Services juridiques : l’activité est en hausse au premier semestre

Le marché est principalement animé par les commandes de l’Etat. Le fossé entre grands et petits cabinets continue de se creuser.

Après une année 2015 stable, le marché du conseil juridique et de la représentation judiciaire a repris du poil de la bête lors de la première moitié de l’année 2016, selon les principaux praticiens du secteur. Ainsi, les majors ont enregistré une hausse de la clientèle entreprise de 27% et un chiffre d’affaires en amélioration de 45%. Même si le client particulier est majoritaire pour nombre de cabinets, l’essentiel du chiffre d’affaires est réalisé avec des entreprises (dont les institutionnels, banques et assurances). Le reste est fait avec des particuliers ou l’administration. En moyenne, 30% du chiffre d’affaires des cabinets est tiré du conseil et 70% du contentieux.

«Cette hausse est principalement due aux différentes commandes de l’Etat ayant eu lieu lors de la fin de l’année 2015 et qui font intervenir beaucoup de juristes, notamment pour les montages financiers», explique-t-on du côté d’UGGC & Associés. Cependant, l’écart entre le revenu moyen et le revenu médian reflète des disparités importantes des revenus au sein de la profession.

L’activité de conseil est concentrée chez les cabinets internationaux

Les revenus varient fortement suivant la structure, le secteur d’activité de l’avocat et son âge. «Si une concentration des effectifs vers des structures de grande taille existe, le nombre de petites structures reste encore très élevé», avance Ahmeh Taouh, avocat à la Cour. Il explique ainsi que cette hausse d’activité bénéficie surtout aux grandes structures. Globalement, les domaines les plus pratiqués sont le droit social, le droit fiscal, le droit des sociétés, le droit des personnes et le droit commercial.

Autre observation, la concentration de l’activité de conseil juridique chez les opérateurs internationaux pousse certains praticiens à quitter tout simplement la profession et à tenter leur chance ailleurs. Ainsi, selon l’Association des barreaux du Maroc, les avocats sont les premiers aux admissions parallèles dans le notariat et la magistrature, et un avocat sur 10 tente de changer de profession au bout de 10 ans d’exercice. 

Le fait que les avocats marocains préfèrent travailler en solo explique sans doute leur impuissance face à la concurrence des structures étrangères sur des dossiers qui exigent des compétences très diversifiées.