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Chronique

Métastase partout

Après trois mois de l’attaque-surprise du 7 octobre 2023, les habitants de Gaza «inaugurent» la nouvelle année par un quatrième mois de massacre. De plus, le Premier ministre israélien promet une guerre qui va durer toute l’année 2024.

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Le calvaire va donc se poursuivre pour les 2,4 millions d’habitants ou ce qui en reste à Gaza. 1,9 million ont été, déjà, déplacés vers le sud dans lequel ils ne sont pas plus à l’abri.

Israël argumente ses frappes, tout sauf chirurgicales, par une obligation de survie conditionnée par l’éradication du Hamas. Peu importe les populations que l’on massacre. Elles n’avaient qu’à ne pas élire domicile au-dessus des tunnels que l’armée israélienne veut boucher à tout prix, y compris avec les corps des civils. Ces civils côtoyaient le Hamas, ils avaient voté Hamas, ils sont forcément sympathisants du Hamas ou s’ils sont encore enfants, ils vont obligatoirement devenir pro-Hamas quand ils vont grandir, ils vont donner naissance à des petits Arabes pro-Hamas pour ceux qui pourront fonder une famille. Tsahal conclut qu’ils méritent donc, tous, de mourir pour éradiquer toute trace du Hamas, y compris les traces qui ne sont pas encore nées.

Des morts kasher !
À ce jour, déjà plus de 23.000 morts du côté palestinien, dont la plupart ne sont ni militaires ni combattants du Hamas, mais des femmes, des enfants et des vieux. Un massacre devant les yeux du monde qui s’indigne, mais qui finit par normaliser la mort des petits Palestiniens comme un mal nécessaire. Et l’on se met maintenant à cibler et tuer des journalistes, parce qu’ils travaillent avec un média défavorable à Israël. Impunité absolue. Ils appellent ça la guerre.

Et l’on remet au goût de l’actualité une notion créée par les Américains pendant la première guerre du Golfe, celle de dommages collatéraux. Sauf que là, les dommages collatéraux deviennent centraux. La «moralité» de ce massacre est qu’au final, dans un pays qui se proclame démocratique, la valeur des vies humaines n’est pas la même, selon que l’on soit juif ou goy. Ou pire encore, arabe ou musulman. J’ai même entendu un Rabin qui proclamait que tuer des enfants palestiniens serait une bonne chose, puisque de toute façon, ils sont prédestinés à devenir terroristes une fois grands. Donc, autant s’en débarrasser petits. C’est «kasher» !

Pour «le jour d’après»
Maintenant, Israël, par la voix de son ministre de la Défense, dévoile un plan d’après-guerre pour Gaza. Il y précise que le «jour d’après» il n’y aura plus de Hamas, sans préciser comment. Dans une contrée qui est «tout simplement devenue inhabitable», de l’aveu du chef des affaires humanitaires des Nations unies, Martin Griffiths, le risque de «récolter» beaucoup plus de sympathisants du Hamas grandit après chaque journée de massacre qui passe.

Le terrorisme n’est pas la solution et tuer des innocents, quels qu’ils soient, Palestiniens ou Israéliens, est d’abord un crime que l’état de guerre ne peut justifier. La métastase dont parle Antony Blinken est celle du cancer du terrorisme qui se propage et se généralise. Sous différentes formes de part et d’autre. Car même si Israël se proclame démocratique, l’occupation est toute aussi du terrorisme. Et elle n’a pas commencé le 7 octobre. Et la guerre qu’elle a déclarée aux civils palestiniens éloigne de plus en plus tout espoir de paix. De même que la solution des deux États, toujours écartée par Israël.

Le secrétaire d’État américain revient dans la région pour la quatrième fois après le 7 octobre, sans pouvoir arrêter quelque massacre que ce soit. Pire, deux ministres d’extrême droite israélienne prônent le retour des colons à Gaza et une «émigration humanitaire» des Palestiniens vers le Congo, par exemple !

Alors que le monde a besoin de culture de paix, de l’Ukraine à la Palestine, en passant par le Soudan, le Sahel, la Corée du Nord…, c’est plutôt une culture de la guerre qui se propage, telle une métastase. Bonne année quand même. La culture est la solution.