«La bancassurance est de la concurrence déloyale vis-à-vis des agents et courtiers»

Les intermédiaires sont à la recherche d’un meilleur positionnement au sein du réseau de distribution des assurances. Le président de la FNACAM prône un dialogue constructif avec les assureurs et le régulateur.

En marge de la 4e rencontre annuelle des agents et courtiers, organisée par la Fédération nationale des agents et courtiers d’assurance au Maroc (FNACAM), son président revient sur le contexte dans lequel se tient cet évènement, l’état des lieux de la profession et les dossiers brûlants qui touchent les opérateurs du réseau de distribution. Fraid Bensaid estime que plusieurs agents sont actuellement en difficulté financière. Ce qui nécessite de trouver une solution pour améliorer leur revenu, sachant que 60% des primes du marché passent actuellement entre leurs mains. Pour ce faire, M.Bensaid insiste sur la nécessité d’instaurer un dialogue constructif et continu avec la Fédération marocaine des sociétés d’assurance et de réassurance (FMSAR) et l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS).

Quel est le contexte dans lequel se tient la 4e rencontre annuelle des agents et courtiers ?
Elle se tient dans un contexte particulier où les intermédiaires sont à la recherche d’un meilleur positionnement au sein du réseau de distribution des assurances, avec un dialogue constructif à établir avec les compagnies d’assurance et un cadre réglementaire plus clair, sur plusieurs sujets majeurs. La FNACAM a souhaité donc impulser cela à partir de cet évènement, en ralliant encore plus d’intermédiaires au sein de la fédération, qu’ils soient agents, courtiers, et toutes tailles confondues.

Selon vous, dans quel environnement évolue le réseau de distribution de l’assurance aujourd’hui ?
Aujourd’hui, il y a plus de 2000 agents ou courtiers qui opèrent sur le marché marocain. Nombreux sont ceux qui sont actuellement en difficulté financière. D’où la nécessité de trouver une solution pour améliorer leur revenu.
Il faut savoir que 60% des primes du marché passent actuellement par les agents et courtiers. D’où l’importance de traiter rapidement les sujets qui les concernent, en bonne coordination avec la fédération des assurances (la FMSAR) et l’ACAPS, le régulateur du secteur.

Justement, quels sont ces sujets et les enjeux prioritaires qu’ils recèlent pour la profession ?
La FNACAM a identifié des points majeurs à traiter en priorité : le revenu des intermédiaires qu’il faut améliorer; la TVA sur les commissions, qui nous semble injustifiée ; l’encaissement des primes qui reste un sujet à étudier de nouveau et le code de déontologie dont ne dispose pas encore le secteur…
Au-delà de ces sujets importants, la FNACAM souhaite unir les intermédiaires en son sein, pour renforcer nos doléances et mieux défendre notre profession. Nous avons mis l’accent sur la nécessité d’instaurer un dialogue constructif et continu avec la FMSAR et l’ACAPS.

Quel est le moyen adéquat pour le règlement de la problématique du solde des primes qu’ont les compagnies sur les agents ?
La question concernant l’ancien solde des primes que doivent régler les intermédiaires aux compagnies est un sujet très important, surtout pour les contrats automobiles.
Il faut bien distinguer ce qui est dû avant avril 2016 (circulaire de l’ACAPS), de ce qui vient après cette date. Pour ce qui est d’avant-avril 2016, les compagnies et les intermédiaires doivent trouver un arrangement avec souplesse et compréhension, surtout pour les primes automobiles que les clients n’ont pas payées à l’époque.
Pour l’après-avril 2016, l’automobile doit être réglée au comptant, toute dérogation devant être demandée au préalable à la compagnie d’assurance.

Comment voyez-vous la concurrence de la bancassurance ?
Nous estimons que la concurrence du canal bancassurance est déloyale vis-à-vis des agents et courtiers. Aujourd’hui, 11 banques sont agréées, avec plus de 6000 agences, pour présenter les opérations d’assurances de personnes, d’assistance et de crédit, conformément à l’article 306 de la loi 17-99 portant code des assurances.
Certaines banques ont essayé également d’intervenir sur d’autres segments d’assurance, toujours au détriment des intérêts des intermédiaires qui, aujourd’hui, ne peuvent pas encore être multi-points de vente.

Est-ce que le Livre IV du code des assurances apportera quelques palliatifs à la situation de votre profession?
Le Livre IV est très attendu par la profession. Ces principaux apports pour les intermédiaires sont surtout la possibilité donnée aux courtiers de disposer de succursales ; l’encadrement de la vente via la bancassurance; et enfin la souplesse sur la diplomation des personnes souhaitant passer l’examen pour devenir agent ou courtier d’assurances.

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