adresse à son peuple, c’est pour marquer le coup… C’est pour marquer l’Histoire ! Son dernier discours tenu devant le Parlement, à l’occasion de l’ouverture de la troisième année de la 11e Législature, qui sera marquante, a été résolument social. À juste titre d’ailleurs.
Tant d’aléas sont venus souffler un vent d’incertitude sur le climat social durant cette année qui a démarré en catastrophe et qui s’achemine vers une fin en apothéose. La guerre en Ukraine et ses répercussions sur le marché des matières premières, les changements climatiques avec cette sécheresse qui n’en finit pas, les perturbations dans les chaînes logistiques mondiales… l’ensemble a évidemment conduit à une poussée inflationniste qui s’est installée sur une nouvelle base, sur de nouveaux prix de référence. C’est ainsi, il va bien falloir s’y habituer…
Cette atmosphère qui drape l’économie mondiale a donné même naissance au concept de «Permacrisis» (crise en permanence), ayant fait l’unanimité chez les financiers de la planète réunis à Marrakech pour les assemblées BM-FMI. Elle n’a pas bridé pour autant l’élan de réformes sociales amorcé par le Royaume. L’Exécutif a mis les bouchées doubles pour accélérer des chantiers d’envergure, pour ne citer que le titanesque dossier de généralisation de l’assurance maladie. L’équipe Akhannouch travaille avec ce sérieux voulu par le Souverain et a déjà accompli la prouesse de rattraper les déboitements d’anciens gouvernements plus doués à vendre la démagogie en gags que de passer à l’action constructive.
C’est dans cet environnement que le discours du Roi Mohammed VI consacre cet État social. Il vient quelque part énoncer un triptyque qui se veut le prolongement de celui qui fait l’unité et la cohésion du Maroc. Dieu, Patrie et Roi font notre socle… Et les valeurs religieuses, nationales et de solidarité en sont la déclinaison dans notre société et qui ont hissé le Maroc en tant que modèle reconnu dans le concert des Nations. Ces valeurs, le Souverain les a mises en exergue dans un discours annonciateur d’une année législative où les chantiers sociaux devraient connaître une nette accélération. D’ailleurs, quelques jours avant l’ouverture du Parlement, le Roi a chargé le Chef du gouvernement de mener la concertation nationale au sujet de la réforme du Code de la famille. Et quelques jours après, Sa Majesté a présidé une séance de travail qui révolutionne l’accès au logement pour les Marocains (voir p. 6).
Les aides directes viennent désormais remplacer les dérogations fiscales accordées aux promoteurs immobiliers, une dépense fiscale qui avait d’ailleurs montré ses limites depuis des lustres. Mais surtout, c’est un prélude au nouveau paradigme qui prévaut désormais dans le ciblage des aides accordées aux citoyens. C’est que le Registre social unifié (RSU), en cours de déploiement, viendra lui aussi dans les mois à venir rendre plus efficientes les dépenses sociales au profit des plus démunis. Un autre chantier amorcé par un Roi visionnaire qui inspire le développement de son pays par l’action des réformes plutôt que de verser dans les palabres…
