Le laboratoire Iberma veut exporter son modèle en Afrique subsaharienne

Implanté à  Had Soualem, Iberma fabrique des médicaments pour le marché espagnol. Le laboratoire ambitionne de s’ouvrir sur le marché africain via des partenariats avec des opérateurs locaux. Il exporte déjà  vers la Côte d’Ivoire, le Sénégal et le Gabon.

Pharmagora, Forum pharmaceutique qui se tient à Paris les 21 et 22 mars, constitue une opportunité de taille pour Abdelilah Lahlou, directeur général du laboratoire marocain Iberma. Il veut y faire la promotion du business modèle de sa société: «Notre expérience est intéressante et nous voulons l’exposer aux partenaires de l’Afrique subsaharienne qui disposent d’un grand potentiel de développement». L’idée en fait est de s’ouvrir sur cette région non pas par le biais d’exportation directe de médicaments mais plutôt via un accompagnement des opérateurs pharmaceutiques locaux désireux de se développer. Iberma propose un transfert de know-how, un accompagnement en matière de formation des ressources humaines et également des outils de financement grâce à ses partenaires espagnols et marocains. Le laboratoire pourrait ainsi délocaliser la fabrication de certains de ses produits dans cette région du continent. Il est à noter qu’actuellement Iberma dispose de représentations commerciales et exporte vers la Côte d’Ivoire, le Sénégal et le Gabon. Les exportations représentent 6% de son chiffre d’affaires qui atteint 140 MDH en 2014.

La société a investi 40 MDH depuis 2008

Créée en 1994 en partenariat avec le laboratoire espagnol Asac, Iberma a bénéficié d’un financement en capital-risque impliquant la Cofides, la BEI et le partenaire espagnol. Aujourd’hui, le tour de table est constitué de Iberma (32%), Asac (36%) et la BEI (32%). Au-delà de sa participation financière, Asac a offert, dans un premier temps, l’opportunité d’une fabrication sous licence de toute la gamme de ses produits et, dans un deuxième temps, la délocalisation en 2008 de la production des formes pâteuses (crèmes et suppositoires) suite à l’obtention par Iberma de la certification de l’Agence espagnole du médicament. Ce certificat atteste qu’aussi bien le matériel que les procédés de production sont conformes aux normes européennes. Ainsi, il donne le droit d’exporter vers le marché espagnol mais aussi dans toute l’Union européenne. Et en décembre 2014, Iberma a renouvelé l’agrément de sa certification ISO, ce qui permettra, dès septembre prochain, de délocaliser la fabrication de toutes les formes pâteuses et sèches (comprimés, gélules et poudre) de son partenaire espagnol. Par ailleurs, le laboratoire marocain s’apprête à lancer la production de Versalya, gamme dédiée à la femme (produits gynécologiques) et à l’enfant. Ce projet est monté grâce à un partenariat avec la filiale espagnole de ItalFarmaco, laboratoire italien. «L’objectif de ce partenariat est d’offrir aux pédiatres et gynécologues un kit complet composé à la fois de médicaments et de dispositifs médicaux», explique M. Lahlou qui ajoute par ailleurs qu’il sous-traite, depuis trois ans, pour le compte du premier génériqueur espagnol Normon.

Iberma, à travers ses divers partenariats, a joué la carte de la diversification qui a nécessité des investissements réalisés en trois phases : 15 MDH en 2008, 10 millions en 2011 pour une première extension de l’unité de production et enfin 14 millions en décembre 2014. Pour ce troisième investissement, la société a bénéficié des programmes Imtiaz et Inmaa. Le laboratoire produit actuellement 4 à 5 millions d’unités et devra grâce à ses investissements porter sa production à 7 millions de boîtes à la fin 2015.