Dossiers Spéciaux
Abdellatif Maazouz: «La mobilité et d’autres chantiers en marche»
Au niveau de la décision, on n’a pas attendu le Mondial pour avancer sur les projets de développement. Cette échéance constitue un booster pour accélérer la cadence des réalisations, estime le président du Conseil de la région Casablanca-Settat.
Échéance nationale
«2030 est un horizon pour l’ensemble du Maroc, et bien sûr pour la région Casablanca-Settat. 2030, c’est aussi l’échéance d’un ensemble de plans d’action qui ont été enclenchés bien avant l’annonce de la candidature marocaine pour le Mondial. Et il ne s’agit pas uniquement d’un rendez-vous footballistique. En effet, d’ici là, le Royaume va connaître de très grands chantiers, dont la majorité est, d’ores et déjà, en cours de réalisation. Bien entendu, 2030 concerne les six villes qui se préparent pour accueillir le Mondial, et la capitale de notre région Casablanca est au cœur du dispositif».
Le mondial en Accélérateur
«La Coupe du monde constitue un accélérateur dans la mise en œuvre d’un ensemble de projets. Cela va des chantiers, au niveau national, à caractère social (généralisation de la couverture sociale, soutien pour l’accès au logement, augmentation du pouvoir d’achat…), des infrastructures (eau, routes, autoroutes, ferroviaire, aéroports, ports, etc.). Dans ce contexte, on avait fait, au niveau de l’Alliance des économistes istiqlaliens, l’exercice d’évaluer tous les investissements (matériels et immatériels) qui devront être mobilisés, et prévus, entre 2024 et 2030. À fin janvier dernier, sans prendre en compte ce qui devrait être induit par cette dynamique, on se projette dans une enveloppe de quelque 1.300 milliards de dirhams.
Ce qui équivaut à une année de PIB national et qui se traduira, ipso facto, par pas moins de 6% de points de croissance si la valeur ajoutée, ou tout au moins une partie y afférente, est déployée au niveau national. Sachant que cela se traduira également par l’augmentation de la demande, de la consommation et, partant, de l’investissement, qu’il soit national ou étranger. Autant dire qu’il s’agira d’une véritable rupture dans la courbe de croissance pour l’économie marocaine.
C’est dire qu’il s’agit d’une énorme opportunité qu’il faut saisir pour en tirer tous les dividendes qui vont avec. Or, il s’avère nécessaire, à ce niveau, que le tissu productif marocain soit à même de capter cette demande».
Le Ferroviaire en renfort
«S’il y a un dossier qui nous tient toujours à cœur, c’est bien celui de la mobilité. Et ce, au moment où on préparait le plan de développement régional, bien avant l’annonce de la candidature pour la Coupe du monde.
D’autant que, au regard de l’évolution démographique et de la tendance de la progression du parc automobile, il nous fallait des solutions de rupture pour le développement du transport public. Depuis, la ville connaît plusieurs évolutions dans ce sens avec, notamment le tramway.
Encore faut-il aller plus loin. Ça sera le cas avec le RER et le train régional. Ainsi, le train métropolitain partira de Benslimane, passera par Mohammédia et Casablanca pour atteindre Nouaceur. Et ce, en traversant la gare qui devra voir le jour du côté de la foire de l’Office des changes, Casa Sud, qui constituera un véritable hub de mobilité dans la métropole.
C’est dire que la mobilité ferroviaire est appelée à connaître une vraie révolution qui se profile à terme. Le train régional viendra compléter le tableau, deux lignes dans le viseur, qui vont lier Rabat et Casablanca, mais aussi Settat, El Jadida et Jorf Lasfar en passant par d’autres stations sur les deux axes prévus.
L’idée est qu’on soit à même de rapprocher les différentes zones concernées en termes de temps et inciter les citoyens à ne pas recourir à leurs propres moyens de locomotion».
