Les légumineuses, une solution durable pour améliorer l’alimentation

Pour encourager la production et la consommation, 2016 est proclamée par l’ONU Année internationale des légumineuses alimentaires. Une plateforme internationale de recherche dédiée à cette culture sera installée au Maroc. Elle contribue à l’accroissement de la fertilité des sols et est bénéfique pour l’environnement.

«Les cultures des légumineuses sont pratiquées essentiellement par les petites et moyennes exploitations agricoles, et constituent un gisement d’emploi de la main-d’œuvre en milieu rural dans de nombreux pays». Mohammed Sadiki, Secrétaire général du ministère de l’agriculture, n’a pas manqué de mettre en évidence les bienfaits de la culture des légumineuses lors de la Journée internationale qui leur a été consacrée à Marrakech, du 18 au 20 avril. Cette rencontre, organisée par le consortium composé de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), le Centre international de recherche agricole dans les zones Arides (ICARDA), la Fondation OCP et le Fonds international pour le développement agricole (IFAD), avec la l’appui de la FAO,  s’inscrit dans le cadre des festivités commémoratives de l’année 2016 proclamée par la 68e Assemblée Générale de l’ONU Année internationale des légumineuses alimentaires.

Un produit riche en fer et en protéines

Partout dans les pays méditerranéens, les légumineuses constituent des composantes ancrées dans les systèmes de cultures, notamment en rotation avec les cultures céréalières. Elles contribuent à la diversification des systèmes de cultures, favorisant la biodiversité des écosystèmes et la réduction de l’usage de produits phytosanitaires. Les différents produits de ces cultures sont utilisés également pour l’alimentation animale.

Au Maroc, la production a été de 3,11 millions de quintaux lors de la dernière campagne. Cette augmentation est tirée par l’amélioration des rendements dans la région de Taza-Al Hoceima-Taounate qui concentre 27% de la superficie des légumineuses au niveau national. A noter que la fève représente 64% de la production totale avec une production de 1,46 million quintaux. Pour développer ces cultures, le Maroc a conclu un accord avec le Consortium international de la recherche agronomique (CGIAR) et le Centre international de recherche dans les régions arides (ICARDA) pour la mise en place d’une plateforme de recherche internationale dédiée aux recherches sur l’intensification et la diversification des systèmes de production agricole.

Mais l’enjeu n’est pas seulement macroéconomique. Il s’agit d’un véritable levier de santé publique puisque les légumineuses contiennent d’ordinaire environ deux fois la quantité de protéines trouvée dans les céréales complètes. Lorsqu’elles sont associées à des aliments riches en vitamine C, les légumineuses constituent des denrées essentielles pour reconstituer les réserves en fer, en particulier pour les femmes en âge de procréer, qui courent un risque plus élevé d’anémie ferriprive. En outre, les légumineuses sont des plantes dont les propriétés fixatrices d’azote peuvent contribuer à l’accroissement de la fertilité des sols et produisent des effets bénéfiques sur l’environnement.