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Chronique

Bonne résolution américaine et marocaine

Il faut beaucoup d’intelligence et de finesse pour réussir la prouesse de marquer l’histoire dans un domaine de pointe. En la matière, force est de constater que le Maroc sait s’y faire, comme il l’a maintes fois prouvé par le passé. À présent, il a réussi à s’illustrer sur l’échiquier mondial de l’intelligence artificielle, en avançant patiemment ses pions, sans faire cavalier seul.

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Par la voie de son ambassadeur, représentant permanent aux Nations unies, le Royaume fut l’unique pays émergent et africain à se tenir aux côtés de son homologue américain et de 4 autres diplomates onusiens.
C’était lors de la conférence de presse de présentation de la première résolution des Nations unies destinée à «saisir les possibilités offertes par des systèmes d’intelligence artificielle sûrs, sécurisés et dignes de confiance pour le développement durable».

Le texte, dévoilé le jour du printemps, a fait germer dans l’esprit de ses lecteurs une série de craintes liées à des «systèmes d’intelligence artificielle (qui) présentent des risques qui sont susceptibles (…) de creuser le fossé numérique entre les pays et à l’intérieur même des pays, de renforcer les inégalités structurelles et les préjugés, d’entraîner des discriminations, d’affaiblir l’intégrité de l’information et l’accès à celle-ci». Un état des lieux qui a de quoi laisser coi, du moins si l’on n’a pas la curiosité d’en poursuivre la lecture quelques lignes plus bas. Car la plume portée par l’Oncle Sam n’avait pas pour intention de mettre le seum dans l’estime de ceux qui, comme moi, voyaient déjà l’IA en haut de l’affiche.

Après le constat consternant, vient donc la saison des intentions sous tension. Les auteurs de cette résolution ont su raison garder, en pressant les grands de ce monde. Pour eux, en effet, «il est urgent de parvenir à un consensus mondial sur des systèmes d’intelligence artificielle sûrs, sécurisés et dignes de confiance, et de faciliter une coopération internationale inclusive en vue de définir des garanties, des pratiques et des normes efficaces qui soient utilisables et interopérables au niveau international». On pourrait alors croire à l’utopie, mettant déjà au tapis, avant même le premier round de négociations, la moindre initiative en ce sens.
Pourtant, ce qui semble passer par pertes et profils bas est plus que pertinent, surtout si l’on se place du point de vue du continent. On reconnaît bien ici la patte du Maroc qui ne cesse de carburer lorsqu’il s’agit de défendre l’essence même de l’intégrité de l’Afrique, contre ceux qui n’y voient qu’une pompe à fric.

C’est ainsi que dans la résolution «historique» de l’ONU, il est rappelé l’urgence «de renforcer les capacités et l’assistance technique et financière aux pays en développement afin de réduire les fractures numériques (…)». Autrement dit, il est hors de question de laisser tout un pan de l’humanité lié à l’IA comme un serpent enroule sa proie.

Une telle précaution pourrait notamment passer par la promotion «des systèmes d’intelligence artificielle qui favorisent, protègent et préservent la diversité linguistique et culturelle, en tenant compte du multilinguisme dans leurs données d’apprentissage et tout au long de leur cycle de vie, en particulier pour les grands modèles de langage».

Une mesure parmi tant d’autres, énoncées de manière explicite et qui incitent à «poursuivre le débat sur l’innovation dans le domaine de la gouvernance de l’intelligence artificielle». Ce que ne manquera pas de faire le Maroc, résolument engagé sur ce dossier, lors du 2e Gitex Africa d’ores, déjà programmé à Marrakech fin mai, ainsi que lors du premier sommet africain sur l’intelligence artificielle, prévu début juin près de Rabat.