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Chronique

«Quelle connerie, la guerre»

De plus en plus de guerres se déclarent dans le monde. L’on ne sait pas s’il y en a plus ou moins qu’avant. Mais le fait est qu’elles sont là, hic et nunc. Un embarras de choix, hélas toujours un choix macabre.

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Encore plus présentes que jamais, des guerres se déclarent partout dans le monde. Les tentatives d’intermédiation ou de régulation de l’ONU n’arrivent pas à les arrêter. Ukraine, Haut-Karabakh, Birmanie, Éthiopie, Somalie, Soudan, Congo, Yémen, Mozambique, Palestine ou Israël (selon celui qui annonce la nouvelle). Et quand il n’y a pas de guerre à «proprement parler», il y a des populations qu’on essaie d’exterminer. Les Ouïgours en Chine, les Kurdes en Turquie, les musulmans en Inde, les houthis au Yémen, les Arméniens en Azerbaïdjan, etc.

Des guerres décomplexées
À observer le monde, la guerre devient un acte décomplexé pour de plus en plus de chefs d’État. Il n’y a plus de problème à vouloir envahir des terres et à exterminer des populations pour «homogénéiser» la population de territoires que des États veulent occuper. La Crimée, le Haut-Karabakh, le Tibet…
L’actualité et la proximité affective nous ramènent forcément à la Palestine. Et même si la cartographie de l’hypertrophie des territoires palestiniens depuis 1948 n’a pas besoin de commentaires, l’on nous demande quand même de prendre position ! Eh bien, cette position peut être résumée de la manière suivante : l’on ne peut pas titiller la ruche sans craindre qu’un jour les abeilles se révoltent et attaquent l’agresseur. Même si c’est au prix de perdre leur vie, sachant que lorsqu’une abeille mord quelqu’un, elle agit en kamikaze, puisqu’elle perd aussitôt la vie. Le sait-elle avant ou pas ? Cela est peut-être un détail concernant les abeilles, mais pas pour les Palestiniens, car eux, ils le savent.

Barbarie de tous les côtés
Nul besoin, ici, de qualifier les barbaries commises par le Hamas en assassinant des adolescents qui vivaient leur vie et dansaient sur de la musique électronique pendant un festival organisé dans le désert. Ou tous les crimes commis par le Tsahal (armée israélienne) depuis 1948. Ces actes barbares sont renvoyés dos à dos, la violence ne pouvant engendrer que de la violence, surtout quand elle est aveugle.
Une vérité saute cependant aux yeux. Une vie humaine ne semble pas avoir la même valeur quand il s’agit d’un Israélien ou d’un Palestinien. Quand les Israéliens sont capables d’échanger mille prisonniers palestiniens pour récupérer un otage, les Palestiniens sont prêts, eux, à mourir pour défendre une cause, au demeurant juste, au lieu de continuer à vivre dans l’indignité.
La solution ne peut jamais être trouvée sans se mettre d’accord sur un dénominateur commun entre la vie des Israéliens et des Palestiniens. Il n’y aura jamais de paix dans cette injustice.

La diplomatie doit gagner
Le Hamas se décrédibilise en tuant des adolescents qui dansaient pendant une rave party; et des enfants, des femmes et des civils dans leur kibboutz, sous justification d’une guerre contre l’occupant, aussi juste puisse-t-elle être. Israël, en justifiant, par l’agression du Hamas, un début «d’épuration ethnique» est aussi coupable de crimes de guerre. Tuer des civils, même en les avertissant à l’avance et en leur demandant de se déplacer et d’abandonner leurs domiciles à l’avance, est un acte odieux et criminel. Bref, il n’y a pas une partie qui a davantage raison que l’autre. Il faut réfléchir aux actions avant de les commettre. Car il y a une distinction à faire entre les actes de guerre, les actes de barbarie et les actes de vengeance, qui relèveraient plutôt d’un affect macabre et rancunier que d’un acte de résistance.
Même en cas de guerre, il faudrait pouvoir garder la classe. Ce qu’on appelait chevalerie dans le Moyen Âge le plus obscur. Une classe qui ne peut être que bénéfique en communication internationale. Car c’est cette communication internationale qui permet d’avoir des alliés ou des détracteurs. Parce qu’au final, une fois la guerre finie, des vies perdues ou gâchées, c’est la diplomatie qui permet de revenir à un quotidien normal et, si possible, paisible.
La Culture est la solution.