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Edito

Akhannouch II, un renouvellement de confiance

La validation par la haute instance du pays d’une telle composition est un signal limpide de renouvellement de confiance en un responsable politique qui confirme sa capacité à piloter des réformes, à déployer des visions royales ambitieuses, à composer avec les forces en présence.

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Et le remaniement fut ! Le sujet du remaniement ministériel déchaîne les passions et alimente toutes sortes de rumeurs depuis plus d’un an.

Entre celui qui donnait tel ministre sortant par la porte d’un scandale ou d’une crise, celui qui voyait tel autre ministre entrant en raison d’un jeu d’alliance ou d’influence…, on pouvait aussi avoir celui qui annonçait carrément une reconfiguration ou un éclatement de la coalition majoritaire et l’autre qui poussait le bouchon loin jusqu’à la motion de censure ou encore des législatives anticipées.
Bref, les analystes politiques imbibés de visions «nostradamusiennes» pullulent (pour ne pas dire polluent) dès lors que l’on rentre dans le money time de changement d’équipe, généralement dès la fin de la deuxième année de la législature, quand ce n’est pas au déclenchement de la première pseudo-crise.

À la dernière ligne droite, la prolifération de listes et scénarios imaginaires foisonne jusqu’à la «dernière fuite» quelques minutes seulement avant les faits. Car il suffit de revenir aux fondamentaux de la Constitution pour se rappeler que les secrets du Mechouar sont impénétrables: un remaniement ministériel n’est effectif que lorsque le Roi reçoit les nouveaux membres proposés par le Chef de gouvernement pour les nommer.
Ainsi, une analyse objective d’un remaniement gouvernemental ne peut être opérée qu’a posteriori sur la base d’une observation du mercato ministériel. Alors, que retenir de cette séquence politique ?
Il faut peut-être rappeler au préalable qu’aucun gouvernement dans l’histoire du Royaume (à quelques exceptions près, lointaines dans le temps) n’a dérogé à cette règle du remaniement.

Feu Hassan II, à l’aune du Maroc Indépendant en a dirigé lui-même quatre équipes. Sur les 25 dernières années du nouveau règne, le remaniement ministériel a été même instauré en tradition.

Même les coalitions (quasiment) d’union nationale pilotées par Abderrahmane El Youssoufi et Driss Jettou ont connu des ajustements durant leurs législatures. Après eux, Abbas ElFassi et Abdelilah Benkirane ont également procédé à l’exercice, mais plutôt dans la douleur : leur majorité avait explosé en plein vol, rendant quasiment ce remaniement incontournable. Pour le cas de Saâd Eddine El-Othmani, la recomposition a eu lieu dans le sillage de la crise du Hirak du Rif.
Akhannouch II, pour sa part, est le genre de remaniement gouvernemental que l’on peut qualifier de deuxième génération dans la courte tradition démocratique du Royaume. La coalition des partis de la majorité reste soudée, pour ne pas dire inébranlable, face aux tentatives de déstabilisation initiées par des courants internes ou externes.

Certes, des changements de figures ont eu lieu : six ministres et deux ministres délégués ont été remplacés, en respect d’un certain équilibre dans la répartition des portefeuilles entre partis alliés.
Mais surtout, ce remaniement a connu l’entrée de six nouvelles figures en tant que secrétaires d’État. C’est que la team Akhannouch a démarré en 2021 avec une composition ramassée tout en annonçant que le cabinet allait être renforcé, en temps voulu, par des secrétaires d’État.

La complexité des réformes amorcées au départ imposait sans doute un resserrement des centres de décision. Sauf que désormais que les chantiers sont en marche, les piliers sont posés, il est temps de rappeler en renfort de nouvelles compétences pour la mise en œuvre, pour le déploiement…

La validation par la haute instance du pays d’une telle composition est un signal limpide de renouvellement de confiance en un responsable politique qui confirme sa capacité à piloter des réformes, à déployer des visions royales ambitieuses, à composer avec les forces en présence.