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Chronique

J’ai refusé de suivre un ordre contraire à mes valeurs

Dernièrement, on m’a demandé d’appliquer une décision à mon équipe et j’ai refusé de le faire, car elle est amorale ! Depuis, ma direction ne m’en a toujours pas parlé, mais je sens que ça ne va pas.

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La morale nous dit ce qui est juste, tandis que le droit nous oblige à le respecter. Et cette différence est fondamentale notamment dans votre cas, car même si cette décision vous paraît amorale ou à l’encontre de vos valeurs, si elle est légale et qu’elle relève de vos attributions, vous êtes tenu, conformément à votre contrat de travail, de l’appliquer. Maintenant, peut-on accepter une décision immorale sous prétexte que la loi n’a rien à dire à son sujet ? Au risque de renier nos valeurs les plus profondes ? Et s’il est avéré que nous n’en avons pas le droit, en a-t-on le devoir ? Dans quels cas ? Et surtout pour quelles conséquences ?

Et le prix à payer
Le fait que vos employeurs vous aient obligé à appliquer cette décision – immorale à vos yeux – ne veut pas dire qu’ils soient dénués de toute valeur, mais qu’ils ne partagent pas les mêmes éléments décisionnels que vous. Il vous faut – même si sous le coup de l’émotion, cela peut être difficile – dissocier vos émotions de la décision et surtout de l’évaluer factuellement. Aussi, vous devez d’abord chercher à comprendre pourquoi cette décision a été prise malgré son impopularité. Faites-le en vous mettant vraiment dans les chaussures de votre direction. Car il est essentiel que vous COMPRENIEZ leur mode de réflexion, et demandez-vous quelles solutions alternatives pourraient être envisagées. Un NON sans appel ne peut être envisageable, une action est impérative, encore une fois, mettez-vous à leur place, vous devez proposer autre chose, et pour que cet «autre chose» soit envisageable par vos boss, vous devrez en amont avoir bien compris les enjeux auxquels ils font face.
Écoutez pour comprendre et non pour relever les points immoraux, injustes qui actionnent une nouvelle fois votre cerveau rapide qui ne sera pas votre meilleur allié dans cette situation, soyez posé, factuel et démontrez votre souhait de faire avancer le sujet dans le bon sens. En adoptant cette démarche constructive, vous êtes sur le chemin d’une solution plus «soft», dans le cas contraire, vous imaginez bien que cette décision «immorale» sera prise, avec ou sans vous. Ce qui est certain, c’est que la morale tend à nous rendre meilleurs, et le seul fait que vous vous soyez posé la question, que vous ayez eu le courage de prendre position est un excellent signe !
À vous de jouer !