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Edito

Gigafactories, batteries & max d’énergie

Production, stockage, transport…, le Maroc est effectivement dans le circuit : son énergie lui permet de gagner en souveraineté et de disposer de moyens à la hauteur de ses ambitions.

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Faible, en recharge, pleine charge…, la batterie c’est de l’énergie, il va sans dire ! Votre smartphone vous l’a déjà fait comprendre… «Attaqa tamina, 7afidou 3alayha !», disait un spot télévisé – un must du kitsch des eighties – de sensibilisation quand le Royaume avait du mal à se payer du fuel à brûler pour le transformer en électricité, dans la centrale ONE adjacente au port de Mohammédia.

La facture énergétique est restée d’ailleurs un fardeau pour notre balance de paiement jusqu’à une époque récente. Jusqu’à ce que la clairvoyance d’un Souverain nous permette d’inverser le circuit, de brancher le Royaume sur le câble des énergies renouvelables abondantes chez nous : soleil et vent, que l’on dénigrait dans nos contrées de «Chi7 we Ri7», sont devenus des atouts précieux.

Éoliennes tournent à fond et plaques solaires chauffent à brûler…, de quoi produire de l’électricité à en revendre. Mais pour justement la revendre, il fallait bien trouver le moyen de la stocker et de la transporter. Et c’est là que le génie marocain et sa capacité d’anticipation, d’adaptation et d’intégration de chaînes de valeur interviennent aujourd’hui de manière à nous permettre de nous positionner comme futur hub énergétique avec lequel il faut compter.

En témoignent quelques annonces et faits observés cette semaine. Ryad Mezzour, ministre de l’Industrie et du commerce, l’a révélé au cours de la Conférence-débat de «La Vie éco» : «La première cellule qui sortira de l’usine de Gotion High Tech à Kénitra en juin 2026 a déjà été commandée», affirme le responsable gouvernemental, confiant de l’émergence de tout un écosystème de batteries électriques.

Et il a bien raison lorsqu’on voit les hauts responsables du groupe chinois CNGR faire le déplacement pour s’enquérir de leur future gigafactory développée en joint-venture avec Al Mada à Jorf Lasfar. Sur ce même site, Falcon Energy vient d’annoncer un rapprochement avec une filiale d’Innovx pour se fournir en acide fluorhydrique, intrant pour la confection des anodes destinées aux batteries électriques.

Ajoutons à cela l’approbation par la Banque mondiale du Morocco Energy Storage Testbed Project, un projet pilote de stockage d’énergie par batterie, développé par Masen à Ouarzazate. Enfin, il y a cette annonce du projet de construction d’une ligne électrique de 1.400km reliant le sud et le centre du Royaume, dans le cadre du mégaprojet impliquant l’émirati Taqa, Nareva, FM6I et l’ONEE.

Ce big deal implique au-delà du transport d’électricité, des projets structurants dans le dessalement, le transfert de l’eau, en plus des énergies renouvelables, pour un montant d’investissement dépassant les 130 milliards de dirhams. Production, stockage, transport…, le Maroc est effectivement dans le circuit : son énergie lui permet de gagner en souveraineté et de disposer de moyens à la hauteur de ses ambitions.