Chronique
Guerre de l’ombre pour le capital «sécurité»
En jouant ce rôle de rempart contre le terrorisme sahélien, le Maroc protège non seulement son territoire, mais aussi celui de ses partenaires européens, consolidant ainsi sa position stratégique sur l’échiquier international.
Douze arrestations. Un plan terroriste «extrêmement dangereux» déjoué de justesse. Une nouvelle fois, le Maroc a échappé à l’irréparable. L’opération menée par le Bureau central d’investigations judiciaires (BCIJ), ce 19 février, a permis de démanteler une cellule pilotée depuis le Sahel, devenu le nouveau fief du terrorisme mondial.
Là où les alliances se nouent entre djihadistes, trafiquants et mercenaires dans un chaos géopolitique qui menace la sécurité de tout un continent. C’est le deuxième coup de filet du BCIJ en un petit laps de temps.
Ce qui rappelle une vérité que l’on a tendance à oublier : le Maroc reste une cible stratégique pour le terrorisme. Un pays en pleine expansion économique, qui s’affirme comme un hub régional, attire aussi les convoitises de ceux qui veulent semer la terreur et le chaos.
Contre cette menace qui rôde, le Royaume mène une guerre silencieuse, secrète, visiblement sans fin. C’est une guerre de l’ombre, où les services de sécurité marocains traquent l’invisible, décryptent des messages codés, infiltrent des réseaux aussi tentaculaires que mouvants.
On ne les voit pas, on n’en parle jamais, et pourtant, ce sont eux qui permettent au Maroc de préserver le plus précieux des capitaux de toute nation : la sécurité.
La sécurité est le capital primaire. Le socle de tout le reste. Sans elle, pas d’investissements, pas de tourisme, pas de croissance, pas de création d’emplois, pas de stabilité sociale… Tout ce que l’on tient aujourd’hui pour acquis, tout ce que l’on exige de nos gouvernants, repose sur cette base fragile mais cruciale. Chaque usine qui ouvre, chaque gros contrat signé, chaque dirham investi… dépend de ce capital sécurité, ce capital-confiance.
Mais cette menace n’a ni visage ni frontières. Hier enracinée au Moyen-Orient, elle s’est aujourd’hui déplacée vers le Sahel, plus proche de nous, dans ce terrain vague où les États sont déliquescents, où les armes circulent librement et où les idéologies les plus radicales prospèrent.
Plus qu’hier, le Maroc semble être en première ligne face à cette menace transfrontalière. En jouant ce rôle de rempart contre le terrorisme sahélien, il protège non seulement son territoire, mais aussi celui de ses partenaires européens, consolidant ainsi sa position stratégique sur l’échiquier international. Mais à quel prix ?
Celui de l’invisibilité, du sacrifice consenti par des agents de l’ombre qui ne récolteront ni gloire ni reconnaissance publique. Car, contrairement à toute guerre classique, celle-ci se joue dans des bureaux confinés, sur des lignes et réseaux cryptés, à travers des opérations chirurgicales dont on ne saura peut-être jamais rien. Une guerre silencieuse qui permet au Maroc de garder son image de pays sûr, attractif pour les touristes, accueillant pour les investisseurs, fiable pour ses partenaires.
Cette guerre, c’est le prix de la stabilité, le coût de ce capital si précieux que la moindre faille peut briser. Alors, la prochaine fois que vous vous baladez dans les souks de Marrakech, que vous sirotez un thé à la menthe face à l’Atlantique à Essaouira ou que vous signez un contrat juteux dans une tour de Casablanca, pensez-y: la sécurité est le capital primaire, le pilier invisible sur lequel repose tout le reste.
Et c’est cette guerre de l’ombre qui nous permet de vivre cela, d’en profiter en toute insouciance. Aujourd’hui plus que jamais, le Maroc est sur le fil du rasoir sécuritaire. Une vigilance de chaque instant est nécessaire pour que cette guerre secrète reste justement dans l’ombre, et que la lumière continue de briller sur le Royaume.