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Edito

De Maroc Vert à l’Hydrogène Vert

En cette même année 2008, une autre révolution tranquille s’opérait au sein d’un établissement public stratégique. L’Office Chérifien des phosphates se muait en société anonyme, amorçant ainsi une phase de développement phénoménal.

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Flash-back, avril 2008. Le Plan Maroc Vert, feuille de route pour le secteur agricole, venait alors d’être présenté au Souverain. «Encore un de ces fameux plans stratégiques aux ambitions fantasmagoriques», se disaient les sceptiques de l’époque, échaudés par l’échec cuisant du Plan Azur pour le tourisme ou encore le Plan Émergence pour l’industrie, lancés quelques années auparavant.

À leur décharge, il était peu imaginable d’anticiper les retombées de ce PMV qui a été déterminant pour assurer une certaine souveraineté alimentaire au Royaume au firmament de la crise sanitaire du Covid, mais aussi en temps de disette, avec la succession d’années de sécheresse. N’en déplaise aux médisants qui lui feront porter le chapeau et le parapluie du stress hydrique que subit le Royaume…

En cette même année 2008, une autre révolution tranquille s’opérait au sein d’un établissement public stratégique. L’Office Chérifien des phosphates se muait en société anonyme, amorçant ainsi une phase de développement phénoménal.

De l’optimisation de l’extraction et l’acheminement de la roche des phosphates, à sa valorisation en engrais, en passant par la maîtrise de la chaîne des intrants, OCP SA a émergé comme la multinationale marocaine avec laquelle la planète doit désormais composer pour sa sécurité alimentaire.

Mieux encore, OCP Group est aujourd’hui le porte-emblème du Royaume en termes de recherche, développement et innovation, à travers diverses structures académiques, industrielles et même financières… C’est ainsi que l’on retrouve légitimement ce mastodonte au cœur d’une des stratégies les plus prometteuses du Maroc de demain.

Il est partenaire d’Engie pour le développement de projets pour la production d’ammoniac vert, une des applications industrielles de l’hydrogène vert, mais développe également un électrolyseur (pour pallier l’intermittence des énergies renouvelables) avec Chariot Energy et Oort Energy via les laboratoires de l’UM6P, l’université qui prépare des ressources humaines hautement qualifiées en la matière.

Dans cette énergie du futur, le Royaume vient de franchir une étape importante. L’Offre Maroc en matière d’hydrogène vert est en cours de concrétisation avec la sélection récente de cinq projets qui devraient totaliser plus de 32 milliards de dollars d’investissement. L’approche adoptée pour le pilotage de ce chantier démontre bel et bien que le Maroc est entré de plain-pied dans une nouvelle génération de visions stratégiques.

Le gouvernement prend le soin de préparer la politique en la matière, au lieu de se précipiter en déroulant le tapis rouge au premier venu. Le Royaume est en passe de lancer un écosystème industriel et énergétique aussi intégré que diversifié. Son mode opératoire séduit et a attiré une quarantaine d’investisseurs potentiels, avec un processus de sélection qui témoigne d’une maturité et habilité stratégique digne d’un pays qui compte peser dans la carte énergétique du futur.

Ce mode de déploiement promet un succès retentissant de cette vision stratégique dont les effets se ressentiront dans les prochaines années. Une nouvelle réalisation qui ne sera pas non plus épargnée par les mauvaises langues, arrosées d’expertises farfelues, qui trouveront toujours à redire…