Le Maroc s’attaque au gaspillage alimentaire

Une stratégie nationale et un plan d’action sont en préparation avec le concours de la FAO. Les pertes post-récoltes des fruits et légumes estimées entre 20 et 40% des récoltes.

Le gaspillage alimentaire est un phénomène de plus en plus important. Les estimations des pertes post-récoltes des fruits et légumes sont évaluées entre 20 et 40%. Ces pertes sont très élevées et constituent une perte économique importante non seulement pour les agriculteurs, mais aussi pour l’économie du pays. Pour y remédier, il était nécessaire de mettre en œuvre une stratégie nationale et un plan d’action de réduction des pertes et du gaspillage alimentaires. Sur cette voie, la première étape consiste à préparer des études sérieuses et scientifiquement solides. Pour ce faire, le Maroc, en partenariat avec la FAO, lance ce projet pour concevoir et mettre en œuvre la stratégie nationale et le plan d’action de réduction des pertes et du gaspillage  alimentaires, avec l’identification des principaux produits agricoles concernés par le phénomène.

Les travaux seront dirigés par l’INRA

Ce travail portera sur les pertes alimentaires et le gaspillage (PAG) au Maroc pour les sous-secteurs alimentaires clés sélectionnés comme priorité du gouvernement dans le cadre du Plan Maroc Vert, l’identification des principales causes, l’analyse des mesures visant à réduire ces PAG et l’évaluation de leur faisabilité économique, leur acceptabilité à l’égard de la dynamique sociale et de genre ainsi que leur impact environnemental. «Les résultats serviront à développer une vision et des orientations stratégiques qui vont être déclinées en plan d’action pour attaquer cette problématique, afin de diviser de moitié les pertes et gaspillage d’ici 2024», explique-t-on du côté du ministère de l’agriculture.

Sous la direction de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), ce projet, qui prendra une année (à partir du 10 juin 2015), est confié à une équipe de consultants nationaux en agronomie, en technologie alimentaire, en techniques de stockage et en agroéconomie et à une consultante internationale sur les pertes et gaspillage. Du côté de la FAO, on se montre très élogieux à propos des efforts du Royaume. «Le Maroc, qui ne cesse de déployer des efforts pour assurer la sécurité alimentaire, a été récompensé dernièrement, par la distinction octroyée par l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) à l’occasion de sa 39e session, pour la réalisation du premier Objectif du Millénaire pour le Développement (OMD-1/ c), deux ans avant l’échéance, soit fin 2015, et qui consiste à réduire l’extrême pauvreté et la faim», souligne son représentant à Rabat, Michael Georges Hage.

La problématique du gaspillage alimentaire n’est pas seulement locale mais internationale. En effet, avec l’augmentation de la population mondiale, la lutte contre les pertes et le gaspillage alimentaires constitue un enjeu stratégique. Des études réalisées sur la question ont montré qu’un tiers des aliments produits dans le monde, soit environ 1,3 milliard de tonnes, est perdu ou gaspillé. Un constat alarmant face auquel l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture a appelé d’urgence les Etats à réduire les pertes et le gaspillage des produits alimentaires pour lutter contre la faim dans le monde.