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Chronique

Contre la régression et les humiliations, la remise en question !

Ce que le Maroc est en train de construire n’est pas uniquement un devenir garantissant la dignité de chaque citoyen, mais bel et bien une œuvre civilisationnelle pouvant assurer au Royaume son inviolabilité autant face aux forces régressives qu’à l’encontre des assauts impérialistes d’Orient et d’Occident.

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Et pour y parvenir, le pays de l’Extrême couchant ne compte que sur lui-même, à l’exclusion de toute alliance aliénante et exclusive. Cette vieille nation semble avoir parfaitement compris que l’émergence du monde globalisé a littéralement détricoté les alliances qui avaient assuré l’équilibre mondial de 1945 à la chute du Mur de Berlin en 1989. L’OTAN elle-même ne tardera probablement point à rejoindre le défunt Pacte de Varsovie, puisque la guerre russo-ukrainienne a révélé son incapacité à actionner l’article 5 de son Traité fondateur qui instaure la défense réciproque.
L’ère du «chacun-pour-soi» qui est aujourd’hui la nôtre impose donc à chacun de se doter des moyens de son inviolabilité, à commencer par le double développement économique et humain. Là réside l’invincibilité et nulle part ailleurs. Exit donc les slogans «antaresques» et les idéologies totalitaires dont certains régimes de notre région continuent à chanter les louanges !
Comment voulez-vous qu’un poids mouche évoluant parmi les amateurs puisse un jour vaincre un poids lourd qui ne cesse de défendre son titre de champion du monde ?
L’Histoire n’a jamais été l’alliée des faibles. Le Tigre, l’Euphrate, le Nil, le Jourdain, la mer Rouge, le Golfe sont rouges du sang versé durant les luttes intestines qui ont caractérisé cette partie du monde depuis des siècles. Au Maghreb, Le Chéliff algérien, les Oum Rbi’a et Tensift marocains, le Majarda tunisien, les nappes phréatiques sahariennes devenues GRA de Libye, la Méditerranée, l’Atlantique…, sont également témoins des guerres claniques, tribales, tyranniques ou dynastiques qui n’ont fait qu’ancrer la haine, le chauvinisme, le despotisme politique et mental, l’obscurantisme et l’absolutisme institutionnel.
Le monde arabe en est toujours là. Il continue à subir toutes sortes d’humiliations militaires, civilisationnelles, culturelles, économiques, géopolitiques et institutionnelles de la part des petites, moyennes et grandes puissances. Israël, la Turquie et l’Iran continueront à se pavaner au Machrek et au Maghreb jusqu’au jour où nous comprendrons que l’urgence des urgences se rapporte à la construction du citoyen dans ces contrées, occupées à livrer les aphrodisiaques financiers aux nouvelles puissances et aux impérialismes déclinants via l’attribution des richesses du sol et du sous-sol et l’acquisition de quincailleries guerrières sans efficacité aucune avec ce qu’ils nous coûtent en devises.
Oublie-t-on si facilement que depuis le XIIIe siècle, depuis que la Raison (al 3aql) a été bannie au bénéfice du mimétisme ésotérique (annaql), nous n’avons gagné aucune guerre digne de ce nom, à travers quelque usufruit civilisationnel imposé aux vaincus !
Voyez-vous, le bla-bla-bla semble être notre lot au sein de la grande distribution des pôles de compétence à travers le monde. Nous demeurons un «phénomène vocal», avec, «en prime», la panne chronique d’imagination et la lutte contre le Beau, le Vrai et le Bon !
Confectionnez un bon citoyen libre et responsable encadré par des élus patriotes, vous verrez qu’aucune force au monde n’osera plus vous manquer de respect.
Qui oserait, aujourd’hui, attaquer les minuscules Monaco ou Luxembourg, les petites Hollande, Belgique, Finlande, Suède ou Suisse ?
Ne vous fatiguez plus à projeter vos tares sur la face d’autrui ! C’est précisément cette manie de la projection qui continue à faire le gros du discours propagandiste de la Clique qui sévit à Alger. Alors que le Maroc, après avoir construit laborieusement un État moderne, s’active à bâtir l’État de droit et ne cesse de multiplier les performances économiques, diplomatiques, géostratégiques et maintenant sociales, l’indéboulonnable régime des Caporaux continue à servir sa rengaine du million-et-demi de chouhada à sa jeunesse ainsi embastillée au sein d’un discours anhistorique terrifiant.
En vérité, je vous le dis, Le Tout-Puissant a gratifié notre vieux pays et notre si jeune peuple d’une institution royale visionnaire et d’une administration publique nationale globalement patriotique. Mais le pilotage territorial souffre de la médiocrité de nos élus. Il y a quelques jours, mon vieil ami Hassan Benaddi m’a rappelé un épisode historique dont se souvient notre génération comme si c’était hier. Lorsque Jamal Abdennasser créa en 1958 la République arabe unie (RAU) en fédérant son pays avec la Syrie et le Yémen du Nord, il envoya à ce dernier pays des enseignants, des tonnes de fournitures scolaires, en y construisant des dizaines d’écoles. En demandant aux responsables yéménites ce qui leur manquait encore, ils répondirent: «Des écoliers, monsieur le président !» J’ose paraphraser cette réplique en affirmant: «Tout baigne au Maroc, il nous manque seulement des élus dignes de ce nom !» C’est-à-dire la colonne vertébrale de toute démocratie digne de ce nom. La justice marocaine a révélé des turpitudes innommables commises par des centaines d’élus locaux et nationaux. Des mœurs indignes de la place que vient de conquérir le Maroc de haute lutte au sein du concert des nations.
Le nettoyage de ces écuries d’Augias que sont les collectivités territoriales constitue aujourd’hui le chaînon manquant dans la vaste et inédite œuvre moderniste engagée par le Maroc sous le vaillant règne de Mohammed VI. Il y va du parachèvement de l’inviolabilité et de l’invincibilité de la Patrie. Une remise en question incontournable parce que hautement existentielle !