Un fonds d’un million de dollars pour l’agriculture africaine

Avec ce fonds, l’objectif est de favoriser la sécurité alimentaire et d’améliorer la gestion des ressources. La FAO souligne l’importance de l’agriculture familiale et prévoit une augmentation des IDE à  l’horizon 2020.

La première conférence internationale sur la coopération Sud-Sud, organisée par le ministère de l’agriculture et de la pêche maritime et le Programme des Nations Unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO) a tenu ses promesses. En effet, plus de 20 pays africains ont participé aux travaux de ce qui est désormais appelé «La Déclaration de Marrakech», qui, selon les dires de ses signataires, «affirme leur volonté de renforcer le rôle de la coopération Sud-Sud avec le soutien du Maroc et d’autres pays en développement, sous ses formes diverses et évolutives, dans les domaines de l’alimentation, de l’agriculture, des ressources naturelles, de l’éducation et de la formation agricole, de la recherche et le développement, et des plateformes technologiques et d’innovation au service de la sécurité alimentaire en Afrique».

Et le ministre de l’agriculture et de la pêche maritime, Aziz Akhannouch, de souligner que «le Maroc, qui fait des relations de coopération africaines un choix prioritaire, a mis à la disposition de la FAO un fonds fiduciaire d’un million de dollars pour le soutien des communautés agricoles africaines». Les premiers bénéficiaires en sont la Guinée, le Mali et le Cameroun. Mis en place en juin dernier, le fonds bénéficie à la fois de contributions publiques et privées sachant que le Crédit Agricole y participe et que la Mamda va rejoindre bientôt les rangs des bailleurs de fonds. L’objectif d’une telle mobilisation ? Aider les pays en développement en Afrique à accroître leur productivité agricole, atteindre la sécurité alimentaire, améliorer les moyens de subsistance, renforcer la résilience aux menaces et crises et améliorer la gestion des ressources naturelles.

L’Afrique compte près de 33 millions de plantations de moins de 2 ha

La rencontre a été également l’occasion de se pencher sur une composante importante de l’agriculture africaine : l’agriculture familiale. Pilier de la sécurité alimentaire, elle est également au cœur des préoccupations de la FAO, comme le souligne le DG de l’organisation internationale, José Graziano da Silva. «Cette coopération doit avoir comme principal souci l’innovation, l’introduction des nouvelles technologies et la gestion optimisée des ressources en eau au profit des exploitations familiales qui manquent de moyens techniques et financiers», a-t-il précisé. Dans un document délivré par la FAO, la proportion démographie rurale du continent devrait passer à plus de 580 millions de personnes d’ici 2030. A côté de cela, l’Afrique compte près de 33 millions de plantations de moins de 2 ha, soit 80% des terres labourées. L’organisme onusien est d’ailleurs optimiste concernant les IDE qui devraient progresser de moins de 10 milliards de dollars en 2010 à plus de 45 milliards de dollars en 2020. Mais ces chiffres ne devraient pourtant pas cacher la dure réalité de l’agriculture africaine, encore rudimentaire et vulnérable vis-à-vis du climat. «Ce sont les exploitants agricoles et leurs familles qui souffrent le plus de l’insécurité alimentaire et de la vulnérabilité. La situation appelle d’urgence des politiques et des actions appropriées à même de stimuler l’innovation et de renforcer leurs capacités», conclut le DG de la FAO.