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Chronique

L’IA aggrave la fracture énergétique

L’intelligence artificielle présente un nombre infini d’avantages et d’applications, mais ils ne sont pas sans danger.

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Au-delà des menaces qu’elle fait peser sur ses usagers en raison des comportements déviants, l’IA pèse lourd sur l’avenir de la planète.
De quoi faire bien des mécontents et rendre rouges de colère les activistes qui militent en faveur d’une économie plus verte.
La capacité de ChatGPT à exécuter différentes tâches avec une rapidité déconcertante représente un coût certain.
La preuve, s’il en est, est que le temps gagné se paie cher et comptant.
D’après l’experte canadienne Sasha Luccioni, interrogée par l’AFP, «une intelligence artificielle générative utilise 30 fois plus d’énergie qu’un moteur de recherche classique».
En soi, le ratio peut se justifier au regard du volume colossal de données traitées, à ceci près que les moyens déployés pour bon nombre de sollicitations ne sont pas toujours justifiés.
Cela reviendrait à prendre sa voiture pour aller chercher le pain à la boulangerie du coin, située juste au bout de la rue. Ou pire encore, recourir à un gros tuyau d’irrigation pour remplir une petite bouteille d’eau.
D’ailleurs, toutes les 50 requêtes, un litre d’eau est nécessaire pour refroidir les centres de données nécessaires à ChatGPT.
Dans sa dernière étude, la chercheuse d’origine russe a ainsi démontré que produire une image en haute définition à l’aide d’une intelligence artificielle consomme autant d’énergie que recharger entièrement la batterie de son téléphone portable.
Et d’après l’Agence internationale de l’énergie, les secteurs de l’IA et de la cryptomonnaie ont consommé près de 460 TWh d’électricité en 2022, soit 2% de la production mondiale totale.
Une part qui devrait plus que doubler d’ici 2026, pour dépasser les 1.000 TWh, ce qui reviendrait à ajouter la consommation d’un pays comme l’Allemagne.
À eux seuls, les systèmes d’IA engloutissent, sur une année, la quantité d’énergie mobilisée par un pays comme le Maroc, selon l’économiste néerlandais Alex de Vries.
Un volume qui ne cesse d’augmenter. Alors pour responsabiliser les géants de l’IA, certaines voix s’élèvent en vue de mettre en place un système de classification similaire à celui que l’on retrouve sur les appareils électroménagers.
Ce qui n’est forcément pas du goût des OpenAI et autres Google qui, derrière des questions de secrets industriels, cachent des comportements peu respectueux de l’environnement.
Pourtant, ces derniers se sont engagés à parvenir à la neutralité carbone d’ici 2030.
Or, force est de constater que leurs émissions de gaz à effet de serre ont augmenté l’an dernier en raison du recours à l’IA (+48% pour Google par rapport à 2019 et +29% pour Microsoft par rapport à 2020).
La solution pourrait donc venir des gouvernements à travers la mise en œuvre d’une législation contraignante.
Cependant, deux obstacles subsistent.
Le premier est lié au manque de visibilité et de connaissance des dirigeants dans ce domaine.
Et le second est relatif au risque de distorsion de concurrence pouvant survenir entre les pays contraignants et ceux plus laxistes.
Face à cette impasse, la solution pourrait venir, qui sait, de l’un des principaux intéressés.
OpenAI vient en effet de lancer un modèle d’IA générative capable de raisonner et donc de répondre à des questions plus complexes.
Il pourrait alors commencer par prendre le temps de réfléchir à la manière d’optimiser au mieux ses consommations d’énergie et proposer ainsi une solution qui ferait l’unanimité au service de l’humanité.
Intelligent, non ?