Edito
Après la CAN, les stades fantômes ?
N’est-ce pas l’occasion d’instaurer une sorte de Fan ID pour les supporters du Championnat, de manière à les identifier et à prévenir tout acte de vandalisme ?
Ça va mieux ! Beaucoup mieux ! La pilule est passée depuis cette soirée cauchemardesque du 18 janvier. La finale de la Coupe d’Afrique perdue fait désormais partie du passé.
Et même la tension, entre le Maroc et le Sénégal, qui avait débordé du cadre sportif s’est apaisée. D’abord, grâce à la sagesse d’un Souverain qui a remis les pendules à l’heure, à travers un communiqué du Cabinet royal.
Et puis, en activant le plus évolué des mécanismes de coopération bilatérale: la Grande Commission mixte de coopération Maroc-Sénégal, qui a tenu sa 15e session en début de semaine, sous la présidence des chefs de gouvernement des deux pays.
Les intérêts stratégiques entre les deux États et leurs liens culturels séculaires sont bien plus forts pour qu’ils soient brisés par le déroulé d’un match de football qui n’a pas tourné rond. La CAF a d’ailleurs prononcé son verdict et il faut désormais l’accepter en tout fair-play. Les affaires reprennent…
Notre Botola Pro a elle aussi repris après la fin de cette Coupe d’Afrique. Et en toute logique, les nouveaux stades qui ont été construits ou rénovés pour la compétition devaient commencer à accueillir les supporters des équipes du Championnat national.
Nombreux parmi ces derniers frétillaient d’impatience de découvrir ces nouvelles infrastructures, sachant qu’ils n’ont pas pu le faire lors de la CAN, en raison, entre autres, de la gestion calamiteuse de la billetterie de cette compétition.
Et ils ont été encore une fois déçus: les Autorités ont décidé par exemple de garder le stade de Tanger fermé, tandis que le stade flambant neuf Al-Barid, à Rabat, a accueilli un match quasiment à huis clos.
De nombreux fans du Raja, qui ont fait le déplacement à Rabat pour assister à la rencontre contre Touarga, ont découvert que les billets achetés en ligne ont été annulés et remboursés.
Pas moyen d’accéder au stade qui aurait pu atteindre sa capacité d’accueil si les responsables n’avaient pas décidé de filtrer le public.
Les questions fusent au sujet de cette curieuse décision de restreindre l’accès à ces stades. Leur vocation n’est-elle pas justement d’abriter des matchs de football ?
Va-t-on garder ces infrastructures sous scellé pour ne les ouvrir que lors de grandes compétitions ? Les supporters du Championnat ne sont-ils pas dignes d’assister à un grand classico FAR-Raja dans l’impressionnant stade Moulay Abdellah ?
Est-ce pour des raisons sécuritaires ? De peur de voir des hooligans saccager des installations coûteuses ? N’y a-t-il pas d’autres moyens de gérer cet aspect de maintien de l’ordre dans lequel on exporte notre expertise ?
N’est-ce pas l’occasion d’instaurer une sorte de Fan ID pour les supporters du Championnat, de manière à les identifier et à prévenir tout acte de vandalisme ? Aura-t-on un jour au moins des éléments de réponse aux questions que l’on se pose ?
