SUIVEZ-NOUS

Chronique

A Vivatech, de l’IA en veux-tu en voilà

L’intelligence artificielle est en train d’infuser dans nos esprits, sans qu’on l’ait forcément choisie. Par petites doses, comme si de rien n’était, elle s’impose dans nos moindres faits et gestes et transpire jusque dans l’air que l’on respire.

Publié le


Mis à jour le

Il y a de l’IA ici et là, comme s’il en pleuvait. Un constat qui s’est imposé au regard des visiteurs du plus grand salon européen dédié aux nouvelles technologies. Pendant la 8e édition de cet évènement parisien, qui a pris fin le 25 mai dernier, il n’y en avait que pour elle : l’intelligence artificielle.

Dans toutes les allées de la porte de Versailles, cette révolution en ordre de marche a résonné dans l’esprit des milliers de participants. Un écho retentissant et puissant aux dernières avancées techniques qui sont en train de bouleverser notre quotidien et notre vie professionnelle.

Les exposants issus du monde entier ont ainsi rivalisé d’ingéniosité pour attirer l’attention sur leur solution dopée à l’IA. Des innovations déployées, avec plus ou moins d’artifices, à travers des applications que l’on croirait tout droit sorties d’une série de science-fiction. De la robotique à la médecine en passant par les activités physiques et la mobilité, aucun secteur n’est épargné par cette incroyable déferlante technologique.

Rien de plus logique, puisqu’il faut se rendre à l’évidence, l’intelligence artificielle est en train d’infuser dans nos esprits, sans qu’on l’ait forcément choisie. Par petites doses, comme si de rien n’était, elle s’impose dans nos moindres faits et gestes et transpire jusque dans l’air que l’on respire.

Un phénomène appelé à prendre de l’ampleur à l’heure qu’il est, au regard du nombre de start-up engagées dans une course contre la montre pour émerger sur des marchés où tout reste à faire. Il suffisait de voir, pour s’en convaincre, leurs représentants, à Paris, mettre en œuvre des efforts monstres pour attirer un public parfois effrayé par les potentialités surréalistes de leurs inventions.

Une débauche d’énergie et de moyens qui ne garantit en rien, ne serait-ce que l’ébauche d’un succès. Car dans cette compétition aussi, malgré le degré d’ingéniosité, il y a, cela va de soi, beaucoup de candidats, mais très peu d’élus.

Et les élus justement, eux aussi, cherchent à se démarquer et à jouer leur partition, en vue de s’adjuger la sympathie de leurs administrés. Bon nombre de stands étaient en effet occupés par des collectivités territoriales venues prêcher la bonne parole électorale sur fond d’amélioration du quotidien de leurs concitoyens. De là à ce qu’ils s’expriment d’une seule voix dans l’urne, il y a un pas de géant ; au moins aussi grand que les promesses d’un entrepreneur en quête d’investisseurs.

En attendant, bien des petites mains s’inquiètent en prévision de lendemains qui déchantent. La puissance intellectuelle des grands modèles de langage pourrait bien conduire leurs activités vers des voies de garage. Bien des métiers risquent en effet de sombrer dans les oubliettes de l’ancien monde, au profit de nouvelles fonctions à plus forte valeur ajoutée. Un pronostic qu’il sera compliqué de déjouer face à des mutations qui dépassent l’entendement et franchissent allègrement le mur du son.

Des compétences aussi pointues que rares que se dispute une bonne partie des 120 pays qui ont fait le déplacement. Les voici engagés dans ce qu’il faut considérer comme une véritable guerre de compétences pour décrocher les étoiles de l’intelligence artificielle. À l’instar de ce géant du digital qui se voit déjà vivre sur Mars. En véritable extraterrestre du web, Elon Musk considère pour sa part qu’à l’avenir le travail sera un loisir, car «l’IA et les robots vous apporteront tous les biens et services que vous désirez». Un rêve pour certains, un cauchemar pour d’autres. Quoi qu’il en soit, l’avenir de l’IA nous le dira.