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Edito

Développement humain et État social

En poursuivant sur cette voie de consolidation des socles de l’État social, le Royaume, qui a réalisé un rythme de progression assez soutenu ces dernières décennies (supérieur à la moyenne des États arabes), est assuré d’améliorer son classement dans l’IDH.

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Le Maroc y est presque ! Encore deux marches à gravir pour rejoindre le peloton des pays à développement humain élevé, selon le classement de l’indice de référence du PNUD en la matière : ce fameux indice de développement humain (IDH) où le Royaume a toujours eu du mal à faire bonne figure. C’est que la notation de notre pays reste plombée par une insuffisance de la croissance économique et le retard en matière d’instruction de la population. Deux critères significatifs dans la longue liste des composantes des sous-indices de l’IDH qui n’est autre qu’une moyenne d’une panoplie de critères focalisés sur les trois dimensions que sont l’espérance de vie, l’accès à l’éducation et le revenu combiné à une qualité de vie décente.

Le bond réalisé par le Maroc dans le classement de cette année est assez important pour mériter que l’on s’y attarde. En gagnant trois places, il réitère la performance de l’année 2018 quand il est passé du 124e au 121e rang, avant de commencer à perdre une place dans le classement chaque année jusqu’en 2021. Sur la base des chiffres de 2022, le Royaume reprend du poil de la bête pour s’installer au 120e rang sur les 193 pays figurant dans ce classement onusien.

Cette prouesse, il la doit principalement à l’amélioration de deux indicateurs que sont l’espérance de vie et la durée attendue de scolarisation, alors que le revenu national brut par habitant et la durée moyenne de scolarisation continuent de freiner l’élan. C’est ce qui vaut au Royaume de figurer à ce rang, ex aequo avec la Bolivie et coincé entre ce minuscule pays de Micronésie qu’est le Nauru (122e) et le Venezuela (118e).

Néanmoins, les réformes engagées dans le cadre du projet royal de l’État social, pilotées habilement par une majorité gouvernementale homogène, sont à même d’accélérer la cadence. La généralisation de la protection sociale implique forcément un meilleur accès aux soins pour tous les Marocains. La réforme engagée dans le secteur de l’Éducation nationale, de son côté, est à même d’améliorer les indicateurs de performance dans son domaine, notamment cette durée moyenne de scolarisation au Maroc qui reste figée à 6,1 ans. Il y a aussi ces aides directes et ciblées qui servent de filets sociaux à la population la plus vulnérable.

En poursuivant sur cette voie de consolidation des socles de l’État social, le Royaume, qui a réalisé un rythme de progression assez soutenu ces dernières décennies (supérieur à la moyenne des États arabes), est assuré d’améliorer son classement dans l’IDH. D’autant plus qu’en termes de prospérité, le pays vient de poser les jalons d’un climat d’affaires à même de lui assurer une croissance plus soutenue. Les retombées de la Charte de l’investissement et les nouveaux secteurs en développement auront certainement un impact sur le revenu national brut. Mais le coup d’accélérateur doit provenir d’une meilleure approche de l’égalité entre hommes et femmes. C’est là un autre point nodal qui impacte le classement du Royaume en matière d’IDH. Le dépasser nous propulsera forcément dans la catégorie des pays à développement humain élevé. On ne va pas toujours rester derrière le Belize, Kirghizistan et les îles Samoa…