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Chronique

Négocier, oui, faire confiance, jamais !

La Clique d’Alger jouerait son destin en concédant au Maroc ses droits inaliénables sur ses provinces du Sud et a fortiori sur ses territoires spoliés naguère et rattachés à l’Algérie.

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Lors de son interview sur France 2 dimanche dernier, l’écrivain algérien Boualem Sansal, tout fraîchement sorti des geôles de Tebboune, a déclaré qu’un haut gradé de la police lui aurait dit : «Tu as mis en doute le dogme du Sahara occidental, tu te rends compte ?» Nul besoin d’être un éminent politologue pour comprendre que le sort de la camarilla d’Alger est aussi consubstantiel au conflit saharien que la marocanité des provinces du Sud l’est à la pérennité de la monarchie.

De Ben Bella à Bouteflika, en dépit du «tête-de-mulisme» des généraux qui hypothèquent le destin algérien depuis plus de six décennies, tous les hôtes d’El Mouradia savaient que le Sahara dit «occidental» était consubstantiel à la pérennité de la monarchie marocaine. La particularité d’Abdelmadjid Tebboune est qu’il a jalousement gardé sa stature de sous-préfet, bien indigent en matière de cultures historique et anthropologique.

Ainsi, feu Ben Bella ne croyait pas si bien dire lorsqu’il affirma, quelques années avant son décès : «Nous pensons que le Maroc a une profondeur historique réelle. Tous les dirigeants du Maroc sont venus de la Saguia El Hamra. Tous sans exception. Les Almoravides, les Almohades (mourabitounes, Mouahidounes), les Saadiens, les Alaouites, etc.».

Sans le Sahara, la monarchie marocaine n’a plus aucun sens, puisqu’elle aurait abandonné à l’absurde sa raison d’être : assurer la défense de l’intégrité du territoire où coexiste une variété ethnoculturelle soudée fort justement autour de cette même cohésion socio-territoriale. Et ce n’est que justice rendue lorsque cet invariable fondement a été dûment constitutionnalisé en 2011 (Préambule, Article 5, Article 42, etc.)

D’ailleurs, la monarchie s’avère en ces temps si périlleux le principal préalable de la marocanité de chacun et de tous. Quels que soient leur couleur, leur sexe, leur extraction ethnoculturelle et même leurs convictions religieuses, a fortiori leurs appartenances doctrinales, TOUS, absolument TOUS les Marocains ne conçoivent leur vivre-ensemble qu’au sein de leur monarchie fédérative de leur diversité. La Monarchie est, en un mot, aux Marocains ce que la République est à la France. Et même davantage.

On rappelle d’ailleurs à ce propos le challenge de feu Hassan II quand il avait déclaré que l’échec de la Marche verte équivalait pour lui à l’abdication et l’exil. Ce qui ne signifiait nullement l’abandon du système monarchique.

Aussi, la clique polisarienne si égarée dans ses fantasmes sécessionnistes pour le moins psychédéliques doit-elle savoir qu’elle finira un jour dans les terra nullius sahélo-sahariennes comme les bandits de grand chemin qui les peuplent depuis quelques années.

Les dirigeants algériens, les premiers, ne tarderont pas à rejoindre le vœu du peuple algérien frère de débarrasser son pays de ces appendices devenus si toxiques pour le destin de l’Algérie.

En deux mots, la Monarchie est inconcevable en dehors du continuum historico-territorial saharien, comme le salut du Maroc dans son entièreté n’est aucunement intelligible ni a fortiori envisageable en dehors de la Monarchie que nous souhaitons par ailleurs évolutive en direction des impératifs démocratiques et modernitaires.

Quant à la Clique d’Alger, elle jouerait son destin en concédant au Maroc ses droits inaliénables sur ses provinces du Sud et a fortiori sur ses territoires spoliés naguère et rattachés à l’Algérie.

Je rappelle ces vérités au moment où Attaf et son boss feignent de croire à la négociation. Comment croire ces Janus qui ont fait de Boumediene leur divinité diplomatique ? Oublierait-on la parole donnée par ce dernier à Hassan II au lendemain d’Amgala I et aussitôt trahie au moyen de l’assaut d’Amgala II ? Je fais confiance aux négociateurs marocains pour mettre en doute systématique les promesses «algérolisariennes», y compris pour les menus détails.

D’ailleurs, comment la spoliation des territoires marocains par la France coloniale d’Algérie a-t-elle été confirmée par le régime d’Alger sinon par le biais d’une promesse ? Négocier, oui, faire confiance, jamais !

POST-SCRIPTUM
La publication de la vidéo des délibérations de la Commission de déontologie du Conseil provisoire de gestion du secteur de la presse et de l’édition n’est qu’un épisode de l’extrême dégradation de la profession journalistique depuis quelques années. Dans cette affaire, Hamid Mehdaoui n’est certainement pas le doux agneau qu’il prétend être.

Depuis qu’il engrange les millions de vues… et les milliers de dirhams grâce à sa plateforme «Badil», combien de réputations a-t-il salies et d’honneurs a-t-il ébréchés ? Ses détracteurs de la Commission de déontologie ne sont pas non plus des enfants de cœur. Ils viennent d’administrer la preuve tangible de l’immaturité du système corporatiste du journalisme marocain dans son entièreté.

Ce qui me révolte au plus haut point dans cette affaire, c’est l’affligeante inconscience de tout ce petit monde des enjeux qu’affronte notre pays. Ces petits capricieux ne semblent intéressés que par leurs émoluments et autres jetons de présence. «Comment voulez-vous qu’on combatte les extrémistes de tous bords, les nihilistes et les fondamentalistes avec des élites aussi amorales ?

Car ce que nous affrontons n’est pas une simple déviance d’avis, mais un grave déséquilibre des échelles de valeurs et du sens de l’humain», écrit notre confrère Saïd Nachid.

En effet, avec des élites pareilles, le projet modernitaire marocain n’a pas beaucoup de chances de s’épanouir. Et, par-dessus le marché, ça prétend redresser les torts d’autrui ! Voyez-vous, Hamid Mehdaoui ou ses détracteurs, c’est, pour moi, du kif-kif !