SUIVEZ-NOUS

Edito

Diversité culturelle et unité nationale

Révolu le temps où le Maroc ne se sentait pas trop à son aise avec son identité plurielle. Il fut une ère où la première phrase du manuel scolaire d’histoire au primaire énonçait crûment que «les premiers habitants du Maroc sont des Berbères».

Publié le


Mis à jour le

Le 14 janvier 2024 fait date. C’est la première fois que le Maroc célèbre officiellement le Nouvel An amazigh. Il est désormais jour de fête nationale, chômé et payé… Ainsi en a décidé le Roi Mohammed VI qui depuis son intronisation consacre une attention particulière à la préservation de l’identité amazighe du Royaume.

C’est donc le prolongement d’un processus lancé il y a un peu plus de deux décennies à travers le discours historique d’Ajdir. Depuis, une dynamique s’est enclenchée pour réconcilier progressivement les Marocains avec leur histoire, leur patrimoine culturel et identitaire. La langue amazighe a effectivement fait son entrée à l’école en 2004 avec l’adoption de l’alphabet Tifinagh. Dans la Constitution de 2011, elle a été reconnue comme langue officielle du Royaume et une loi organique, promulguée en 2019, est venue encadrer sa généralisation dans l’administration.

Révolu ainsi le temps où le Maroc ne se sentait pas trop à son aise avec son identité plurielle. Il fut une ère où la première phrase du manuel scolaire d’histoire au primaire énonçait crûment que «les premiers habitants du Maroc sont des Berbères» avant d’enchaîner sur la série des dynasties musulmanes, en commençant par l’arrivée de Moulay Idriss.

C’était une manière de résumer en une phrase triviale des millénaires d’histoire de cette terre où l’on a œuvré pendant longtemps à assimiler et à arabiser la population.

Sauf que le Maroc n’a jamais perdu son authenticité et n’a jamais renié ses racines. Que l’on parle de Fassis, de Soussis, de Marrakchis, de Sahraouis, de Bidaouis, de Meknassis et de tant d’autres, le Marocain reste ce même Marocain, fier de ses origines. Mais aussi de la diversité ethnique, culturelle, de ce pays où règnent la tolérance et la stabilité. Et c’est en embrassant les diffé-rentes facettes culturelles qui coexistent dans le pays que l’identité nationale se voit renforcée.

Aussi utile de rappeler que la diversité culturelle est un pilier fondamental de la cohésion sociale, de la prospérité économique et de l’enrichissement intellectuel. Préserver et célébrer ce pluralisme contribue à créer une société dynamique, équilibrée et ouverte sur le monde. Elle alimente l’innovation, favorise l’harmonie sociale et enrichit l’éducation.

L’unité nationale au Maroc a toujours reposé sur la reconnaissance et le respect de la diversité, l’engagement envers des valeurs communes ainsi que la gestion efficace des défis nationaux. Elle constitue sans aucun doute une des principales forces de notre Royaume au point de le hisser en exemple de coexistence harmonieuse dans la région. Avec toutes ses forces vives, il continuera de progresser, de se développer et de prospérer, tout en assumant son histoire et en célébrant sa culture plurielle.