SUIVEZ-NOUS

Chronique

SGTM : Quand un récit national entre en Bourse

Dans un marché boursier en manque de profondeur, SGTM apporte de la capitalisation nouvelle, du papier frais, et surtout une histoire. Une vraie.

Publié le


Mis à jour le

Acheter SGTM, ce n’est pas acheter une action. C’est acheter un morceau du Maroc, des paysages et des ouvrages d’art qu’on traverse sans y penser : des autoroutes, des ponts, des routes, de gros buildings, des barrages, des gares…

Derrière ces paysages familiers, il y a souvent ces quatre lettres : SGTM. Et voilà que cette histoire s’apprête à s’échanger en Bourse, à être accessible à tous.

L’entreprise qui entre en décembre sur la place casablancaise n’est pas une start-up survitaminée ni un simple opérateur de travaux publics. C’est l’une des grandes bâtisseuses du Maroc moderne. Elle surgit dans les années où

Hassan II lance la politique des barrages, cette vision d’indépendance hydrique qui a façonné le pays bien avant que le mot «résilience hydrique» devienne une mode. SGTM, et derrière elle la famille Kabbaj, a été l’un des instruments de cette grande politique du défunt roi : digues, retenues, conduites, ouvrages hydrauliques lourds…

Une décennie après l’autre, elle a aménagé la géographie de l’eau du pays, celle que l’on connaît aujourd’hui.

Puis vint le début du règne de Mohammed VI, et avec lui l’époque des projets XXL, ou ce que l’on appelle la politique des grands chantiers. Autoroutes, ports, ouvrages d’art, tunnels, plateformes logistiques, infrastructures urbaines : le Maroc s’est reconstruit à grande vitesse.

Et SGTM était là, souvent dans l’ombre, parfois en groupement, toujours dans la mécanique invisible qui permet à un pays de changer d’échelle, de se transformer.

Idem dans la politique africaine du Royaume, où l’entreprise, avec tout le savoir-faire accumulé depuis les années 1970 au Maroc, a joué un grand rôle pour placer le capitalisme marocain au cœur du continent.

À côté des banques, des cimentiers, des compagnies d’assurances, des promoteurs immobiliers, SGTM a fait partie de cette vague qui a prolongé les frontières du secteur privé marocain.

Là encore, peu de slogans, très peu de communication (c’est une tradition chez l’entreprise avec laquelle elle est forcée désormais de rompre), mais des réalisations : des routes, des ouvrages, des ponts, des équipements publics…

Et nous voilà aujourd’hui, en 2025. Le pays est entré dans un nouveau cycle : l’eau redevient stratégique, les infrastructures sportives se multiplient à l’approche du Mondial, la deuxième vie de la LGV se prépare, les villes se réinventent, les chantiers de dessalement se succèdent, l’aménagement du territoire revient au centre des politiques publiques.

Et SGTM est encore une fois là pour bâtir cette nouvelle histoire du Maroc.

La compagnie des Kabbaj n’est pas une entreprise qui s’introduit en Bourse par hasard. Elle arrive au moment où le Maroc relance sa machine d’investissement public, au moment où la géopolitique de l’eau, de l’énergie et de l’aménagement devient centrale, au moment où le pays a besoin de constructeurs plus que de commentateurs…

Et c’est peut-être cela qui donne du relief à cette IPO : dans un marché boursier en manque de profondeur, SGTM apporte de la capitalisation nouvelle, du papier frais, et surtout une histoire.

Une vraie. Celle d’une entreprise qui a suivi les virages stratégiques du Royaume, qui a participé à bâtir sa modernité, et qui entre aujourd’hui en Bourse non pour se réinventer, mais pour ouvrir son capital à ceux qui veulent participer à ce récit, le prolonger…

Car investir, c’est aussi choisir une histoire. Certains achètent de la technologie, d’autres une rente viagère. En achetant SGTM, on achète du concret : des kilomètres de routes, des barrages, des ponts, des villes façonnées, des chantiers qui ont structuré tout un pays. Un Maroc en dur…

Et c’est peut-être là la nouveauté la plus précieuse : la Bourse de Casablanca, souvent déconnectée de l’économie réelle, accueille enfin une valeur qui raconte le pays tel qu’il se construit. Une entreprise qui n’a pas besoin de «pitcher».

Il suffit de regarder par la fenêtre pour voir ce qu’elle fait. Une belle histoire arrive en Bourse. À chacun de décider s’il veut en devenir actionnaire, porteur.