SUIVEZ-NOUS

Edito

Farniente, vacances et stratégie

Un touriste n’est plus une «place d’avion et un lit d’hôtel» comme le disaient les anciens du secteur qui se sont peut-être trop reposés sur leurs lauriers.

Publié le


Mis à jour le

Il fait chaud, une brise de vacances plane dans l’air, les plages sont bondées, les places d’avion low-cost deviennent aussi chères que celles des lignes régulières, les MRE sont de retour… la saison touristique estivale bat son plein, avec des records inédits en termes de temps de passage. L’ère «covidienne» avec ses restrictions de taux de remplissage, d’accès aux frontières, de distanciation est définitivement derrière nous, comme si elle n’avait jamais existé.

Cette embellie constatée pour un secteur sous perfusion depuis le déclenchement de la crise sanitaire a de quoi redonner espoir aux opérateurs. Les performances dépassant celles de l’année-référence 2019 ont permis de rassurer quant aux perspectives et aux objectifs fixés pour les années à venir. Une nouvelle feuille de route avec un nouveau paradigme vient cadrer et donner le tempo à cette nouvelle dynamique que l’on espère être durable.

D’autant qu’elle intervient au lendemain d’une campagne de communication pour le Royaume inespérée et quasi gratuite. La prestation des Lions de l’Atlas au Mondial du Qatar 2022 (demi-finalistes) a fait que le Maroc clignote dans tous les radars des voyagistes. Du moins, elle a permis d’en finir définitivement avec cette confusion stéréotypée entre Monaco et Morocco…
Maintenant que la planète connaît l’adresse d’un Royaume fier de son identité, de ses atouts naturels, de sa richesse et diversité culturelle, décideurs et opérateurs se montrent déterminés à mettre toutes les chances de leurs côtés.

L’objectif étant évidemment de convertir l’intention de découvrir le Maroc en acte de consommation de voyage. Avec si possible un retour d’expérience qui permet non seulement de réaliser un meilleur taux de «revisite», mais de faire des touristes de passage les premiers ambassadeurs pour la destination. Sur ce registre, il reste fort à faire. Car un touriste n’est plus une «place d’avion et un lit d’hôtel» comme le disaient les anciens du secteur qui se sont peut-être trop reposés sur les lauriers des performances réalisées avec les tour-opérateurs et leurs charters de visiteurs low-cost.

Si ce genre de touristes reste un socle important sur lequel peut reposer l’activité, la nécessité d’élargir l’offre de manière à s’adapter aux nouvelles habitudes de voyage est plus qu’évidente.

Les vacances prolongées deviennent par exemple un luxe que seule une minorité peut désormais se permettre. Les voyages court séjour et récurrents risquent de prendre le dessus dans les années à venir. Capter cette nouvelle demande requiert l’élaboration d’une offre globale incluant d’autres composantes encore à développer.

Dans cette stratégie globale du développement du secteur, il ne faut pas perdre de vue le tourisme national. Certes l’international est d’envergure stratégique dans la mesure où il est pourvoyeur de devises, mais le local est un filet de sécurité qui permet d’amortir les chocs des crises exogènes. La démonstration en a été faite à plusieurs occasions. Il ne faut donc surtout pas rater celle d’un renouveau pour le secteur afin de réadapter l’offre du tourisme local aux besoins spécifiques et à toutes les bourses.